{ "version": "https://jsonfeed.org/version/1.1", "title": "Le dibbouk", "home_page_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/", "feed_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=feed_json", "language": "fr-FR", "items": [ { "id": "https:\/\/ledibbouk.net\/planche-6-bis-musique.html", "url": "https:\/\/ledibbouk.net\/planche-6-bis-musique.html", "title": "Planche 6-bis -Musique", "date_published": "2026-01-14T12:09:26Z", "date_modified": "2026-01-14T12:09:50Z", "author": {"name": "Patrick Blanchon"}, "content_html": "
Montage par accrochage. Les extraits dialoguent par tensions, \u00e9chos, retournements.<\/p>\n
La musique<\/strong> n’est pas le contraire du silence, c’est son r\u00e9v\u00e9lateur. Comme l’accent de Valentine : ce n’est pas du fran\u00e7ais rat\u00e9, c’est une langue autre qui pointe vers l’origine.<\/p>\n \u2026dispara\u00eetre, parce que la musique<\/strong>, dans cette r\u00e9gion de source et d’origine, avait elle-m\u00eame disparu plus compl\u00e8tement qu’en aucun autre endroit du monde\u2026<\/p>\n Et puis, il y a la musique<\/strong>. Une musique<\/strong> que je n’ai pas choisie, qui s’infiltre dans la cour, qui s’impose. Un coup de poing sonore. Du rap. Des basses qui cognent. Une voix saccad\u00e9e, m\u00e2ch\u00e9e, agressive.<\/p>\n Quand je me suis tourn\u00e9 vers la musique<\/strong>, c’est l’\u00e9tranget\u00e9 qui m’a retenu, sa texture, sa forme, la surprise qu’elle d\u00e9posait en moi. Une musique<\/strong> sans instrument, apaisante, sens\u00e9e.<\/p>\n Quand il descend il la prend dans ses bras et ils restent ainsi un petit moment bien au chaud l’un dans l’autre. Elle ne dit rien, elle fourre sa t\u00eate sous son bras \u00e0 lui et ils dansent un peu sans musique<\/strong>.<\/p>\n Cet excessif respect face \u00e0 toute musique<\/strong> d\u00e9sormais apr\u00e8s en avoir t\u00e2t\u00e9 et reconnu cette inaptitude. Apr\u00e8s m’\u00eatre fourr\u00e9 cette sensation d’inaptitude.<\/p>\n Emprunter la musique<\/strong> me procure l’illusion de pouvoir y poser mes propres paroles. La musique<\/strong> aide \u00e0 exprimer l’imagination sur des th\u00e8mes communs en esp\u00e9rant trouver une m\u00e9lodie personnelle.<\/p>\n Ce qui manque au bruit pour devenir musique<\/strong>, c’est la promotion.<\/p>\n Je passais l\u00e0 des journ\u00e9es enti\u00e8res, vides au bon sens du mot. J’\u00e9coutais sans choisir : les cris des enfants, le roulement des poussettes sur le gravier, le jet d’eau qui insistait au milieu comme une respiration r\u00e9guli\u00e8re. Et dans ce demi-sommeil une autre musique<\/strong> apparaissait, faite de tout \u00e7a ensemble.<\/p>\n Grande musique<\/strong>, chansonnette \u00e0 cinq sous, quelle diff\u00e9rence vraiment ? Il arrive un moment o\u00f9 plus rien ne se distingue. En animant des ateliers de dessin, je suis parvenu \u00e0 un plateau o\u00f9 tous les crit\u00e8res s’\u00e9taient effondr\u00e9s. Ce qui comptait : qu’un geste ait eu lieu.<\/p>\n Au fil des ann\u00e9es, j’ai r\u00e9duit mon vocabulaire \u00e0 trois mots pour parler de peinture : copier, interpr\u00e9ter, cr\u00e9er. De temps \u00e0 autre, l’un ou l’autre des deux techniciens \u00e9met des bruits que je ne comprends pas. Ce qui m’int\u00e9resse, c’est le moment o\u00f9, dans l’atelier, un silence se fait. Sans lui, aucune musique<\/strong> ne se compose, aucun tableau ne prend forme.