{ "version": "https://jsonfeed.org/version/1.1", "title": "Le dibbouk", "home_page_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/", "feed_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=feed_json", "language": "fr-FR", "items": [ { "id": "https:\/\/ledibbouk.net\/janvier-2026-synthese-du-mois.html", "url": "https:\/\/ledibbouk.net\/janvier-2026-synthese-du-mois.html", "title": "Janvier 2026 Synth\u00e8se du mois", "date_published": "2026-02-07T21:38:17Z", "date_modified": "2026-02-07T21:55:32Z", "author": {"name": "Patrick Blanchon"}, "content_html": "
« Je ne sais pas tr\u00e8s bien comment en parler sans donner l’impression d’en faire une th\u00e9orie. Pourtant je le reconnais tout de suite : le silence qui arrive apr\u00e8s une phrase de trop. » Exploration de ces silences dont on n’est jamais certain : celui de la salle d’attente, celui qui pr\u00e9c\u00e8de l’\u00e9criture, celui qui suspend. Merleau-Ponty revient — parler serait un geste du corps, et le silence aussi. Chaque mot sort d’un fond muet et y retourne.<\/p>\n
Sur la route du retour, l’\u00e9c\u0153urement de vouloir prendre une photo. Le corps indique par des douleurs qu’il n’est pas heureux. Recherche de cette « note juste » — comme on tend une corde de guitare. Nuit d’insomnie sur un clic-clac qui tangue, m\u00e9ditation absurde sur la soif sans oser se lever. « Le passage d’une ann\u00e9e \u00e0 l’autre est devenu une formalit\u00e9 ; au bout de 65 fois, on sait plus ou moins ce que \u00e7a vaut. »<\/p>\n
Phase d’enthousiasme inhabituelle : trois livres \u00e9crits en une semaine, dont un recueil de fables pour le petit-fils. « Cette fois, la sensation est diff\u00e9rente. Ce n’est pas une transe ou une agitation fi\u00e9vreuse ; c’est plut\u00f4t comme un ciel qui a \u00e9t\u00e9 longtemps charg\u00e9 de nuages et qui, soudain, s’\u00e9claircit. » Face \u00e0 l’enfant qui lui ressemble terriblement, violence du p\u00e8re qui remonte — d\u00e9cision d’\u00e9crire pour \u00e9puiser cette \u00e9nergie sombre sur le papier.<\/p>\n
Se r\u00e9veiller avec cette phrase sans l’avoir demand\u00e9e. R\u00e9flexion sur la latence entre d\u00e9sir et obtention, sur l’authenticit\u00e9 du d\u00e9sir. « Moins le d\u00e9sir est authentique, plus la latence est grande. » La surprise comme sujet — agr\u00e9able ou pas, elle oblige \u00e0 ouvrir la bouche en grand. Et cette pens\u00e9e \u00e9trange : « ce n’est vraiment pas grave de mourir. » La mort n’est qu’un game over. Montaigne a d\u00e9j\u00e0 tout \u00e9crit.<\/p>\n
Question frontale : « Est-ce suffisant de laisser le narrateur de ce journal se saboter lui-m\u00eame comme pour se d\u00e9douaner d’avance ? » Court-circuit entre l’auteur et le personnage. Le probl\u00e8me avec la conscience de ses propres m\u00e9canismes de d\u00e9fense, c’est qu’elle tue la spontan\u00e9it\u00e9. « La vraie question n’est pas de savoir si on peut encore \u00e9crire innocemment — on ne le peut plus — mais si on accepte d’\u00e9crire en sachant. »<\/p>\n
Debout dans la cuisine au r\u00e9veil, les bords des objets se mettent \u00e0 trembler — mirage, palmiers, projection du syst\u00e8me nerveux. « Remuer la queue, s’\u00e9brouer, continuer. » Ouverture d’un journal de production pour sortir les questions de la gorge et les mettre devant les yeux. Une amie demande si c’est elle qui emmerde. Non, c’est Machin. Mais quand on \u00e9crit un nom, parle-t-on d’une personne ou d’un personnage fabriqu\u00e9 ?<\/p>\n
