{ "version": "https://jsonfeed.org/version/1.1", "title": "Le dibbouk", "home_page_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/", "feed_url": "https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=feed_json", "language": "fr-FR", "items": [ { "id": "https:\/\/ledibbouk.net\/retour-sur-2025.html", "url": "https:\/\/ledibbouk.net\/retour-sur-2025.html", "title": "Retour sur 2025", "date_published": "2026-01-01T17:46:57Z", "date_modified": "2026-01-10T20:31:50Z", "author": {"name": "Patrick Blanchon"}, "content_html": "
Je ne sais pas par o\u00f9 commencer. Peut-\u00eatre par le corps, puisque c’est lui qui a parl\u00e9 le plus fort cette ann\u00e9e.<\/p>\n
D\u00e8s janvier, la fatigue. Pas celle qui passe avec une nuit de sommeil. L’autre. Celle qui s’installe, qui p\u00e8se. Je range, je classe, j’organise le site. Comme si mettre de l’ordre dans ledibbouk.net<\/a> pouvait mettre de l’ordre dans ma t\u00eate. Nombreux textes bilingues. Le bilinguisme comme fa\u00e7on de d\u00e9doubler la voix.<\/p>\n Avril : tout l\u00e2che. Un apr\u00e8s-midi, j’aurais pu m’allonger et ne plus me relever. Le corps a dit non. Arr\u00eat des cours de peinture. Moins de fric — 8000 euros en moins sur trois ans. Le corps avait d\u00e9j\u00e0 dit non.<\/p>\n Juin : diagnostic d’apn\u00e9e du sommeil. Machine CPAP, rituel nocturne. Je dors plus de sept heures d’affil\u00e9e pour la premi\u00e8re fois depuis l’adolescence. Refonte majeure de ledibbouk.net<\/a>. Mise en page \u00e0 la Beckett. Sobri\u00e9t\u00e9. Suppression des images. Je passe des nuits sur le code. Typologie des textes : source, fragment, relev\u00e9, essai, \u00e9criture onirique. L’IA : Claude comme crayon 2.0. Question morale : est-ce tricher ? Mais je vois bien qu’elle produit du texte glacial. Elle ne sait pas tenir le tremblement.<\/p>\n Huissier : 1 200 \u20ac. R\u00e9parations de voiture : 800 \u20ac. Annulation Madrid. Vide-greniers pour r\u00e9cup\u00e9rer 40 \u20ac. Abandon des r\u00e9seaux sociaux. \"\u00c7a ne change rien. Me concentre mieux.\"<\/p>\n Juillet-octobre : les dents. Elles l\u00e2chent, une par une. Honte du sourire \u00e9dent\u00e9. En octobre, devant la glace, j’ouvre la bouche. Je pense \u00e0 mon p\u00e8re \u00e0 Limeil-Br\u00e9vannes, la bouche ouverte, l’absence de dents. Nous sommes pareils. Et, contrairement \u00e0 ce que j’aurais pu imaginer, \u00eatre pareil ne m’appara\u00eet plus aussi monstrueux. Empathie tardive. R\u00e9conciliation par la chair qui c\u00e8de.<\/p>\n Octobre : d\u00e9cision de revendre la maison. Projection vers Vienne, appartement avec ascenseur. Mon cousin C. est mort en pleine conversation t\u00e9l\u00e9phonique. 66 ans. La litt\u00e9rature para\u00eet tellement futile soudain.<\/p>\n Lectures : Simenon, Knausgaard (\"Je suis fatigu\u00e9\"), Blanchot (fascinant mais \u00e9vid\u00e9), Bernhard (Perturbations<\/em>) — cette crudit\u00e9 avec laquelle les choses sont dites, c’est cela qui calme. Charles Juliet : une ou deux phrases suffisent \u00e0 marquer une journ\u00e9e. Lovecraft : \"labyrinthes bien aim\u00e9s et tortueux\".<\/p>\n Novembre : George Steiner, la culture qui n’a pas sauv\u00e9 de la barbarie. R\u00e9\u00e9criture des carnets 2019 avec l’IA. Je vois le bavardage, la complaisance. Michaux : Face aux verrous. Je m’entra\u00eene \u00e0 dire \"non\" \u00e0 mes propres textes. H. arrive au cours de peinture : AVC, aphasique, jambe paralys\u00e9e. Elle peint de la main gauche. Troisi\u00e8me personne lourdement handicap\u00e9e accueillie cette ann\u00e9e. Vertige.<\/p>\n D\u00e9cembre : ralentissement. \"Lutter contre la vitesse \u00e0 laquelle tu \u00e9cris parce que tu ne veux pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que tu \u00e9cris.\" D\u00e9molition des textes de 2019. Pelleteuses qui d\u00e9truisent des habitations. \"Ce ne sont pas des constructions \u00e0 l’ext\u00e9rieur. C’est un monde entier \u00e0 l’int\u00e9rieur de moi.\" Le personnage d\u00e9couvert n’est plus sympathique : un homme qui voit clair dans ses m\u00e9canismes de fuite et qui, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu’il voit clair, s’autorise \u00e0 continuer de fuir. \"La lucidit\u00e9 devient l’alibi de la l\u00e2chet\u00e9.\"<\/p>\n Obsessions r\u00e9currentes<\/strong> — Fatigue. Honte. Le p\u00e8re qui revient par bouff\u00e9es, avec l’automne. Voix et voies : \"Il\", \"la voix\", le dibbouk. Le silence devenu insupportable. Le monde et son effondrement : \"Depuis 2019 la faille est b\u00e9ante.\"<\/p>\n Quelques phrases<\/strong> — Le corps a d\u00e9j\u00e0 dit non. Interfaces avec le myst\u00e8re. \u00c9crire avec deux voix qui s’opposent et se nourrissent. Je ne m’installe plus. Ni dans la peinture, ni dans l’\u00e9criture. Je marche. Rab\u00e2cher, c’est tenir. Ma s\u00e9ri.