<\/p>\n Hier soir, achev\u00e9 de recopier l’atelier \u00e9t\u00e9 2023. En le relisant : c’est un type \u00e9nerv\u00e9 qui \u00e9crit. L’\u00e9nervement tient \u00e0 la musique<\/strong> des phrases.<\/p>\n Parfois je met de la musique<\/strong> et je joue sur le volume\u2026 D\u00e9router l’attention pour qu’elle laisse l’inconscient s’exprimer dans la peinture.<\/p>\n D. avait de ces silences qui sont parfois plus terribles que les mots. Le boulot principal du studio \u00e9tait la photographie d’instruments de musique<\/strong>. C’est comme \u00e7a que j’ai appris l’\u00e9clairage des instruments de musique<\/strong>, exactement.<\/p>\n Composer, sachant que la salle est vide, une musique<\/strong> si obstin\u00e9e qu’elle fait presque oublier le silence.<\/p>\n La salle est vraiment sombre, la musique<\/strong> sirupeuse, \u00e7a sent la sueur, le parfum et, je crois bien, encore un peu le tabac. Des oiseaux se tenaient comme des griffures mobiles, et leurs cris, stridents mais non sans une musique<\/strong> d’enfance, z\u00e9braient l’air.<\/p>\n Entre les notes le silence qui permet la musique<\/strong>. Entre les espaces le vide qui est aussi un espace.<\/p>",
"content_text": " Montage par accrochage. Les extraits dialoguent par tensions, \u00e9chos, retournements. --- La **musique** n'est pas le contraire du silence, c'est son r\u00e9v\u00e9lateur. Comme l'accent de Valentine : ce n'est pas du fran\u00e7ais rat\u00e9, c'est une langue autre qui pointe vers l'origine. \u2026dispara\u00eetre, parce que la **musique**, dans cette r\u00e9gion de source et d'origine, avait elle-m\u00eame disparu plus compl\u00e8tement qu'en aucun autre endroit du monde\u2026 Et puis, il y a la **musique**. Une **musique** que je n'ai pas choisie, qui s'infiltre dans la cour, qui s'impose. Un coup de poing sonore. Du rap. Des basses qui cognent. Une voix saccad\u00e9e, m\u00e2ch\u00e9e, agressive. Quand je me suis tourn\u00e9 vers la **musique**, c'est l'\u00e9tranget\u00e9 qui m'a retenu, sa texture, sa forme, la surprise qu'elle d\u00e9posait en moi. Une **musique** sans instrument, apaisante, sens\u00e9e. Quand il descend il la prend dans ses bras et ils restent ainsi un petit moment bien au chaud l'un dans l'autre. Elle ne dit rien, elle fourre sa t\u00eate sous son bras \u00e0 lui et ils dansent un peu sans **musique**. Cet excessif respect face \u00e0 toute **musique** d\u00e9sormais apr\u00e8s en avoir t\u00e2t\u00e9 et reconnu cette inaptitude. Apr\u00e8s m'\u00eatre fourr\u00e9 cette sensation d'inaptitude. Emprunter la **musique** me procure l'illusion de pouvoir y poser mes propres paroles. La **musique** aide \u00e0 exprimer l'imagination sur des th\u00e8mes communs en esp\u00e9rant trouver une m\u00e9lodie personnelle. Ce qui manque au bruit pour devenir **musique**, c'est la promotion. Je passais l\u00e0 des journ\u00e9es enti\u00e8res, vides au bon sens du mot. J'\u00e9coutais sans choisir : les cris des enfants, le roulement des poussettes sur le gravier, le jet d'eau qui insistait au milieu comme une respiration