{ "version": "https://jsonfeed.org/version/1.1", "title": "Le dibbouk", "home_page_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/", "feed_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=feed_json", "language": "fr-FR", "items": [ { "id": "https:\/\/ledibbouk.net\/decembre-2025-compilation-mensuelle.html", "url": "https:\/\/ledibbouk.net\/decembre-2025-compilation-mensuelle.html", "title": "D\u00e9cembre 2025 synth\u00e8se du mois", "date_published": "2026-01-01T12:58:47Z", "date_modified": "2026-01-01T13:00:04Z", "author": {"name": "Patrick Blanchon"}, "content_html": "
Et donc te voici en d\u00e9cembre. Le silence vient tout seul. Je pense \u00e0 une pi\u00e8ce vide : un tabouret au milieu, les murs blancs. — Est-ce qu’on sort jamais de l’abandon ? Je jette \u00e7a comme une pi\u00e8ce sur la table.<\/p>\n
Il me dit : tu avais commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire l\u00e0-dessus, les figures de l’abandon, puis tu as tout l\u00e2ch\u00e9. D\u00e8s que tu vois poindre une autorit\u00e9 en toi, tu sautes par la fen\u00eatre.<\/p>\n
Je ferme les yeux. Le portail vert de mes grands-parents, la peinture qui craquelle. L’odeur de fer rouill\u00e9 et de gasoil. Le soir d’hiver, la bu\u00e9e qui sort de la bouche.<\/p>\n
Je n’ai pas honte. Je suis la honte.<\/p>\n
Dessillement. Voir clair au-del\u00e0 des apparences. Hier soir, j’ai imagin\u00e9 d’autres civilisations — plus \u00e2g\u00e9es de quelques milliards d’ann\u00e9es, ou ayant exist\u00e9 sur Terre sans laisser de traces. Face \u00e0 l’incommensurable. Nous filons vers la d\u00e9mesure, mais jamais vers l’impossibilit\u00e9 de mesurer.<\/p>\n
R\u00eave : G., mort depuis trois ans, et une histoire de clefs perdues. Confusion entre glycine et vigne. 4 h 35.<\/p>\n
Je pensais en avoir fini avec le chamanisme et la peinture. Le Covid, l’impossibilit\u00e9 de prendre ma retraite, la certitude d’avoir \u00e9t\u00e9 un imposteur dans de multiples domaines. 2022 marque l’effondrement. Trois ann\u00e9es o\u00f9 je devins un c\u00e9tac\u00e9, ne remontant respirer qu’en \u00e9crivant.<\/p>\n
Hier, atelier sur le visage. M.C. me rappelle que j’ai la clef du local de C. depuis tout ce temps. La lui rendre est comme une d\u00e9livrance.<\/p>\n
Du Bourbonnais au Vexin : Parmain, une Oise sombre qui sentait le fuel. Les berges couvertes de d\u00e9chets. Ma vie scolaire a d\u00e9gringol\u00e9.<\/p>\n
En cours de fran\u00e7ais, j’ai dit \"Mirabeau\" au lieu de mon nom, croyant que c’\u00e9tait un jeu. Le silence, les rires. J’avais un accent terrible, les chemises cousues par ma m\u00e8re, le pantalon trop court.<\/p>\n
\u00c0 dix ans, la vie m’a tu\u00e9 une fois de plus<\/em><\/p>\n La naissance du dibbouk — ce double qui parle \u00e0 ma place — remonte \u00e0 cette p\u00e9riode, entre l’Oise noire et le fou rire de la classe. Ou peut-\u00eatre d’encore plus loin, d’un secret conserv\u00e9 de m\u00e8re en fille depuis les pogroms.<\/p>\n H. peint du bras gauche. Elle ne parle qu’avec des onomatop\u00e9es. Droiti\u00e8re autrefois, elle apprend vite. Ses \u00e9tats d’\u00e2me \u00e0 elle s’appuient sur des raisons solides. Les miens sont des bulles de savon.<\/p>\n En rentrant \u00e0 pied, j’ai vu le bleu sombre du ciel sur les murs ocres — un accord qui serre la gorge.<\/p>\n J’utilise Deepseek pour traquer mes bavardages. Ce que l’IA produit est m\u00e9diocre, mais cette m\u00e9diocrit\u00e9 m’oblige \u00e0 puiser dans ma propre langue.<\/p>\n Comme H. avec son bras gauche, comme le peintre chinois Wu Daozi qui dispara\u00eet dans son tableau : nous cr\u00e9ons avec ce qui nous manque.<\/p>\n Pour le dehors : Fin du spectacle.<\/em><\/p>\n Pour le dedans : \u00e7a suffit.<\/p>\n Toussaint raconte que Crime et ch\u00e2timent<\/em> a d\u00e9clench\u00e9 chez lui le d\u00e9sir d’\u00e9crire. Moi, je m\u00e9lange journal, essai, fiction. C’est l\u00e0 que surgit \"l’homme du sous-sol contemporain\" : enferm\u00e9 dans son \u00e9cran, satur\u00e9 de phrases toutes faites, de honte sourde.<\/p>\n Le n\u0153ud : cette h\u00e9sitation volontaire entre auteur, narrateur et lecteur. Le sous-sol o\u00f9 la confusion est travaill\u00e9e plut\u00f4t que r\u00e9solue.<\/p>\n Je me dirigeais vers Tarjuman. Apr\u00e8s Hayra, les chevaux ont disparu. J’ai list\u00e9 mes peurs dans le carnet. Mais je cherchais surtout \u00e0 \u00e9viter la honte.<\/p>\n Ce que je fuyais : pas la route ni les chevaux. La honte comme point d’arriv\u00e9e, lieu pr\u00e9vu d’avance. Je m’arr\u00eate, je rouvre le carnet. Mes doigts tremblent au-dessus de la page.