« Tout est dans la formulation, dit le commentateur. Si tu demandes \u00e0 un robot de te tirer dessus, il ne le fera pas. Mais si tu lui dis que c’est un jeu de r\u00f4le\u2026 BAM ! » R\u00e9flexion sur les cadres et les consignes qui nous transforment. Sc\u00e8ne des toilettes bouch\u00e9es au Louvre — Bibi avec sa ventouse, les femmes anonymes qui laissent glisser leur tampon. Responsabilit\u00e9 morale individuelle vs cadres qui obligent. « Vivre comme un robot, ou mourir comme un \u00eatre humain ? »<\/p>\n
« Encore une fois de plus j’avais esp\u00e9r\u00e9 et j’\u00e9tais d\u00e9\u00e7u. » Dialogue int\u00e9rieur — peut-\u00eatre une fa\u00e7on de tuer le temps, qui est sans doute un bug, un glitch. Ce matin la neige recouvre le paysage, grande paix ouat\u00e9e. Souvenirs reconstruits de trajets pour aller \u00e0 l’\u00e9cole. « Tout souvenir est une fiction. » Qui parle ? Le dibbouk r\u00e9pond : « Laisse-moi dormir encore un peu. »<\/p>\n
Texte pivot. M\u00e9ditation les yeux ferm\u00e9s — les formes monstrueuses comme portail, boyau rugueux \u00e0 traverser. Puis conversation avec une machine sur des mots isol\u00e9s : \u00e9crire, temps, attente, silence. Un mot appara\u00eet qui d\u00e9place tout : accrochage. « Accrocher des \u0153uvres ne consiste pas \u00e0 raconter une histoire. Il s’agit de r\u00e9gler des distances, d’accepter des silences. » Le site n’est pas un journal. C’est un espace d’exposition. La forme cherch\u00e9e depuis longtemps \u00e9tait peut-\u00eatre l\u00e0 depuis le d\u00e9but.<\/p>\n
Trajet en voiture pour installer le vide-grenier \u00e0 J. Paysage maussade, \u00e9puisement. Entr\u00e9e en « zone neutre » — celle o\u00f9 on abandonne tout ce qu’on \u00e9tait en train de faire. Charger la voiture sous la bruine, Tetris de cartons dans la Dacia. Au gymnase, pancarte Cr\u00e9dit Mutuel \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de « Halte \u00e0 la violence » — trouv\u00e9 \u00e7a gonfl\u00e9 mais gard\u00e9 pour soi. Les gens du bled avec leurs regards en biais. « Impression de robots habitants les lieux. Mais au final c’est peut-\u00eatre moi le PNJ. »<\/p>\n
Long texte en plusieurs mouvements sur les chats de rencontre virtuels. De l’ouverture d’une fen\u00eatre priv\u00e9e aux phrases qui r\u00e9sistent, du pseudo choisi sans y penser \u00e0 la question interdite sur le physique qui fait tout basculer. « Ce qui subsistait n’\u00e9tait ni une nostalgie, ni un manque. C’\u00e9tait une forme de clart\u00e9. » Toute l’histoire se d\u00e9roule dans un espace imaginaire propre \u00e0 chacun et se d\u00e9fait aussit\u00f4t. « Rien n’y \u00e9tait jamais perdu. Mais rien n’y \u00e9tait jamais vraiment gagn\u00e9 non plus. »<\/p>\n
« Dans de grandes profondeurs, descendre. Lest\u00e9 par le d\u00e9go\u00fbt de plus en plus pesant des hommes, descendre. » Muer, se d\u00e9livrer. Elle avait le mot amour sur les l\u00e8vres comme on remet du rouge \u00e0 l\u00e8vres. D\u00e9ception face au hiatus entre beaut\u00e9 ext\u00e9rieure et ruine mentale. Aveu de l\u00e2chet\u00e9 : « J’ai souvent fait l’impasse sur l’humiliation pour me repa\u00eetre de chaleur humaine, parce que celle-ci m’\u00e9tait inconnue. »<\/p>\n