r\u00e9guli\u00e8re. Et dans ce demi-sommeil une autre **musique** apparaissait, faite de tout \u00e7a ensemble. Grande **musique**, chansonnette \u00e0 cinq sous, quelle diff\u00e9rence vraiment ? Il arrive un moment o\u00f9 plus rien ne se distingue. En animant des ateliers de dessin, je suis parvenu \u00e0 un plateau o\u00f9 tous les crit\u00e8res s'\u00e9taient effondr\u00e9s. Ce qui comptait : qu'un geste ait eu lieu. Au fil des ann\u00e9es, j'ai r\u00e9duit mon vocabulaire \u00e0 trois mots pour parler de peinture : copier, interpr\u00e9ter, cr\u00e9er. De temps \u00e0 autre, l'un ou l'autre des deux techniciens \u00e9met des bruits que je ne comprends pas. Ce qui m'int\u00e9resse, c'est le moment o\u00f9, dans l'atelier, un silence se fait. Sans lui, aucune **musique** ne se compose, aucun tableau ne prend forme. Hier soir, achev\u00e9 de recopier l'atelier \u00e9t\u00e9 2023. En le relisant : c'est un type \u00e9nerv\u00e9 qui \u00e9crit. L'\u00e9nervement tient \u00e0 la **musique** des phrases. Parfois je met de la **musique** et je joue sur le volume\u2026 D\u00e9router l'attention pour qu'elle laisse l'inconscient s'exprimer dans la peinture. D. avait de ces silences qui sont parfois plus terribles que les mots. Le boulot principal du studio \u00e9tait la photographie d'instruments de **musique**. C'est comme \u00e7a que j'ai appris l'\u00e9clairage des instruments de **musique**, exactement. Composer, sachant que la salle est vide, une **musique** si obstin\u00e9e qu'elle fait presque oublier le silence. La salle est vraiment sombre, la **musique** sirupeuse, \u00e7a sent la sueur, le parfum et, je crois bien, encore un peu le tabac. Des oiseaux se tenaient comme des griffures mobiles, et leurs cris, stridents mais non sans une **musique** d'enfance, z\u00e9braient l'air. Entre les notes le silence qui permet la **musique**. Entre les espaces le vide qui est aussi un espace. ",
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"title": "Planche 6 — Musique",
"date_published": "2025-12-27T05:55:44Z",
"date_modified": "2025-12-27T05:55:44Z",
"author": {"name": "Patrick Blanchon"},
"content_html": " Cette compilation rassemble les passages o\u00f9 la musique traverse l’\u00e9criture : comme agression, comme texture, comme silence, comme apprentissage rat\u00e9.<\/p>\n Le bruit impos\u00e9, la musique \"de merde\" qui envahit l’espace intime.<\/p>\n 26 juin 2022<\/a><\/strong>— \"Et puis, soudain, la musique monte d’un cran. Un coup de poing sonore. Du rap. Des basses qui cognent. Une voix saccad\u00e9e, m\u00e2ch\u00e9e, agressive. Je ne distingue pas les paroles, mais je ressens leur violence. Une musique qui attaque, qui cherche une cible.\"<\/em><\/p>\n 30 novembre 2019<\/a><\/strong>— \"Le week-end, il mettait la machine en marche et toute la maison s’emplissait d’un flot ininterrompu. Pas de titre, pas de nom. Seulement un chaos de sons. La musique servait \u00e0 meubler les silences.\"<\/em><\/p>\n 22 juin 2022<\/a><\/strong> — \"Les voisins ont mont\u00e9 d’un cran suppl\u00e9mentaire la musique maintenant je crois que c’est du rap des choses que l’on dirait crach\u00e9es par saccades par des voix barbares \u00e0 tonalit\u00e9 basses et rageuses arrogantes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es sans doute avec une telle violence.