<\/p>\n J’ai longtemps refus\u00e9 les protocoles. Ils m’apparaissaient faux, industriels. Puis j’ai compris : un protocole peut \u00eatre une rambarde pour emp\u00eacher de d\u00e9river, pour tenir une forme qui laisse passer moins l’ego.<\/p>\n Je cherche un protocole o\u00f9 le mot \u00e0 mot fabrique un moyen de traduire le r\u00e9el. Une po\u00e9sie qui joue son vrai r\u00f4le : interpr\u00e8te par images, par symboles. Non pas copier le monde, mais y participer.<\/p>\n Cette semaine : j’ai gagn\u00e9 ma vie. Pr\u00e9par\u00e9 l’import Markdown vers Scribus — \u00e9chec. Il faudra tout reprendre ligne par ligne.<\/p>\n L’utilisation de Notion s’av\u00e8re int\u00e9ressante. En ayant inject\u00e9 ma base d’articles, je peux tout demander. Le gain de temps est spectaculaire. Mais qui commande, au bout du compte ?<\/p>\n Perplexe, mais pas sid\u00e9r\u00e9. Trois r\u00e9cits sortis de : perplexit\u00e9 + honte. L’ambigu\u00eft\u00e9 fondamentale de l’esprit humain \u00e9chappe aux machines.<\/p>\n L’id\u00e9e de communaut\u00e9 m’est insupportable. J’ai mis un pilote automatique pour les cours. Une sid\u00e9ration me colle au sol.<\/p>\n Super U. « La France ne peut \u00eatre la France sans J\u00e9sus-Christ. » Mon voisin parle de BlackRock et d’abattages. Le boucher m’explique que le prix est par cinq kilos. Foie gras d\u00e9vein\u00e9 : 50 euros. On sera quinze ou seize \u00e0 No\u00ebl.<\/p>\n Je me sens d\u00e9j\u00e0 mal : les pi\u00e8ces pleines, la chaleur, les voix. Recevoir quand on n’a rien donn\u00e9, c’est se retrouver \u00e0 d\u00e9couvert.<\/p>\n Hier, d\u00e9jeuner chez D. Politique \u00e0 table. S. voudrait qu’on d\u00e9m\u00e9nage. Moi je parle de la Gr\u00e8ce.<\/p>\n Par moments je me vois partir seul. Une \u00eele. \u00c9crire autant que je veux. Entendre une langue que je ne comprends pas.<\/p>\n Cette nuit, r\u00eave : nu au milieu d’une pi\u00e8ce blanche. Des voix asexu\u00e9es m’accusent depuis une coursive. Elles m’arrachent des lambeaux de peau. Puis une voix demande : « Et toi, qu’est-ce que tu fais l\u00e0 ? »<\/p>\n J’ouvre la bouche mais c’est leur voix qui sort. La phrase se forme : « Je suis l\u00e0. » Puis la question revient, sortant de moi.<\/p>\n Je me r\u00e9veille au moment o\u00f9 \u00e7a continue dans le noir. Honte non pas d’\u00eatre nu, mais d’\u00eatre exactement ce qu’on attend.<\/p>\n Apr\u00e8s le passage du vent, le ciel r\u00e9v\u00e8le un bleu insupportable. Ces bouff\u00e9es de clart\u00e9 co\u00efncident avec la perte d’une illusion. Une lucidit\u00e9 glaciale.<\/p>\n Ce matin, dans une cuisine ordinaire. La t\u00e9l\u00e9 chuchotait : « chez vous ». Difficile de dire chez moi<\/em> sans entendre quelque chose de faux.<\/p>\n Chez nous<\/em> n’a jamais tenu longtemps. Une fiction qu’on utilisait comme v\u00e9rit\u00e9 de fortune. On appelait \u00e7a chez nous<\/em> pour ne pas regarder les fuites.<\/p>\n Chez l’hirondelle<\/em>, la salive est le ciment — une parole qui se fait nid. Tout ce qui tient chez nous<\/em> tient par des phrases, des formules.<\/p>\n La t\u00e9l\u00e9 chuchote un fait divers. Sur la table, un couteau \u00e0 manche de bois. Il suffit de presque rien pour que le monde bascule dans l’interpr\u00e9tation.<\/p>\n Ce genre d’amiti\u00e9 est un faux nez. Les mafieux disent « c’est un ami » — simple mot de passe. J’ai rang\u00e9 ma bo\u00eete \u00e0 musique. Pris ma place dans la file pour voir le Grand-Guignol.<\/p>\n La r\u00e9alit\u00e9 est un labyrinthe. Si vous ne vous mettez pas dans le cr\u00e2ne que vous ne vous en sortirez pas, vous vous tra\u00eenez. Mais ce « partout » est une facilit\u00e9 : il existe des exceptions, des endroits o\u00f9 l’on respire.<\/p>\n L’apprentissage a tordu le regard. Parfois des remont\u00e9es : nostalgies de l’\u00e9poque o\u00f9 « c’est un ami » ne voulait pas dire pi\u00e8ge.<\/p>\n Grosse promo sur l’oignon : dix kilos. Programme de stages refait pour 2026. Plus No\u00ebl approche, plus la d\u00e9pression approche.<\/p>\n L’effort, le courage, la volont\u00e9 : j’ai des doutes. \u00c7a part d’une soif, sinon ce n’est pas la peine.<\/p>\n Un billet d’humeur : est-ce que \u00e7a « tient » dans la dur\u00e9e ? Les mots du moment ne r\u00e9sisteront pas. L’air du temps.<\/p>\n Soucis avec un petit-enfant : il ne peut plus aller \u00e0 l’\u00e9cole. Consultation en psychiatrie lundi. Je sens remonter de vieux r\u00e9flexes : un coup de pied au cul. Mais nous ne vivons pas tous en m\u00eame temps dans le m\u00eame monde.