<\/p>\n 2025 aura \u00e9t\u00e9 l’ann\u00e9e du corps qui l\u00e2che et du travail qui s’intensifie. Le paradoxe tient dans cette tension : ralentir physiquement, acc\u00e9l\u00e9rer dans l’\u00e9criture. La fatigue devient une discipline, la honte un mat\u00e9riau. Les dents tombent, les textes s’accumulent. Le site se structure, la maison se vide. Le p\u00e8re revient, le cousin dispara\u00eet.<\/p>\n L’\u00e9criture quotidienne comme pratique asc\u00e9tique. Le carnet non comme brouillon mais comme lieu. Une question traverse l’ann\u00e9e : est-ce suffisant ? R\u00e9ponse en octobre : entre les deux est probablement l’endroit du carnet.<\/p>\n 1\u1d49\u02b3 janvier 2026<\/em><\/p>\n illustration<\/em> Dali\n_ <\/p>",
"content_text": " Je ne sais pas par o\u00f9 commencer. Peut-\u00eatre par le corps, puisque c'est lui qui a parl\u00e9 le plus fort cette ann\u00e9e. D\u00e8s janvier, la fatigue. Pas celle qui passe avec une nuit de sommeil. L'autre. Celle qui s'installe, qui p\u00e8se. Je range, je classe, j'organise le site. Comme si mettre de l'ordre dans [ledibbouk.net](http:\/\/ledibbouk.net) pouvait mettre de l'ordre dans ma t\u00eate. Nombreux textes bilingues. Le bilinguisme comme fa\u00e7on de d\u00e9doubler la voix. Avril : tout l\u00e2che. Un apr\u00e8s-midi, j'aurais pu m'allonger et ne plus me relever. Le corps a dit non. Arr\u00eat des cours de peinture. Moins de fric \u2014 8000 euros en moins sur trois ans. Le corps avait d\u00e9j\u00e0 dit non. Juin : diagnostic d'apn\u00e9e du sommeil. Machine CPAP, rituel nocturne. Je dors plus de sept heures d'affil\u00e9e pour la premi\u00e8re fois depuis l'adolescence. Refonte majeure de [ledibbouk.net](http:\/\/ledibbouk.net). Mise en page \u00e0 la Beckett. Sobri\u00e9t\u00e9. Suppression des images. Je passe des nuits sur le code. Typologie des textes : source, fragment, relev\u00e9, essai, \u00e9criture onirique. L'IA : Claude comme crayon 2.0. Question morale : est-ce tricher ? Mais je vois bien qu'elle produit du texte glacial. Elle ne sait pas tenir le tremblement. Huissier : 1 200 \u20ac. R\u00e9parations de voiture : 800 \u20ac. Annulation Madrid. Vide-greniers pour r\u00e9cup\u00e9rer 40 \u20ac. Abandon des r\u00e9seaux sociaux. \"\u00c7a ne change rien. Me concentre mieux.\" Juillet-octobre : les dents. Elles l\u00e2chent, une par une. Honte du sourire \u00e9dent\u00e9. En octobre, devant la glace, j'ouvre la bouche. Je pense \u00e0 mon p\u00e8re \u00e0 Limeil-Br\u00e9vannes, la bouche ouverte, l'absence de dents. Nous sommes pareils. Et, contrairement \u00e0 ce que j'aurais pu imaginer, \u00eatre pareil ne m'appara\u00eet plus aussi monstrueux. Empathie tardive. R\u00e9conciliation par la chair qui c\u00e8de. Octobre : d\u00e9cision de revendre la maison. Projection vers Vienne, appartement avec ascenseur. Mon cousin C. est mort en pleine conversation t\u00e9l\u00e9phonique. 66 ans. La litt\u00e9rature para\u00eet tellement futile soudain. Lectures : Simenon, Knausgaard (\"Je suis fatigu\u00e9\"), Blanchot (fascinant mais \u00e9vid\u00e9), Bernhard (*Perturbations*) \u2014 cette crudit\u00e9 avec laquelle les choses sont dites, c'est cela qui calme. Charles Juliet : une ou deux phrases suffisent \u00e0 marquer une journ\u00e9e. Lovecraft : \"labyrinthes bien aim\u00e9s et tortueux\". Novembre : George Steiner, la culture qui n'a pas sauv\u00e9 de la barbarie. R\u00e9\u00e9criture des carnets 2019 avec l'IA. Je vois le bavardage, la complaisance. Michaux : Face aux verrous. Je m'entra\u00eene \u00e0 dire \"non\" \u00e0 mes propres textes. H. arrive au cours de peinture : AVC, aphasique, jambe paralys\u00e9e. Elle peint de la main gauche. Troisi\u00e8me personne lourdement handicap\u00e9e accueillie cette ann\u00e9e. Vertige. D\u00e9cembre : ralentissement. \"Lutter contre la vitesse \u00e0 laquelle tu \u00e9cris parce que tu ne veux pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que tu \u00e9cris.\" D\u00e9molition des textes de 2019. Pelleteuses qui d\u00e9truisent des habitations. \"Ce ne sont pas des constructions \u00e0 l'ext\u00e9rieur. C'est un monde entier \u00e0 l'int\u00e9rieur de moi.\" Le personnage d\u00e9couvert n'est plus sympathique : un homme qui voit clair dans ses m\u00e9canismes de fuite et qui, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu'il voit clair, s'autorise \u00e0 continuer de fuir. \"La lucidit\u00e9 devient l'alibi de la l\u00e2chet\u00e9.\" **Obsessions r\u00e9currentes** \u2014 Fatigue. Honte. Le p\u00e8re qui revient par bouff\u00e9es, avec l'automne. Voix et voies : \"Il\", \"la voix\", le dibbouk. Le silence devenu insupportable. Le monde et son effondrement : \"Depuis 2019 la faille est b\u00e9ante.