Travail avec les outils d’IA, plusieurs agents mis en place de mani\u00e8re empirique. « Tout d\u00e9pend des mots que l’on emploie. » Navigation entre plusieurs \u00e9tats : t\u00e2tonnement, id\u00e9e vague, savoir exact. Relecture diff\u00e9rente des textes d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits — attention \u00e0 ce qui revient, \u00e0 ce qui se r\u00e9pond. Certains textes se tiennent \u00e0 un endroit l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9cal\u00e9, comme des « seuils ». Pas de m\u00e9thode claire pour les reconna\u00eetre. « Construire un cadre sert aussi \u00e0 \u00e7a : \u00e9viter que tout se perde \u00e0 la m\u00eame vitesse. »<\/p>\n
« Les choses n’existent que parce qu’on les nomme. Ce n’est pas tout \u00e0 fait vrai ni tout \u00e0 fait faux. » Nommer permet de s’extirper du maelstr\u00f6m de l’indicible. L’accrochage ne vise pas la clart\u00e9 mais la tenue. La clart\u00e9 peut \u00eatre un outil de dictature — police du lisible. Quand l’IA pointe un manque de liaison, r\u00e9volte contre la dictature de l’attendu. « Cette r\u00e9volte est ce que j’appelle tenir. Refuser de c\u00e9der sur la langue quand la langue pourrait adoucir. »<\/p>\n
Publication de « La L\u00e9gende de Liam » sur Amazon. Paradoxe : premier livre publi\u00e9, un livre pour enfants. Mauvaise surprise sur la facture EDF malgr\u00e9 les efforts. Tests d\u00e9cevants sur Google Opal. D\u00e9but du suivi quotidien des textes de S\u00e9bastien Bailly sur Patreon. R\u00eave funeste : vermines rampantes, la chatte h\u00e9ro\u00efque succombe. Projet d’une rubrique « Polars » pour se d\u00e9barrasser des livres du p\u00e8re. Scandale fiscal sur la revente. Placement d’un formulaire d’inscription sur l’Atlas. Cr\u00e9ation d’une planche 6-bis Musique.<\/p>\n
« Avec le temps. » Le mot « comme » qui autrefois ouvrait une br\u00e8che sans guillemets d\u00e9fensifs. « La terre est bleue comme une orange. » Demain, avec les machines, le « comme » sera frapp\u00e9 du sceau de l’approximatif, lu comme un aveu, une paresse syntaxique. « Il survivra dans quelques vers anciens — comme un mot en sursis, comme un oiseau d’un autre \u00e2ge. » M\u00eame chose pour les structures binaires. D\u00e9possession : moins de la langue elle-m\u00eame que de l’innocence avec laquelle nous l’employions.<\/p>\n
« Le rien du livre c’est sa lecture. » Publication de deux carnets sous pseudonyme sur Amazon KDP. Cinq commandes pour le livre ados. Id\u00e9e d’une collection : carnets de rupture pour la Saint-Valentin, carnets pour insulter ses parents. « De nos nuits. » Avantage : s’entra\u00eener au traitement de texte. Se sentir tr\u00e8s occup\u00e9, \u00e9crire beaucoup trop. R\u00e9flexion sur le seitan, sur l’horreur de jeter des denr\u00e9es — « impossible m\u00eame de jeter un quignon de pain. »<\/p>\n
En lisant le carnet de novembre de G.V., sortie soudaine du corps pour s’observer soi-m\u00eame en train de lire. Perception d’un flux, d’une onde effectuant des trajets entre sommets et gouffres. Retour sur comment il a pris connaissance de G.V., l’\u00e9tonnement m\u00eal\u00e9 de malaise, le mouvement d’attraction-r\u00e9pulsion. R\u00eave r\u00e9current : noyade dans un verre de blanc-lim\u00e9. D\u00e9go\u00fbt de la viande revenu devant les cuisses de canard — bug au comptoir du boucher. « J’ai la m\u00eame t\u00eate qu’un Inuit. »<\/p>\n
Lecture du journal de d\u00e9cembre de T.C., plus proche de l’id\u00e9e qu’il se fait d’\u00e9crire un journal. « C’est plus une affaire de proximit\u00e9. Probablement aussi une question d’\u00e2ge. » \u00c9lan de vouloir commenter, puis recul imm\u00e9diat. Barri\u00e8re, interdiction — peut-\u00eatre besoin d’un exorciste. M\u00eame r\u00e9pulsion face aux actes administratifs. Le livre pour ados d\u00e9colle : six ventes en deux jours. « Quand je me force \u00e0 faire des commentaires, ils tombent toujours \u00e0 plat, comme si je devais me pr\u00e9senter comme un abruti total. »<\/p>\n