<\/p>\n Hier soir : pirojkis. Reprise du cycle \u00e9t\u00e9 2023 du Tiers Livre. L’id\u00e9e : cr\u00e9er un PDF en acc\u00e8s libre. Fluidit\u00e9 sur Scribus.<\/p>\n Devant le pot \u00e0 cuill\u00e8res en bois : la beaut\u00e9 d\u00e9pend de la lumi\u00e8re. Jules Verne conna\u00eet le d\u00e9but, le milieu et la fin avant d’\u00e9crire. Moi, j’\u00e9cris au fil.<\/p>\n Hier soir, achev\u00e9 de recopier l’atelier \u00e9t\u00e9 2023. En le relisant : c’est un type \u00e9nerv\u00e9 qui \u00e9crit. L’\u00e9nervement tient \u00e0 la musique des phrases.<\/p>\n Qu’est-ce que je fabrique en exposant tout \u00e7a publiquement ? S’immuniser. Petite dose contre le d\u00e9sir de reconnaissance. Le jour o\u00f9 quelqu’un vous reconna\u00eet vraiment : g\u00eane, capture, assignation.<\/p>\n Demand\u00e9 \u00e0 ChatGPT cinq descriptions de lieux \u00e0 partir de Rabelais. Provoquer un hasard. Th\u00e9l\u00e8me : l’espace est la condition de l’\u00e9thique.<\/p>\n L’intention bascule au lecteur. Celui-l\u00e0, pr\u00e9cis, qui d\u00e9cide si \u00e7a tient — ou si c’est juste un passage de lumi\u00e8re sur un pot \u00e0 cuill\u00e8res.<\/p>\n Mal de dent depuis une semaine. Douceur de cette fin d\u00e9cembre. Je ne connais rien de personne sauf ce que j’en imagine<\/em> — cette phrase remet le monde \u00e0 sa place.<\/p>\n Je pourrais aller \u00e0 la boulangerie avec d\u00e9tachement. Ou partir vers Marseille, vers Paris. Marcher nuit et jour. Cette m\u00e9canique du d\u00e9part qui ne m\u00e8ne qu’\u00e0 sa propre relance.<\/p>\n Il faut un point fixe pour couper court \u00e0 l’infini : \u00e9crire chaque jour dans ce carnet.<\/p>\n Les r\u00e9\u00e9critures : l’\u00e9nervement, une urgence, un malaise. Hier, os\u00e9 en finir avec une certaine id\u00e9e du site. Cr\u00e9\u00e9 des sous-rubriques « Atelier ». Taill\u00e9 dans le vif.<\/p>\n S. tr\u00e8s excit\u00e9e \u00e0 l’id\u00e9e de quitter les lieux. Moi, mi-figue mi-raisin. Je me crois rapide, et je suis tr\u00e8s lent.<\/p>\n Deux heures du matin : d\u00e9plac\u00e9 des textes en masse. L’admin SPIP ouverte, lumi\u00e8re froide. Impression de vider une armoire.<\/p>\n \u00c7a soulage et \u00e7a fait peur. Dans l’interface, je suis efficace. Mais ce qui reste : le gamin perdu dans un corps de vieux, qui croit qu’un bon tri va r\u00e9gler le fond.<\/p>\n La partie « Carnets » est encombrante. Continuer ces textes quotidiens, ou \u00e9crire des fictions, vraiment ? Mener les deux de front : au-dessus de mes forces.<\/p>\n Les pires distractions viennent de dedans : doute, fausse piste, euphorie, d\u00e9prime. \u00c7a tourne tout seul.<\/p>\n Chronique d’une horreur algorithmique<\/strong><\/p>\n L’IA a engendr\u00e9 des URLs dont la g\u00e9om\u00e9trie d\u00e9fie toute logique. Des liens vers des ab\u00eemes — ces « 404 » qui sont les bouches b\u00e9antes du n\u00e9ant informatique.<\/p>\n J’ai d\u00fb invoquer les Anciens Rites du Bash. Les codes HTTP d\u00e9filent : 200\u2026 la vie persiste. 404\u2026 l’\u00e2me s’envole dans l’\u00e9ther noir.<\/p>\n M\u00eame nos guillemets droits ont r\u00e9veill\u00e9 la col\u00e8re de la Google Search Console. Remplac\u00e9s par des guillemets fran\u00e7ais, talismans protecteurs.<\/p>\n Le cache est un cimeti\u00e8re d’anciennes versions. Il faut profaner ces tombes pour que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clore.<\/p>\n Texte & Illustration : Gemini Flash<\/em><\/p>\n Deux scripts Python pour analyser ma production. Rupture : passer d’une accumulation passive \u00e0 une confrontation active. Pr\u00e8s de 4000 textes entre 2018 et 2025.<\/p>\n Workflow : injection dans Obsidian. Un clic sur « dispositif » regroupe des ann\u00e9es de notes. L’IA a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 : « ut\u00e9rus », « coquille », « protection ». Un m\u00e9canisme de d\u00e9fense contre le vide. Je ne suis plus la victime du vide, mais celui qui l’organise : le « Ma\u00eetre du Vide ».<\/p>\n Cette armure abandonn\u00e9e au milieu d’une f\u00eate foraine r\u00e9sume mon cheminement. On construit une protection pour d\u00e9couvrir qu’elle est devenue une entrave.<\/p>\n L’IA m’a permis de d\u00e9grafer cette armure plus vite. Passage d’une \u00e9criture de d\u00e9fense \u00e0 une peinture d’exposition.<\/p>\n Re\u00e7u une bouteille de Whisky du Pays de Tron\u00e7ais, marque Aumance. Ce matin, \u00e7a parle de mots-crois\u00e9s chez Lovecraft. Comment faire quelque chose avec ces signes ? L’\u00e9crire perce un mur.