\" **Quelques phrases** \u2014 Le corps a d\u00e9j\u00e0 dit non. Interfaces avec le myst\u00e8re. \u00c9crire avec deux voix qui s'opposent et se nourrissent. Je ne m'installe plus. Ni dans la peinture, ni dans l'\u00e9criture. Je marche. Rab\u00e2cher, c'est tenir. Ma s\u00e9ri. --- 2025 aura \u00e9t\u00e9 l'ann\u00e9e du corps qui l\u00e2che et du travail qui s'intensifie. Le paradoxe tient dans cette tension : ralentir physiquement, acc\u00e9l\u00e9rer dans l'\u00e9criture. La fatigue devient une discipline, la honte un mat\u00e9riau. Les dents tombent, les textes s'accumulent. Le site se structure, la maison se vide. Le p\u00e8re revient, le cousin dispara\u00eet. L'\u00e9criture quotidienne comme pratique asc\u00e9tique. Le carnet non comme brouillon mais comme lieu. Une question traverse l'ann\u00e9e : est-ce suffisant ? R\u00e9ponse en octobre : entre les deux est probablement l'endroit du carnet. --- *1\u1d49\u02b3 janvier 2026* *illustration* Dali _ ",
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"title": "Novembre 2025, en guise de lettre d'information",
"date_published": "2025-12-01T08:03:12Z",
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"author": {"name": "Patrick Blanchon"},
"content_html": " \u00c9dito — Novembre 2025<\/strong><\/p>\n Si je dis que je travaille, pas s\u00fbr que ce soit le bon mot. Ce travail ne nourrit pas son homme. La fiert\u00e9 non plus. Enfin \u00e0 ce que je sache. Qu\u2019est-ce qui nourrit l\u2019homme dans ce cas ? Le r\u00eave de nourriture n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 de la nourriture. Est-ce pour autant qu\u2019il faut cesser de r\u00eaver ? Je ne crois pas. Ce mois de novembre, j\u2019ai plut\u00f4t essay\u00e9 de d\u00e9placer le r\u00eave : moins du c\u00f4t\u00e9 de la “litt\u00e9rature” avec un grand L, plus du c\u00f4t\u00e9 des outils.<\/p>\n Concr\u00e8tement, novembre a surtout \u00e9t\u00e9 un mois de carnets remis sur le billot<\/strong>. Je suis revenu sur l\u2019ann\u00e9e 2019, texte apr\u00e8s texte, en appliquant un protocole que je teste depuis quelque temps : <\/p>\n Ce protocole, je ne le garde pas dans un cahier \u00e0 part : on le voit travailler directement dans les textes ( notamment d’ao\u00fbt 2019<\/a>) . Les textes sur la douceur, l\u2019abandon, la honte, la salet\u00e9, ou encore ceux o\u00f9 je discute avec ce dibbouk ce critique ce “Doc” qui me renvoie ma propre mauvaise foi, viennent de l\u00e0. On y lit la version maquill\u00e9e, puis la voix qui la d\u00e9monte, puis une phrase plus nette, parfois juste une image (un portail, une odeur de m\u00e9tal, un fauteuil r\u00e2p\u00e9). Ce site n\u2019est pas une vitrine, c\u2019est un chantier \u00e0 propos de l\u2019\u00e9criture : novembre l\u2019a rendu un peu plus visible.<\/p>\n Dans le fond, je ne cherche plus \u00e0 “faire de la litt\u00e9rature” ici. Je cherche des outils<\/strong>. L\u2019un d\u2019eux, d\u00e9sormais assum\u00e9, est l\u2019intelligence artificielle<\/strong>, \u00e0 condition de la d\u00e9tourner du r\u00f4le de machine \u00e0 r\u00e9ponses. Si on lui demande de r\u00e9pondre \u00e0 “qui vient en premier, la poule ou l\u2019\u0153uf ?”, elle bafouille encore. En revanche, si on la pousse \u00e0 multiplier les objections, \u00e0 souligner les r\u00e9p\u00e9titions, \u00e0 pointer les effets faciles, elle devient un bon partenaire de questions. C\u2019est dans ce cadre que s\u2019est fix\u00e9 le personnage de ce “Juan” virtuel : une voix un peu trop s\u00e9v\u00e8re, mais utile, qui ne se laisse pas s\u00e9duire par le bavardage.<\/p>\n En parall\u00e8le de ces carnets r\u00e9\u00e9crits, tout cela nourrit un autre chantier, plus discret : ce que j\u2019appelle pour l\u2019instant le roman du roman<\/strong>. \u00c0 partir des carnets de 2019, je construis des chapitres mensuels de fiction : janvier, f\u00e9vrier, mars\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ao\u00fbt que nous venons de retravailler. Les sc\u00e8nes y reviennent autrement : un collectif d\u2019artistes, un atelier d\u2019\u00e9t\u00e9, une dispute au t\u00e9l\u00e9phone, un verre de vin sur le seuil, un r\u00eave sans effets sp\u00e9ciaux. Ce roman-l\u00e0, je ne le publie pas encore ici. Le garder en r\u00e9serve \u2013 par superstition, sans doute \u2013 me permet de continuer les carnets sans me figer dans un “grand projet” que je passerais mon temps \u00e0 annoncer au lieu de l\u2019\u00e9crire.<\/p>\n Reste la question du “travail”. Je ne sais pas tr\u00e8s bien si je travaille. Les textes de novembre tournent souvent autour de \u00e7a : la peinture qui recule, le temps englouti dans les \u00e9crans, la fatigue d\u2019expliquer encore pourquoi on \u00e9crit alors que cela ne “nourrit pas son homme”. La difficult\u00e9 d\u2019\u00e9crire, comme celle de pondre, reste dans l\u2019obscurit\u00e9 des poulaillers, l\u00e0 o\u00f9 elle doit rester. Ce que je peux montrer, en revanche, ce sont ces gestes modestes : reprendre un vieux carnet, couper, d\u00e9placer, accepter de laisser une IA me dire que je radote, recommencer.