\"<\/em><\/p>\n La musique \u00e9cout\u00e9e pour sa mati\u00e8re, pas pour sa m\u00e9lodie. Une approche physique.<\/p>\n 30 novembre 2019<\/a><\/strong>— \"Quand je me suis tourn\u00e9 vers la musique, c’est l’\u00e9tranget\u00e9 qui m’a retenu, sa texture, sa forme, la surprise qu’elle d\u00e9posait en moi. Une musique sans instrument, apaisante, sens\u00e9e.\"<\/em><\/p>\n 13 janvier 2019<\/a><\/strong> — \"Je passais l\u00e0 des journ\u00e9es enti\u00e8res, vides au bon sens du mot. J’\u00e9coutais sans choisir : les cris des enfants, le roulement des poussettes sur le gravier, le jet d’eau qui insistait au milieu comme une respiration r\u00e9guli\u00e8re. Et dans ce demi-sommeil une autre musique apparaissait, faite de tout \u00e7a ensemble.\"<\/em><\/p>\n 12 f\u00e9vrier 2023<\/a><\/strong> — \"L’oreille meurt \u00e0 elle-m\u00eame. Silence plus ou moins long. Puis elle s’\u00e9veille \u00e0 nouveau extirp\u00e9e du n\u00e9ant par une r\u00e9sonance.\"<\/em><\/p>\n Le point de bascule o\u00f9 la musique s’annule pour devenir peinture ou silence.<\/p>\n 8 octobre 2021<\/a><\/strong> — \"Pas de musique sans silence. Le silence, c’est le monde tout autour qui devient incompr\u00e9hensible. Ce silence sans lequel aucune musique, aucun tableau ne pourrait advenir.\"<\/em><\/p>\n 9 ao\u00fbt 2022<\/a><\/strong>— \"...dispara\u00eetre, parce que la musique, dans cette r\u00e9gion de source et d’origine, avait elle-m\u00eame disparu plus compl\u00e8tement qu’en aucun autre endroit du monde...\"<\/em><\/p>\n 30 novembre 2019<\/a><\/strong> — \"Ce que je trouve n’est peut-\u00eatre ni musique ni peinture, mais silence, nuit, nudit\u00e9. La peinture n’est pas une fin, mais un moyen d’approcher cette harmonie.\"<\/em><\/p>\n La tentative maladroite de rejoindre le rythme des autres.<\/p>\n 28 d\u00e9cembre 2021<\/a><\/strong> — \"De la musique je ne connaissais pas grand chose mis \u00e0 part quelques accords de guitare, p\u00e9niblement appris sur un coin de lit, pour \u00e9pater une jolie brunette dans mon adolescence.\"<\/em><\/p>\n 27 ao\u00fbt 2019<\/a><\/strong> — \"Peu \u00e0 peu, il se r\u00e9signait et m\u00eame sa guitare qui, autrefois, lui apportait la joie sonnait faux, car le c\u0153ur n’y \u00e9tait plus vraiment.\"<\/em><\/p>\n 11 d\u00e9cembre 2019<\/a><\/strong> — \"Cet excessif respect face \u00e0 toute musique d\u00e9sormais apr\u00e8s en avoir t\u00e2t\u00e9 et reconnu cette inaptitude. Apr\u00e8s m’\u00eatre fourr\u00e9 cette sensation d’inaptitude.\"<\/em><\/p>\n Quand la musique accompagne les gestes, les lieux, les rencontres.<\/p>\n 27 octobre 2019<\/a><\/strong> — \"Quand il descend il la prend dans ses bras et ils restent ainsi un petit moment bien au chaud l’un dans l’autre. Elle ne dit rien, elle fourre sa t\u00eate sous son bras \u00e0 lui et ils dansent un peu sans musique.\"<\/em><\/p>\nPlanche 6 — Musique<\/h1>\n
\n1. La musique comme chaos et agression<\/h3>\n
\n2. L’\u00e9tranget\u00e9 et la texture<\/h3>\n
\n3. L’harmonie et le silence<\/h3>\n
\n4. La musique des autres : l’apprentissage et l’\u00e9chec<\/h3>\n
\n5. La musique comme accompagnement de la vie<\/h3>\n