<\/p>\n Hier, la neige. Nous sommes rentr\u00e9s prudemment. Tant que je conduisais dans ce blanc, la neige imposait sa tr\u00eave. Silence visuel, apaisement du regard.<\/p>\n Mais une fois \u00e0 la maison, la rage de dents s’est d\u00e9clar\u00e9e.<\/p>\n Notes dans un souterrain<\/em>, traduction Markowicz. Cette mani\u00e8re de ruminer, de toujours contredire. Dosto\u00efevski juif par cette syntaxe qui b\u00e9gaye, ce refus de conclure.<\/p>\n J’ai repens\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re face \u00e0 mon p\u00e8re. Un esprit slave dans un cr\u00e2ne gaulois. Ce « hachis » face \u00e0 la contrainte de devenir lisse, clair, \u00e9l\u00e9gant.<\/p>\n Cette \u00e9l\u00e9gance, je l’ai pay\u00e9e cher. Quitter le Tron\u00e7ais pour le Val d’Oise. Mon accent bourbonnais que j’ai d\u00fb effacer.<\/p>\n Puis l’id\u00e9e : il serait temps d’en finir avec \u00e7a. Cherch\u00e9 par mot-cl\u00e9 : Estonie, juif, m\u00e8re. Trouver la forme qui leur correspond.<\/p>\n C’\u00e9tait l’accent de ma grand-m\u00e8re estonienne : « Ma s\u00e9ri » au lieu de « mon ch\u00e9ri ». Ce mot, \u00e0 la fois m\u00e9thode et caresse lointaine d’une langue hach\u00e9e. Sur ce mot, j’ai trouv\u00e9 le sommeil.<\/p>\n Ces planches pourraient faire penser \u00e0 un cercueil. J’ai le squelette que je cherchais : un code pour extraire l’occurrence d’un mot dans tous les billets du site. Export en Markdown.<\/p>\n Cr\u00e9\u00e9 « Atlas Mn\u00e9mosyne ». Sous-rubriques : Voix, Gestes, Objets, Lieux, Typographie, R\u00eaves. Des syst\u00e8mes solaires avec satellites. Le soleil, c’est le mot.<\/p>\n Rouvrir la bo\u00eete en fer. Reprendre chaque carte postale \u00e9crite en estonien. Faire traduire par IA. Pr\u00e9sentation par planche, avec textes et photographies.<\/p>\n Difficult\u00e9 : les s\u00e9lections. Comment d\u00e9cider qu’un extrait vive ou meure ? L’image des camps revient. Agitation du dibbouk.<\/p>\n R\u00e8gle : ne rien montrer tant qu’une planche n’est pas achev\u00e9e.<\/p>\n Ciel bleu, froid sec. J’ai cours. H\u00e2te de revenir aux s\u00e9lections.<\/p>\n R\u00eave \u00e9tonnant : un hippopotame noir. Bruit horrible de ferraille. Bien avanc\u00e9 sur l’Atlas. Plusieurs planches r\u00e9alis\u00e9es. Carottages dans la mati\u00e8re du site.<\/p>\n Probl\u00e8me : les images. Aller puiser dans la bo\u00eete en fer. Scanner les cartes postales \u00e9crites en estonien.<\/p>\n Tant de projets commenc\u00e9s. Est-ce que je travaille vraiment, ou est-ce que je me donne l’impression de travailler ?<\/p>\n Deux heures de cours. Ensuite, tout l’apr\u00e8s-midi et dimanche. Mais je n’ose pas g\u00e2cher ce genre de pl\u00e9nitude.<\/p>\n On commence par la tentation du monument. B\u00e2tir une somme, un rempart de mots. On appelle Warburg \u00e0 la rescousse. Mais l’\u00e9difice s’effondre.<\/p>\n On se tourne vers la machine. On la somme de simuler nos vertiges. Chercher dans le m\u00e9tal ce que Warburg chercha dans les murs de Bellevue : le moment o\u00f9 l’image devient d\u00e9mon.<\/p>\n Grand effroi de ce si\u00e8cle : s’apercevoir qu’on n’invente rien. Qu’on ne fait que rejouer des probabilit\u00e9s.<\/p>\n Alors, on redescend. On quitte les hautes cimes pour le plus humble. On d\u00e9laisse l’Atlas des savants pour l’inventaire des restes. On cherche dans le chaos des visages oubli\u00e9s, des lambeaux de papier.<\/p>\n C’est l\u00e0 que se joue le vrai travail : non plus expliquer, mais recueillir.<\/p>\n Ce dimanche n’est pas une \u00e9tude, c’est une halte devant le gouffre. On fouille la mati\u00e8re du silence pour tenir. On ne cherche plus la v\u00e9rit\u00e9 universelle, mais la justesse d’un seul fragment.<\/p>\n On se tient dans la p\u00e9nombre d’une pi\u00e8ce qui n’attend plus rien, et l’on d\u00e9cide que sauver une seule forme de l’oubli suffit \u00e0 justifier qu’on ne c\u00e8de pas encore au noir.<\/p>",