<\/p>\n Soit dit en passant : je ne crois pas beaucoup \u00e0 la raison comme horizon. “Soyez raisonnables” est sans doute le pire conseil qu\u2019on puisse donner \u00e0 quelqu\u2019un qui \u00e9crit, peint ou tente simplement de traverser ses journ\u00e9es. Je suis, non pas parce que je pense ou que je doute, mais parce que je ne suis pas raisonnable, et qu\u2019aucun m\u00e9decin n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 me coller un diagnostic clair. Sans diagnostic, pas de maladie. On continuera donc comme \u00e7a.<\/p>\n En novembre, les textes publi\u00e9s ici n\u2019ont pas racont\u00e9 grand-chose d\u2019autre : comment continuer \u00e0 traverser, avec quelques questions en plus, quelques illusions en moins. Pour d\u00e9cembre, je n\u2019ai pas de programme h\u00e9ro\u00efque \u00e0 annoncer. L\u2019id\u00e9e est simple : poursuivre la r\u00e9\u00e9criture des carnets de 2019 avec le m\u00eame protocole, avancer en coulisse le roman du roman, enrichir au passage d\u2019autres pistes (lectures, enqu\u00eates, mythes), et surtout continuer \u00e0 orienter les outils \u2013 IA comprise \u2013 vers les questions plut\u00f4t que vers les r\u00e9ponses.<\/p>\n Le reste, on verra bien. En attendant, il y a ce carnet de novembre<\/a>, bavard comme les autres, \u00e0 feuilleter comme on \u00e9tale les pi\u00e8ces d\u2019un puzzle sur la table en se disant qu\u2019on finira peut-\u00eatre par reconna\u00eetre quelque chose.<\/p>",
"content_text": " **\u00c9dito \u2014 Novembre 2025** Si je dis que je travaille, pas s\u00fbr que ce soit le bon mot. Ce travail ne nourrit pas son homme. La fiert\u00e9 non plus. Enfin \u00e0 ce que je sache. Qu\u2019est-ce qui nourrit l\u2019homme dans ce cas ? Le r\u00eave de nourriture n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 de la nourriture. Est-ce pour autant qu\u2019il faut cesser de r\u00eaver ? Je ne crois pas. Ce mois de novembre, j\u2019ai plut\u00f4t essay\u00e9 de d\u00e9placer le r\u00eave : moins du c\u00f4t\u00e9 de la \u201clitt\u00e9rature\u201d avec un grand L, plus du c\u00f4t\u00e9 des outils. Concr\u00e8tement, novembre a surtout \u00e9t\u00e9 un mois de **carnets remis sur le billot**. Je suis revenu sur l\u2019ann\u00e9e 2019, texte apr\u00e8s texte, en appliquant un protocole que je teste depuis quelque temps : 1) d\u2019abord une passe m\u00e9canique (orthographe, ponctuation, typographie, rien de glorieux) ; 2) puis l\u2019envoi du texte \u00e0 un **critique virtuel** inspir\u00e9 de Juan Asensio, charg\u00e9 de relever les tics, les poses, les phrases mortes ; 3) ensuite une **r\u00e9\u00e9criture** en tenant compte de ces coups de griffe ; 4) enfin, une question simple : *qu\u2019est-ce que ce texte dit du narrateur qui parle ?* Ce protocole, je ne le garde pas dans un cahier \u00e0 part : on le voit travailler directement dans les textes ( notamment d'[ao\u00fbt 2019->https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=compilation-simple&annee=2019&mois=08&id_rubrique=25]) . Les textes sur la douceur, l\u2019abandon, la honte, la salet\u00e9, ou encore ceux o\u00f9 je discute avec ce dibbouk ce critique ce \u201cDoc\u201d qui me renvoie ma propre mauvaise foi, viennent de l\u00e0. On y lit la version maquill\u00e9e, puis la voix qui la d\u00e9monte, puis une phrase plus nette, parfois juste une image (un portail, une odeur de m\u00e9tal, un fauteuil r\u00e2p\u00e9). Ce site n\u2019est pas une vitrine, c\u2019est un chantier \u00e0 propos de l\u2019\u00e9criture : novembre l\u2019a rendu un peu plus visible. Dans le fond, je ne cherche plus \u00e0 \u201cfaire de la litt\u00e9rature\u201d ici. Je cherche des **outils**. L\u2019un d\u2019eux, d\u00e9sormais assum\u00e9, est l\u2019**intelligence artificielle**, \u00e0 condition de la d\u00e9tourner du r\u00f4le de machine \u00e0 r\u00e9ponses. Si on lui demande de r\u00e9pondre \u00e0 \u201cqui vient en premier, la poule ou l\u2019\u0153uf ?