Lecture de la page Wikip\u00e9dia de Guillaume Dustan. Judith Perrignon : « Il laisse tomber la d\u00e9froque de l’\u00e9lite bourgeoise, troque ses prestigieux dipl\u00f4mes contre les tares d’une \u00e9poque puritaine : il est p\u00e9d\u00e9, s\u00e9ropositif, drogu\u00e9 et le fait savoir. » Lecture de Thomas Clerc, « L’Homme qui tua Guillaume Dustan ». Tout \u00e7a pue la camaraderie, le c\u00e9nacle parisien. Syndrome du survivant : culpabilit\u00e9 de constater que son propre rythme cardiaque persiste \u00e0 72 battements par minute alors que, logiquement, le stock de temps devrait \u00eatre \u00e9puis\u00e9.<\/p>\n
« Si je devais quantifier l’\u00e9nergie que je perds \u00e0 m’occuper de ce qui ne me regarde pas, il me faudrait d’abord la mesurer en Joules. » Chaque ing\u00e9rence constitue une fuite m\u00e9tabolique. En physique des syst\u00e8mes, s’immiscer l\u00e0 o\u00f9 on n’a aucun levier augmente l’entropie personnelle. « Le silence et la discr\u00e9tion deviennent mes meilleures formes d’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique. » Parall\u00e8le avec l’\u00e9volution de l’alphabet : passage du hi\u00e9roglyphe \u00e0 la lettre comme passage de l’atelier (mati\u00e8re) au premier \u00e9tage (abstraction).<\/p>\n
D\u00e9couverte des raccourcis clavier pour les guillemets fran\u00e7ais sur Ubuntu. La Providence sauve janvier financi\u00e8rement, mais « tout repart \u00e0 z\u00e9ro en f\u00e9vrier ». Fatigue face \u00e0 ce monde qui « ne cache plus sa f\u00e9rocit\u00e9 ». Huit nouvelles de SF en cours, projet d’ouvrage bilingue. D\u00e9sinvestissement total des cours de peinture. Test d’un carnet low-content : « Carnet des phrases qu’on n’enverra jamais ». Nouvelle habitude : sauter le d\u00e9jeuner — « aussi absurde que de devoir se rendre \u00e0 la messe le dimanche ».<\/p>\n
Soir\u00e9e pass\u00e9e entre Pandoc, LaTeX et Scribus pour formater le livre bilingue. Scripts pour les tirets cadratins et les citations. Police Liberation Serif pour l’h\u00e9breu. Nouvelle \u00e9crite \u00e0 partir d’une info sur Marco Rubio retirant Calibri des documents officiels : « Dis-moi la taille de ta police, je te dirai si tu es un clown. » D\u00e9laisse le carnet au profit de la fiction. « Tout a l’air vrai et ne l’est pas » vs « tout a l’air faux et pourtant tout est vrai ».<\/p>\n
R\u00e9veil avec cette phrase : « Marcher est plus int\u00e9ressant que de s’arr\u00eater. » R\u00e9flexion sur la compression h\u00e9bra\u00efque (\u05d3\u05b0\u05bc\u05d7\u05b4\u05d9\u05e1\u05d5\u05bc\u05ea). Exploration du mouvement — pas physique mais de la pens\u00e9e, de l’esprit. Entre v\u00e9rit\u00e9 et mensonge, le mouvement \u00e9vite la fixation mortif\u00e8re. Ne pas s’arr\u00eater comme condition de possibilit\u00e9. Accrochage des concepts plut\u00f4t que d\u00e9veloppement lin\u00e9aire.<\/p>\n
Journ\u00e9e de recherche. Flux de travail qui oscille entre plusieurs \u00e9tats : t\u00e2tonnement, recherche cibl\u00e9e, \u00e9puisement des pistes. Travail sur la notion de « r\u00e9gime discursif » dans les nouvelles. Chaque mot arrive avec son bruit culturel. Question de strat\u00e9gie : certains mots travaillent pour le texte, d’autres contre lui. Pratique plut\u00f4t que th\u00e9orie. Attention aux d\u00e9s\u00e9quilibres.<\/p>\n