"content_text": " ### **[1er d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/01-decembre-2025.html]** Et donc te voici en d\u00e9cembre. Le silence vient tout seul. Je pense \u00e0 une pi\u00e8ce vide : un tabouret au milieu, les murs blancs. \u2014 Est-ce qu'on sort jamais de l'abandon ? Je jette \u00e7a comme une pi\u00e8ce sur la table. Il me dit : tu avais commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire l\u00e0-dessus, les figures de l'abandon, puis tu as tout l\u00e2ch\u00e9. D\u00e8s que tu vois poindre une autorit\u00e9 en toi, tu sautes par la fen\u00eatre. Je ferme les yeux. Le portail vert de mes grands-parents, la peinture qui craquelle. L'odeur de fer rouill\u00e9 et de gasoil. Le soir d'hiver, la bu\u00e9e qui sort de la bouche. - Reviens aux sens. Arr\u00eate de t'enfuir en m\u00e9taphores. Je n'ai pas honte. Je suis la honte. --- ### **[3 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/03-decembre-2025.html]** Dessillement. Voir clair au-del\u00e0 des apparences. Hier soir, j'ai imagin\u00e9 d'autres civilisations \u2014 plus \u00e2g\u00e9es de quelques milliards d'ann\u00e9es, ou ayant exist\u00e9 sur Terre sans laisser de traces. Face \u00e0 l'incommensurable. Nous filons vers la d\u00e9mesure, mais jamais vers l'impossibilit\u00e9 de mesurer. --- ### **[4 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/4-decembre-2025.html]** R\u00eave : G., mort depuis trois ans, et une histoire de clefs perdues. Confusion entre glycine et vigne. 4 h 35. Je pensais en avoir fini avec le chamanisme et la peinture. Le Covid, l'impossibilit\u00e9 de prendre ma retraite, la certitude d'avoir \u00e9t\u00e9 un imposteur dans de multiples domaines. 2022 marque l'effondrement. Trois ann\u00e9es o\u00f9 je devins un c\u00e9tac\u00e9, ne remontant respirer qu'en \u00e9crivant. Hier, atelier sur le visage. M.C. me rappelle que j'ai la clef du local de C. depuis tout ce temps. La lui rendre est comme une d\u00e9livrance. --- ### **[5 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/5-decembre-2025-3715.html]** Du Bourbonnais au Vexin : Parmain, une Oise sombre qui sentait le fuel. Les berges couvertes de d\u00e9chets. Ma vie scolaire a d\u00e9gringol\u00e9. En cours de fran\u00e7ais, j'ai dit \"Mirabeau\" au lieu de mon nom, croyant que c'\u00e9tait un jeu. Le silence, les rires. J'avais un accent terrible, les chemises cousues par ma m\u00e8re, le pantalon trop court. *\u00c0 dix ans, la vie m'a tu\u00e9 une fois de plus* La naissance du dibbouk \u2014 ce double qui parle \u00e0 ma place \u2014 remonte \u00e0 cette p\u00e9riode, entre l'Oise noire et le fou rire de la classe. Ou peut-\u00eatre d'encore plus loin, d'un secret conserv\u00e9 de m\u00e8re en fille depuis les pogroms. --- ### **[6 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/6-decembre-2025.html]** H. peint du bras gauche. Elle ne parle qu'avec des onomatop\u00e9es. Droiti\u00e8re autrefois, elle apprend vite. Ses \u00e9tats d'\u00e2me \u00e0 elle s'appuient sur des raisons solides. Les miens sont des bulles de savon. En rentrant \u00e0 pied, j'ai vu le bleu sombre du ciel sur les murs ocres \u2014 un accord qui serre la gorge. J'utilise Deepseek pour traquer mes bavardages. Ce que l'IA produit est m\u00e9diocre, mais cette m\u00e9diocrit\u00e9 m'oblige \u00e0 puiser dans ma propre langue. Comme H. avec son bras gauche, comme le peintre chinois Wu Daozi qui dispara\u00eet dans son tableau : nous cr\u00e9ons avec ce qui nous manque. --- ### **[7 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/7-decembre-2025-3730.html]** Pour le dehors : *Fin du spectacle.* Pour le dedans : \u00e7a suffit. --- ### **[11 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/11-decembre-2025.html]** Toussaint raconte que *Crime et ch\u00e2timent* a d\u00e9clench\u00e9 chez lui le d\u00e9sir d'\u00e9crire. Moi, je m\u00e9lange journal, essai, fiction. C'est l\u00e0 que surgit \"l'homme du sous-sol contemporain\" : enferm\u00e9 dans son \u00e9cran, satur\u00e9 de phrases toutes faites, de honte sourde. Le n\u0153ud : cette h\u00e9sitation volontaire entre auteur, narrateur et lecteur. Le sous-sol o\u00f9 la confusion est travaill\u00e9e plut\u00f4t que r\u00e9solue. --- ### **[12 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/12-decembre-2025.html]** Je me dirigeais vers Tarjuman. Apr\u00e8s Hayra, les chevaux ont disparu. J'ai list\u00e9 mes peurs dans le carnet. Mais je cherchais surtout \u00e0 \u00e9viter la honte. Ce que je fuyais : pas la route ni les chevaux. La honte comme point d'arriv\u00e9e, lieu pr\u00e9vu d'avance. Je m'arr\u00eate, je rouvre le carnet. Mes doigts tremblent au-dessus de la page. --- ### **[13 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/rembardes.html]** J'ai longtemps refus\u00e9 les protocoles. Ils m'apparaissaient faux, industriels. Puis j'ai compris : un protocole peut \u00eatre une rambarde pour emp\u00eacher de d\u00e9river, pour tenir une forme qui laisse passer moins l'ego. Je cherche un protocole o\u00f9 le mot \u00e0 mot fabrique un moyen de traduire le r\u00e9el. Une po\u00e9sie qui joue son vrai r\u00f4le : interpr\u00e8te par images, par