\u201d, elle bafouille encore. En revanche, si on la pousse \u00e0 multiplier les objections, \u00e0 souligner les r\u00e9p\u00e9titions, \u00e0 pointer les effets faciles, elle devient un bon partenaire de questions. C\u2019est dans ce cadre que s\u2019est fix\u00e9 le personnage de ce \u201cJuan\u201d virtuel : une voix un peu trop s\u00e9v\u00e8re, mais utile, qui ne se laisse pas s\u00e9duire par le bavardage. En parall\u00e8le de ces carnets r\u00e9\u00e9crits, tout cela nourrit un autre chantier, plus discret : ce que j\u2019appelle pour l\u2019instant **le roman du roman**. \u00c0 partir des carnets de 2019, je construis des chapitres mensuels de fiction : janvier, f\u00e9vrier, mars\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ao\u00fbt que nous venons de retravailler. Les sc\u00e8nes y reviennent autrement : un collectif d\u2019artistes, un atelier d\u2019\u00e9t\u00e9, une dispute au t\u00e9l\u00e9phone, un verre de vin sur le seuil, un r\u00eave sans effets sp\u00e9ciaux. Ce roman-l\u00e0, je ne le publie pas encore ici. Le garder en r\u00e9serve \u2013 par superstition, sans doute \u2013 me permet de continuer les carnets sans me figer dans un \u201cgrand projet\u201d que je passerais mon temps \u00e0 annoncer au lieu de l\u2019\u00e9crire. Reste la question du \u201ctravail\u201d. Je ne sais pas tr\u00e8s bien si je travaille. Les textes de novembre tournent souvent autour de \u00e7a : la peinture qui recule, le temps englouti dans les \u00e9crans, la fatigue d\u2019expliquer encore pourquoi on \u00e9crit alors que cela ne \u201cnourrit pas son homme\u201d. La difficult\u00e9 d\u2019\u00e9crire, comme celle de pondre, reste dans l\u2019obscurit\u00e9 des poulaillers, l\u00e0 o\u00f9 elle doit rester. Ce que je peux montrer, en revanche, ce sont ces gestes modestes : reprendre un vieux carnet, couper, d\u00e9placer, accepter de laisser une IA me dire que je radote, recommencer. Soit dit en passant : je ne crois pas beaucoup \u00e0 la raison comme horizon. \u201cSoyez raisonnables\u201d est sans doute le pire conseil qu\u2019on puisse donner \u00e0 quelqu\u2019un qui \u00e9crit, peint ou tente simplement de traverser ses journ\u00e9es. Je suis, non pas parce que je pense ou que je doute, mais parce que je ne suis pas raisonnable, et qu\u2019aucun m\u00e9decin n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 me coller un diagnostic clair. Sans diagnostic, pas de maladie. On continuera donc comme \u00e7a. En novembre, les textes publi\u00e9s ici n\u2019ont pas racont\u00e9 grand-chose d\u2019autre : comment continuer \u00e0 traverser, avec quelques questions en plus, quelques illusions en moins. Pour d\u00e9cembre, je n\u2019ai pas de programme h\u00e9ro\u00efque \u00e0 annoncer. L\u2019id\u00e9e est simple : poursuivre la r\u00e9\u00e9criture des carnets de 2019 avec le m\u00eame protocole, avancer en coulisse le roman du roman, enrichir au passage d\u2019autres pistes (lectures, enqu\u00eates, mythes), et surtout continuer \u00e0 orienter les outils \u2013 IA comprise \u2013 vers les questions plut\u00f4t que vers les r\u00e9ponses. Le reste, on verra bien. En attendant, il y a ce [carnet de novembre->https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=compilation-simple&annee=2025&mois=11&id_rubrique=155], bavard comme les autres, \u00e0 feuilleter comme on \u00e9tale les pi\u00e8ces d\u2019un puzzle sur la table en se disant qu\u2019on finira peut-\u00eatre par reconna\u00eetre quelque chose. ",
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"id": "https:\/\/ledibbouk.net\/octobre-2025-en-guise-de-lettre-d-information.html",
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"title": "Octobre 2025 | en guise de lettre d'information ",
"date_published": "2025-11-01T08:00:15Z",
"date_modified": "2025-11-01T08:17:15Z",
"author": {"name": "Patrick Blanchon"},
"content_html": " Si octobre a \u00e9t\u00e9 le mois des amorces et des exp\u00e9rimentations, novembre s\u2019annonce comme celui de la consolidation. La structure en newsletter fait ses preuves, poursuivons donc sur cette lanc\u00e9e, en approfondissant les sentiers ouverts le mois dernier.<\/p>\n Bienvenue aux nouveaux lecteurs ainsi qu’aux fid\u00e8les et, bien s\u00fbr, gratitude \u00e0 la cinquantaine de personnes qui suivent cette rubrique \u00e9dito.<\/p>\n \u270d\ufe0f Autofiction et narration<\/strong> <\/p>\n Concernant la section autofiction<\/a><\/strong>, pas encore parvenu \u00e0 y mettre un terme et j’avoue que parfois le narrateur se confond avec l’auteur ou l’inverse.<\/p>\n 📚 Rubrique Lectures<\/strong>\nConcernant la rubrique Lectures, quatre billets \u00e9voquant tour \u00e0 tour :<\/p>\n la page comme aventure vue par Jacques Damase<\/a><\/p>\n<\/li>\n un essai sans pr\u00e9tention sur la correspondance Mallarm\u00e9 et le peintre Whistler<\/a><\/p>\n<\/li>\n une recherche sur Balzac et ses relations avec les huissiers<\/a><\/p>\n<\/li>\n une r\u00e9flexion sur la censure au travers de la relecture de Calaferte<\/a><\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n Mais \u00e9galement poursuite de mes recherches pour nourrir une histoire (personnelle) de l’imaginaire avec une section attribu\u00e9e aux divers rituels entourant la mort<\/a><\/strong><\/p>\n 📖 Carnet de phrases<\/strong><\/p>\n Fin septembre j’ai commenc\u00e9 aussi \u00e0 noter des phrases<\/a> qui retenaient mon attention au cours de mes lectures, une ou deux par jour, encore une fa\u00e7on de traiter de l’autofiction d’une mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, et surtout plus all\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n 🔄 Projets d’\u00e9criture en cours<\/strong><\/p>\n C\u00f4t\u00e9 fiction, des brouillons, de la documentation surtout. Une id\u00e9e de revenir sur les traces d’un instituteur \u00e0 l’\u00e9poque de Jules Ferry en prenant comme pr\u00e9texte mon aieul Charles Brunet instituteur<\/a> <\/strong> dans le Bourbonnais. Pr\u00e9texte pour me faire une id\u00e9e plus pr\u00e9cise de l’\u00e9poque.