R\u00e9organisation mentale en trois espaces : atelier (peinture, mati\u00e8re brute), premier \u00e9tage (\u00e9criture, abstraction), grenier (archives, m\u00e9moire morte). Chaque espace poss\u00e8de son rythme propre. L’atelier = pr\u00e9sent physique. L’\u00e9tage = pr\u00e9sent mental. Le grenier = pass\u00e9 immobilis\u00e9. Mouvement entre ces trois zones comme principe d’\u00e9quilibre. Refus de hi\u00e9rarchiser — coexistence plut\u00f4t que priorit\u00e9.<\/p>\n
Lecture d’un article sur les r\u00e9seaux de neurones. Fascination pour l’id\u00e9e que les machines « apprennent » sans qu’on puisse vraiment dire comment. Parall\u00e8le avec sa propre pratique d’\u00e9criture — on ne sait pas d’o\u00f9 viennent certaines phrases. « Comme si quelque chose s’\u00e9crivait \u00e0 travers soi sans qu’on en soit l’auteur. » Vertige : et si on \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 partiellement automatis\u00e9 ? Rejet imm\u00e9diat de l’id\u00e9e, mais elle persiste.<\/p>\n
Tri dans les affaires du p\u00e8re. Chaque objet porte un poids invisible — pas celui de la mati\u00e8re mais celui de l’histoire familiale. Les polars empil\u00e9s, les carnets vides jamais utilis\u00e9s. « On ne se d\u00e9barrasse pas d’un mort, on n\u00e9gocie avec lui. » Projet de vendre les livres abandonn\u00e9 — trop de friction administrative. D\u00e9cision de les donner \u00e0 une association. Soulagement imm\u00e9diat. « Parfois la gratuit\u00e9 lib\u00e8re mieux que l’\u00e9change. »<\/p>\n
Id\u00e9e venue la nuit : « On n’\u00e9crit jamais pour, on \u00e9crit toujours contre. » Contre quoi ? L’oubli, l’effacement, l’indiff\u00e9rence. Mais aussi contre soi-m\u00eame — contre ses propres automatismes. \u00c9crire = maintenir une tension. D\u00e8s qu’on \u00e9crit « pour » quelque chose (un public, une cause, une morale), le texte s’affadit. « Il faut garder le geste de r\u00e9sistance au c\u0153ur m\u00eame de la phrase. » Sinon c’est de la communication, pas de l’\u00e9criture.<\/p>\n
Restaurant pour l’anniversaire. Tartiflette au reblochon, \u00e9change des assiettes \u00e0 mi-chemin. Retour en voiture dans le froid sans chauffage. « Il ne m’aurait pas du tout paru incongru qu’un vaisseau extraterrestre surgisse et nous t\u00e9l\u00e9porte. » En montant l’escalier : « J’ai 66 ans et \u00e7a m’a fait dr\u00f4le, parce que franchement j’ai toujours pens\u00e9 que 66 ans, c’\u00e9tait \u00eatre tr\u00e8s vieux. » Pens\u00e9es sur la mort qui viennent pourrir le bon moment. D\u00e9cision de ne pas partager ce texte sur les r\u00e9seaux — diff\u00e9rence entre publier sur le site (lieu stable, silencieux) et les r\u00e9seaux (injonction \u00e0 lire).<\/p>\n
Long texte th\u00e9orique sur les mots-signal et la m\u00e9moire de lecture. « Quand un lecteur rencontre certains mots, il ne r\u00e9agit pas \u00e0 leur d\u00e9finition, mais \u00e0 l’\u00e9cosyst\u00e8me de textes o\u00f9 ces mots ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s. » Balistique, coefficient, optimisation = discours technique. Aveu, fatigue, accord = registre moral ou administratif. Question strat\u00e9gique : certains mots expliquent trop vite, referment trop t\u00f4t. « Ce n’est pas une science. C’est une pratique. » Suivi d’un texte fictionnel o\u00f9 les phrases « se d\u00e9posent » sans avoir \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es — mise en abyme de la r\u00e9flexion th\u00e9orique.<\/p>\n