symboles. Non pas copier le monde, mais y participer. --- ### **[14 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/14-decembre-2025.html]** Cette semaine : j'ai gagn\u00e9 ma vie. Pr\u00e9par\u00e9 l'import Markdown vers Scribus \u2014 \u00e9chec. Il faudra tout reprendre ligne par ligne. L'utilisation de Notion s'av\u00e8re int\u00e9ressante. En ayant inject\u00e9 ma base d'articles, je peux tout demander. Le gain de temps est spectaculaire. Mais qui commande, au bout du compte ? Perplexe, mais pas sid\u00e9r\u00e9. Trois r\u00e9cits sortis de : perplexit\u00e9 + honte. L'ambigu\u00eft\u00e9 fondamentale de l'esprit humain \u00e9chappe aux machines. L'id\u00e9e de communaut\u00e9 m'est insupportable. J'ai mis un pilote automatique pour les cours. Une sid\u00e9ration me colle au sol. --- ### **[15 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/15-decembre-2025.html]** Super U. \u00ab La France ne peut \u00eatre la France sans J\u00e9sus-Christ. \u00bb Mon voisin parle de BlackRock et d'abattages. Le boucher m'explique que le prix est par cinq kilos. Foie gras d\u00e9vein\u00e9 : 50 euros. On sera quinze ou seize \u00e0 No\u00ebl. Je me sens d\u00e9j\u00e0 mal : les pi\u00e8ces pleines, la chaleur, les voix. Recevoir quand on n'a rien donn\u00e9, c'est se retrouver \u00e0 d\u00e9couvert. Hier, d\u00e9jeuner chez D. Politique \u00e0 table. S. voudrait qu'on d\u00e9m\u00e9nage. Moi je parle de la Gr\u00e8ce. Par moments je me vois partir seul. Une \u00eele. \u00c9crire autant que je veux. Entendre une langue que je ne comprends pas. --- ### **[16 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/16-decembre-2025.html]** Cette nuit, r\u00eave : nu au milieu d'une pi\u00e8ce blanche. Des voix asexu\u00e9es m'accusent depuis une coursive. Elles m'arrachent des lambeaux de peau. Puis une voix demande : \u00ab Et toi, qu'est-ce que tu fais l\u00e0 ? \u00bb J'ouvre la bouche mais c'est leur voix qui sort. La phrase se forme : \u00ab Je suis l\u00e0. \u00bb Puis la question revient, sortant de moi. Je me r\u00e9veille au moment o\u00f9 \u00e7a continue dans le noir. Honte non pas d'\u00eatre nu, mais d'\u00eatre exactement ce qu'on attend. --- ### **[17 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/je-ne-leve-pas-la-tete.html]** Apr\u00e8s le passage du vent, le ciel r\u00e9v\u00e8le un bleu insupportable. Ces bouff\u00e9es de clart\u00e9 co\u00efncident avec la perte d'une illusion. Une lucidit\u00e9 glaciale. Ce matin, dans une cuisine ordinaire. La t\u00e9l\u00e9 chuchotait : \u00ab chez vous \u00bb. Difficile de dire *chez moi* sans entendre quelque chose de faux. *Chez nous* n'a jamais tenu longtemps. Une fiction qu'on utilisait comme v\u00e9rit\u00e9 de fortune. On appelait \u00e7a *chez nous* pour ne pas regarder les fuites. *Chez l'hirondelle*, la salive est le ciment \u2014 une parole qui se fait nid. Tout ce qui tient *chez nous* tient par des phrases, des formules. La t\u00e9l\u00e9 chuchote un fait divers. Sur la table, un couteau \u00e0 manche de bois. Il suffit de presque rien pour que le monde bascule dans l'interpr\u00e9tation. --- ### **[18 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/l-ami-d-un-ami.html]** Ce genre d'amiti\u00e9 est un faux nez. Les mafieux disent \u00ab c'est un ami \u00bb \u2014 simple mot de passe. J'ai rang\u00e9 ma bo\u00eete \u00e0 musique. Pris ma place dans la file pour voir le Grand-Guignol. La r\u00e9alit\u00e9 est un labyrinthe. Si vous ne vous mettez pas dans le cr\u00e2ne que vous ne vous en sortirez pas, vous vous tra\u00eenez. Mais ce \u00ab partout \u00bb est une facilit\u00e9 : il existe des exceptions, des endroits o\u00f9 l'on respire. L'apprentissage a tordu le regard. Parfois des remont\u00e9es : nostalgies de l'\u00e9poque o\u00f9 \u00ab c'est un ami \u00bb ne voulait pas dire pi\u00e8ge. Grosse promo sur l'oignon : dix kilos. Programme de stages refait pour 2026. Plus No\u00ebl approche, plus la d\u00e9pression approche. --- ### **[19 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/l-air-du-temps.html]** L'effort, le courage, la volont\u00e9 : j'ai des doutes. \u00c7a part d'une soif, sinon ce n'est pas la peine. Un billet d'humeur : est-ce que \u00e7a \u00ab tient \u00bb dans la dur\u00e9e ? Les mots du moment ne r\u00e9sisteront pas. L'air du temps. Soucis avec un petit-enfant : il ne peut plus aller \u00e0 l'\u00e9cole. Consultation en psychiatrie lundi. Je sens remonter de vieux r\u00e9flexes : un coup de pied au cul. Mais nous ne vivons pas tous en m\u00eame temps