<\/p>\n Au passage une sorte de passerelle sans doute temporaire avec un autre projet\"l’archiviste\"<\/a><\/strong> qui traite de la question du rangement, du classement au travers d’\u00e9l\u00e9ments semi autobiographiques, mais plus largement des questions sur la conservation des documents dans le temps, et bien s\u00fbr de leur usage, de leur interpr\u00e9tation.<\/p>\n 🌍 Atelier et r\u00e9\u00e9critures<\/strong><\/p>\n L’atelier d’\u00e9criture du Tierslivre<\/a><\/strong> continue, toujours aussi passionnant ( inscrivez vous \u00e0 la lettre heddo<\/a><\/strong> gratuite du site )quelques textes sont visibles dans la rubrique \u00e9ponyme<\/a><\/strong> . \u00c0 cette occasion cr\u00e9ation d’une carte interactive<\/a><\/strong> sur laquelle j’ai commenc\u00e9 \u00e0 lister les lieux li\u00e9s \u00e0 des articles d\u00e9j\u00e0 ou nouvellement r\u00e9dig\u00e9s. Cette carte a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue \u00e0 toutes les rubriques du site.<\/p>\n Quelques r\u00e9\u00e9critures dans la rubrique Palimpsestes<\/a><\/strong> . Mais peu convaincu encore par la pr\u00e9sentation en double colonne, il se peut que je supprime les textes originaux pour ne laisser que ceux repris.<\/p>\n 💬 \u00c9changes et partages\nGrande r\u00e9flexion qui commence avec un texte (fictif) concernant la vision de la ponctuation par Adorno et qui, partag\u00e9 sur Substack, m’a valu d’\u00e9changer avec Thierry Crouzet<\/a><\/strong> qui a eu l’amabilit\u00e9 de le partager dans sa liste d’articles hebdomadaire.<\/p>",
"content_text": " Si octobre a \u00e9t\u00e9 le mois des amorces et des exp\u00e9rimentations, novembre s\u2019annonce comme celui de la consolidation. La structure en newsletter fait ses preuves, poursuivons donc sur cette lanc\u00e9e, en approfondissant les sentiers ouverts le mois dernier. Bienvenue aux nouveaux lecteurs ainsi qu'aux fid\u00e8les et, bien s\u00fbr, gratitude \u00e0 la cinquantaine de personnes qui suivent cette rubrique \u00e9dito. **\u270d\ufe0f Autofiction et narration** Concernant la section **[autofiction->https:\/\/ledibbouk.net\/spip.php?page=mot-compilation-simple&id_mot=542]**, pas encore parvenu \u00e0 y mettre un terme et j'avoue que parfois le narrateur se confond avec l'auteur ou l'inverse. **📚 Rubrique Lectures** Concernant la rubrique Lectures, quatre billets \u00e9voquant tour \u00e0 tour : - [la page comme aventure vue par Jacques Damase->https:\/\/ledibbouk.net\/la-page-comme-aventure-lire-damase-pour-reapprendre-a-voir.html] - un essai sans pr\u00e9tention sur la [correspondance Mallarm\u00e9 et le peintre Whistler->https:\/\/ledibbouk.net\/correspondance-mallarme-whistler.html] - une recherche sur [Balzac et ses relations avec les huissiers->https:\/\/ledibbouk.net\/balzac-et-ses-huissiers.html] - une r\u00e9flexion sur la censure au travers de la relecture de [Calaferte->https:\/\/ledibbouk.net\/lire-la-mecanique-des-femmes-aujourd-hui.html] Mais \u00e9galement poursuite de mes recherches pour nourrir une histoire (personnelle) de l'imaginaire avec une section attribu\u00e9e aux divers rituels entourant **[la mort->https:\/\/ledibbouk.net\/+-la-mort-+.html]** **📖 Carnet de phrases** Fin septembre j'ai commenc\u00e9 aussi \u00e0 noter [des phrases->https:\/\/ledibbouk.net\/-phrases-.html] qui retenaient mon attention au cours de mes lectures, une ou deux par jour, encore une fa\u00e7on de traiter de l'autofiction d'une mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, et surtout plus all\u00e9g\u00e9e. **🔄 Projets d'\u00e9criture en cours** C\u00f4t\u00e9 fiction, des brouillons, de la documentation surtout. Une id\u00e9e de revenir sur les traces d'un instituteur \u00e0 l'\u00e9poque de Jules Ferry en prenant comme pr\u00e9texte mon aieul Charles Brunet **[instituteur->https:\/\/ledibbouk.net\/-l-instituteur-153-.html] ** dans le Bourbonnais. Pr\u00e9texte pour me faire une id\u00e9e plus pr\u00e9cise de l'\u00e9poque. Au passage une sorte de passerelle sans doute temporaire avec un autre projet**[ \"l'archiviste\" ->https:\/\/ledibbouk.net\/-histoire-de-l-archiviste-.html]** qui traite de la question du rangement, du classement au travers d'\u00e9l\u00e9ments semi autobiographiques, mais plus largement des questions sur la conservation des documents dans le temps, et bien s\u00fbr de leur usage, de leur interpr\u00e9tation. **🌍 Atelier et r\u00e9\u00e9critures** **[L'atelier d'\u00e9criture du Tierslivre->https:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article5365]** continue, toujours aussi passionnant ( inscrivez vous \u00e0 la **[lettre heddo->https:\/\/www.tierslivre.net\/index_patreon.html]** gratuite du site )quelques textes sont visibles dans la **[rubrique \u00e9ponyme->https:\/\/ledibbouk.net\/-ateliers-d-ecriture-.html]** . \u00c0 cette occasion cr\u00e9ation d'une **[carte interactive->https:\/\/ledibbouk.net\/boost-2-01-histoire.html]** sur laquelle j'ai commenc\u00e9 \u00e0 lister les lieux li\u00e9s \u00e0 des articles d\u00e9j\u00e0 ou nouvellement r\u00e9dig\u00e9s. Cette carte a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue \u00e0 toutes les rubriques du site. Quelques r\u00e9\u00e9critures dans la rubrique **[Palimpsestes->https:\/\/ledibbouk.net\/sommaire-palimpsestes.html]** . Mais peu convaincu encore par la pr\u00e9sentation en double colonne, il se peut que je supprime les textes originaux pour ne laisser que ceux repris. 💬 \u00c9changes et partages Grande r\u00e9flexion qui commence avec un texte (fictif) concernant la vision de la ponctuation par Adorno et qui, partag\u00e9 sur Substack, m'a valu d'\u00e9changer avec **[Thierry Crouzet->https:\/\/tcrouzet.substack.com\/p\/de-ma-terrasse-31?utm_source=substack&publication_id=1386816&post_id=177185809&utm_medium=email&utm_content=share&utm_campaign=email-share&triggerShare=true&isFreemail=true&r=2p07dp&triedRedirect=true]** qui a eu l'amabilit\u00e9 de le partager dans sa liste d'articles hebdomadaire. ",
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"id": "https:\/\/ledibbouk.net\/miettes-et-cailloux.html",
"url": "https:\/\/ledibbouk.net\/miettes-et-cailloux.html",
"title": "Miettes et cailloux",
"date_published": "2025-09-28T10:15:24Z",
"date_modified": "2025-09-28T10:26:46Z",
"author": {"name": "Patrick Blanchon"},
"content_html": " Un mois passe. Court et long \u00e0 la fois, quand il s\u2019agit de r\u00e9capituler. Impression de n\u2019avoir presque rien fait, et pourtant quelque chose s\u2019inscrit : des textes d\u00e9pos\u00e9s ici et l\u00e0, des r\u00e9glages souterrains, des essais discrets. Rien de spectaculaire, rien qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9num\u00e9r\u00e9 dans leur exhaustivit\u00e9. Ce serait vite ennuyeux pour le Dibbouk comme pour ses visiteurs.<\/p>\n Reste l\u2019essentiel. Septembre a vu na\u00eetre plusieurs lignes. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, d\u2019abord. Dix-neuf textes<\/strong> ajout\u00e9s dans la s\u00e9rie Histoire de l\u2019imaginaire<\/a> , un nouveau mot-cl\u00e9 cr\u00e9\u00e9 — synopsis<\/a> — pour rassembler des amorces de fictions, et surtout une rubrique ouverte : Histoire de l\u2019archiviste<\/a>. Elle accompagne l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture Boost2<\/a> men\u00e9 par Fran\u00e7ois Bon, auquel je participe \u00e0 distance, par envoi de liens. Deux propositions en septembre, d\u00e9sormais visibles dans la rubrique Ateliers d\u2019\u00e9criture<\/a> , accessible depuis le menu haut du site. Dans la rubrique Fictions, un tout petit texte seulement : V\u00e9hicules<\/a> . Mais il faut compter aussi tout ce travail invisible de r\u00e9\u00e9criture : fragments repris, condens\u00e9s, r\u00e9duits. Du nez au doigt, du scroll \u00e0 la question d\u2019habiter. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019habiter n\u2019est pas impossible mais reste un probl\u00e8me, que la peinture et l\u2019\u00e9criture transforment en fantasme plus qu\u2019elles ne le r\u00e9solvent.<\/p>\n C\u00f4t\u00e9 site, septembre a \u00e9t\u00e9 un mois de fondation. R\u00e9vision en profondeur de l\u2019ent\u00eate, meilleure reconnaissance par Google, r\u00e9duction du code dispers\u00e9, actualisation du CSS minifi\u00e9 par Tailwind. J\u2019ai am\u00e9lior\u00e9 les “livres \u00e0 feuilleter” visibles discr\u00e8tement dans les descriptifs de rubriques et de mots cl\u00e9s : la lecture est d\u00e9sormais fluide, m\u00eame si les tables des mati\u00e8res continuent de r\u00e9sister.<\/p>\n J\u2019ai aussi d\u00e9couvert qu\u2019il \u00e9tait possible de g\u00e9n\u00e9rer automatiquement des PDF regroupant les articles d\u2019une rubrique. Reste \u00e0 travailler la mise en page et la typographie avant de rendre cela public. Une extension graphique est \u00e9galement en r\u00e9flexion : cartes interactives, diagramme de Vorono\u00ef, vue Obsidian.