dans le m\u00eame monde. Hier soir : pirojkis. Reprise du cycle \u00e9t\u00e9 2023 du Tiers Livre. L'id\u00e9e : cr\u00e9er un PDF en acc\u00e8s libre. Fluidit\u00e9 sur Scribus. --- ### **[20 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/debut-milieu-fin.html]** Devant le pot \u00e0 cuill\u00e8res en bois : la beaut\u00e9 d\u00e9pend de la lumi\u00e8re. Jules Verne conna\u00eet le d\u00e9but, le milieu et la fin avant d'\u00e9crire. Moi, j'\u00e9cris au fil. Hier soir, achev\u00e9 de recopier l'atelier \u00e9t\u00e9 2023. En le relisant : c'est un type \u00e9nerv\u00e9 qui \u00e9crit. L'\u00e9nervement tient \u00e0 la musique des phrases. Qu'est-ce que je fabrique en exposant tout \u00e7a publiquement ? S'immuniser. Petite dose contre le d\u00e9sir de reconnaissance. Le jour o\u00f9 quelqu'un vous reconna\u00eet vraiment : g\u00eane, capture, assignation. Demand\u00e9 \u00e0 ChatGPT cinq descriptions de lieux \u00e0 partir de Rabelais. Provoquer un hasard. Th\u00e9l\u00e8me : l'espace est la condition de l'\u00e9thique. L'intention bascule au lecteur. Celui-l\u00e0, pr\u00e9cis, qui d\u00e9cide si \u00e7a tient \u2014 ou si c'est juste un passage de lumi\u00e8re sur un pot \u00e0 cuill\u00e8res. --- ### **[21 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/21-decembre-2025.html]** Mal de dent depuis une semaine. Douceur de cette fin d\u00e9cembre. *Je ne connais rien de personne sauf ce que j'en imagine* \u2014 cette phrase remet le monde \u00e0 sa place. Je pourrais aller \u00e0 la boulangerie avec d\u00e9tachement. Ou partir vers Marseille, vers Paris. Marcher nuit et jour. Cette m\u00e9canique du d\u00e9part qui ne m\u00e8ne qu'\u00e0 sa propre relance. Il faut un point fixe pour couper court \u00e0 l'infini : \u00e9crire chaque jour dans ce carnet. Les r\u00e9\u00e9critures : l'\u00e9nervement, une urgence, un malaise. Hier, os\u00e9 en finir avec une certaine id\u00e9e du site. Cr\u00e9\u00e9 des sous-rubriques \u00ab Atelier \u00bb. Taill\u00e9 dans le vif. S. tr\u00e8s excit\u00e9e \u00e0 l'id\u00e9e de quitter les lieux. Moi, mi-figue mi-raisin. Je me crois rapide, et je suis tr\u00e8s lent. --- ### **[22 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/22-decembre-2025.html]** Deux heures du matin : d\u00e9plac\u00e9 des textes en masse. L'admin SPIP ouverte, lumi\u00e8re froide. Impression de vider une armoire. \u00c7a soulage et \u00e7a fait peur. Dans l'interface, je suis efficace. Mais ce qui reste : le gamin perdu dans un corps de vieux, qui croit qu'un bon tri va r\u00e9gler le fond. La partie \u00ab Carnets \u00bb est encombrante. Continuer ces textes quotidiens, ou \u00e9crire des fictions, vraiment ? Mener les deux de front : au-dessus de mes forces. Les pires distractions viennent de dedans : doute, fausse piste, euphorie, d\u00e9prime. \u00c7a tourne tout seul. --- ### **[23 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/23-decembre-2025.html]** **Chronique d'une horreur algorithmique** L'IA a engendr\u00e9 des URLs dont la g\u00e9om\u00e9trie d\u00e9fie toute logique. Des liens vers des ab\u00eemes \u2014 ces \u00ab 404 \u00bb qui sont les bouches b\u00e9antes du n\u00e9ant informatique. J'ai d\u00fb invoquer les Anciens Rites du Bash. Les codes HTTP d\u00e9filent : 200\u2026 la vie persiste. 404\u2026 l'\u00e2me s'envole dans l'\u00e9ther noir. M\u00eame nos guillemets droits ont r\u00e9veill\u00e9 la col\u00e8re de la Google Search Console. Remplac\u00e9s par des guillemets fran\u00e7ais, talismans protecteurs. Le cache est un cimeti\u00e8re d'anciennes versions. Il faut profaner ces tombes pour que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clore. *Texte & Illustration : Gemini Flash* --- ### **[24 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/maitre-du-vide-une-methode-de-contraction.html]** Deux scripts Python pour analyser ma production. Rupture : passer d'une accumulation passive \u00e0 une confrontation active. Pr\u00e8s de 4000 textes entre 2018 et 2025. Workflow : injection dans Obsidian. Un clic sur \u00ab dispositif \u00bb regroupe des ann\u00e9es de notes. L'IA a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 : \u00ab ut\u00e9rus \u00bb, \u00ab coquille \u00bb, \u00ab protection \u00bb. Un m\u00e9canisme de d\u00e9fense contre le vide. Je ne suis plus la victime du vide, mais celui qui l'organise : le \u00ab Ma\u00eetre du Vide \u00bb. Cette armure abandonn\u00e9e au milieu d'une f\u00eate foraine r\u00e9sume mon cheminement. On construit une protection pour d\u00e9couvrir qu'elle est devenue une entrave. L'IA m'a permis de d\u00e9grafer cette armure plus vite. Passage d'une \u00e9criture de d\u00e9fense \u00e0 une peinture d'exposition. --- ### **[25 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/25-decembre-2025.html]** Re\u00e7u une bouteille de Whisky du Pays de Tron\u00e7ais, marque Aumance. Ce matin, \u00e7a parle de mots-crois\u00e9s chez Lovecraft. Comment faire quelque chose avec ces signes ? L'\u00e9crire perce un mur. Hier, la neige. Nous sommes rentr\u00e9s prudemment. Tant que je conduisais dans ce blanc, la neige imposait sa tr\u00eave. Silence visuel, apaisement du regard. Mais une fois \u00e0 la maison, la rage de dents s'est d\u00e9clar\u00e9e. *Notes dans un souterrain*, traduction Markowicz. Cette mani\u00e8re de ruminer, de toujours contredire. Dosto\u00efevski juif par cette syntaxe qui b\u00e9gaye, ce refus de conclure. J'ai repens\u00e9 \u00e0 ma m\u00e8re face \u00e0 mon p\u00e8re. Un esprit slave dans un cr\u00e2ne gaulois. Ce \u00ab hachis \u00bb face \u00e0 la contrainte de devenir lisse, clair, \u00e9l\u00e9gant. Cette \u00e9l\u00e9gance, je l'ai pay\u00e9e cher. Quitter le Tron\u00e7ais pour le Val d'Oise. Mon accent bourbonnais que j'ai d\u00fb effacer. Puis l'id\u00e9e : il serait temps d'en finir avec \u00e7a. Cherch\u00e9 par mot-cl\u00e9 : Estonie, juif, m\u00e8re. Trouver la forme qui leur correspond. C'\u00e9tait l'accent de ma grand-m\u00e8re estonienne : \u00ab Ma s\u00e9ri \u00bb au lieu de \u00ab mon ch\u00e9ri \u00bb. Ce mot, \u00e0 la fois m\u00e9thode et caresse lointaine d'une langue hach\u00e9e. Sur ce mot, j'ai trouv\u00e9 le sommeil. --- ### **[26 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/26-decembre-2025.html]** Ces planches pourraient faire penser \u00e0 un cercueil. J'ai le squelette que je cherchais : un code pour extraire l'occurrence d'un mot dans tous les billets du site. Export en Markdown. Cr\u00e9\u00e9 \u00ab Atlas Mn\u00e9mosyne \u00bb. Sous-rubriques : Voix, Gestes, Objets, Lieux, Typographie, R\u00eaves. Des syst\u00e8mes solaires avec satellites. Le soleil, c'est le mot. Rouvrir la bo\u00eete en fer. Reprendre chaque carte postale \u00e9crite en estonien. Faire traduire par IA. Pr\u00e9sentation par planche, avec textes et photographies. Difficult\u00e9 : les s\u00e9lections. Comment d\u00e9cider qu'un extrait vive ou meure ? L'image des camps revient. Agitation du dibbouk. R\u00e8gle : ne rien montrer tant qu'une planche n'est pas achev\u00e9e. Ciel bleu, froid sec. J'ai cours. H\u00e2te de revenir aux s\u00e9lections. --- ### **[27 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/27-decembre-2025.html]** R\u00eave \u00e9tonnant : un hippopotame noir. Bruit horrible de ferraille. Bien avanc\u00e9 sur l'Atlas. Plusieurs planches r\u00e9alis\u00e9es. Carottages dans la mati\u00e8re du site. Probl\u00e8me : les images. Aller puiser dans la bo\u00eete en fer. Scanner les cartes postales \u00e9crites en estonien. Tant de projets commenc\u00e9s. Est-ce que je travaille vraiment, ou est-ce que je me donne l'impression de travailler ? Deux heures de cours. Ensuite, tout l'apr\u00e8s-midi et dimanche. Mais je n'ose pas g\u00e2cher ce genre de pl\u00e9nitude. --- ### **[28 d\u00e9cembre 2025->https:\/\/ledibbouk.net\/l-epreuve-des-formes.html]** On commence par la tentation du monument. B\u00e2tir une somme, un rempart de mots. On appelle Warburg \u00e0 la rescousse. Mais l'\u00e9difice s'effondre. On se tourne vers la machine. On la somme de simuler nos vertiges. Chercher dans le m\u00e9tal ce que Warburg chercha dans les murs de Bellevue : le moment o\u00f9 l'image devient d\u00e9mon. Grand effroi de ce si\u00e8cle : s'apercevoir qu'on n'invente rien. Qu'on ne fait que rejouer des probabilit\u00e9s. Alors, on redescend. On quitte les hautes cimes pour le plus humble. On d\u00e9laisse l'Atlas des savants pour l'inventaire des restes. On cherche dans le chaos des visages oubli\u00e9s, des lambeaux de papier. C'est l\u00e0 que se joue le vrai travail : non plus expliquer, mais recueillir. Ce dimanche n'est pas une \u00e9tude, c'est une halte devant le gouffre. On fouille la mati\u00e8re du silence pour tenir. On ne cherche plus la v\u00e9rit\u00e9 universelle, mais la justesse d'un seul fragment. On se tient dans la p\u00e9nombre d'une pi\u00e8ce qui n'attend plus rien, et l'on d\u00e9cide que sauver une seule forme de l'oubli suffit \u00e0 justifier qu'on ne c\u00e8de pas encore au noir. ",
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