<\/p>\n Reste \u00e0 travailler la mise en page et la typographie avant de rendre cela public. En parall\u00e8le, premiers pas du c\u00f4t\u00e9 de la newsletter : Les outils sont install\u00e9s, la r\u00e9flexion est lanc\u00e9e. Reste l\u2019h\u00e9sitation : rompre l\u2019anonymat des visiteurs en collectant leurs adresses mail.<\/p>\n Tout cela ne fait pas un r\u00e9cit unitaire. Ce sont des gestes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, des essais, des reprises. Peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 le vrai sens : \u00e9crire, peindre, ajuster. Traverser les \u00e9vidences. Septembre se cl\u00f4t sur ces questions. Octobre s\u2019ouvre sans promesse. Continuer, d\u00e9placer, tester d\u2019autres formes. Voir si l\u2019\u00e9dito lui-m\u00eame reste lettre, carnet, ou prend encore un autre visage. Rien n\u2019est fix\u00e9 : c\u2019est le mouvement qui compte, la seule fa\u00e7on d\u2019habiter ici.<\/p>\n illustration<\/strong> : (Contes de Perrault, Hetzel, 1867) - Dor\u00e9<\/p>",
"content_text": "Un mois passe. Court et long \u00e0 la fois, quand il s\u2019agit de r\u00e9capituler. Impression de n\u2019avoir presque rien fait, et pourtant quelque chose s\u2019inscrit : des textes d\u00e9pos\u00e9s ici et l\u00e0, des r\u00e9glages souterrains, des essais discrets. Rien de spectaculaire, rien qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre \u00e9num\u00e9r\u00e9 dans leur exhaustivit\u00e9. Ce serait vite ennuyeux pour le Dibbouk comme pour ses visiteurs. Reste l\u2019essentiel. Septembre a vu na\u00eetre plusieurs lignes. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, d\u2019abord. **Dix-neuf textes** ajout\u00e9s dans la s\u00e9rie [Histoire de l\u2019imaginaire->https:\/\/ledibbouk.net\/-histoire-de-l-imaginaire-.html] , un nouveau mot-cl\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u2014 [synopsis->https:\/\/ledibbouk.net\/+-synopsis-+.html] \u2014 pour rassembler des amorces de fictions, et surtout une rubrique ouverte : [Histoire de l\u2019archiviste->https:\/\/ledibbouk.net\/-histoire-de-l-archiviste-.html]. Elle accompagne [l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture Boost2->https:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article5365] men\u00e9 par Fran\u00e7ois Bon, auquel je participe \u00e0 distance, par envoi de liens. Deux propositions en septembre, d\u00e9sormais visibles dans la rubrique [Ateliers d\u2019\u00e9criture->https:\/\/ledibbouk.net\/-ateliers-d-ecriture-.html] , accessible depuis le menu haut du site. Dans la rubrique Fictions, un tout petit texte seulement : [V\u00e9hicules->https:\/\/ledibbouk.net\/vehicules.html] . Mais il faut compter aussi tout ce travail invisible de r\u00e9\u00e9criture : fragments repris, condens\u00e9s, r\u00e9duits. Du nez au doigt, du scroll \u00e0 la question d\u2019habiter. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019habiter n\u2019est pas impossible mais reste un probl\u00e8me, que la peinture et l\u2019\u00e9criture transforment en fantasme plus qu\u2019elles ne le r\u00e9solvent. C\u00f4t\u00e9 site, septembre a \u00e9t\u00e9 un mois de fondation. R\u00e9vision en profondeur de l\u2019ent\u00eate, meilleure reconnaissance par Google, r\u00e9duction du code dispers\u00e9, actualisation du CSS minifi\u00e9 par Tailwind. J\u2019ai am\u00e9lior\u00e9 les \u201clivres \u00e0 feuilleter\u201d visibles discr\u00e8tement dans les descriptifs de rubriques et de mots cl\u00e9s : la lecture est d\u00e9sormais fluide, m\u00eame si les tables des mati\u00e8res continuent de r\u00e9sister. J\u2019ai aussi d\u00e9couvert qu\u2019il \u00e9tait possible de g\u00e9n\u00e9rer automatiquement des PDF regroupant les articles d\u2019une rubrique. Reste \u00e0 travailler la mise en page et la typographie avant de rendre cela public. Une extension graphique est \u00e9galement en r\u00e9flexion : cartes interactives, diagramme de Vorono\u00ef, vue Obsidian. Reste \u00e0 travailler la mise en page et la typographie avant de rendre cela public. En parall\u00e8le, premiers pas du c\u00f4t\u00e9 de la newsletter : Les outils sont install\u00e9s, la r\u00e9flexion est lanc\u00e9e. Reste l\u2019h\u00e9sitation : rompre l\u2019anonymat des visiteurs en collectant leurs adresses mail. Tout cela ne fait pas un r\u00e9cit unitaire. Ce sont des gestes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, des essais, des reprises. Peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 le vrai sens : \u00e9crire, peindre, ajuster. Traverser les \u00e9vidences. Septembre se cl\u00f4t sur ces questions. Octobre s\u2019ouvre sans promesse. Continuer, d\u00e9placer, tester d\u2019autres formes. Voir si l\u2019\u00e9dito lui-m\u00eame reste lettre, carnet, ou prend encore un autre visage. Rien n\u2019est fix\u00e9 : c\u2019est le mouvement qui compte, la seule fa\u00e7on d\u2019habiter ici. **illustration** : (Contes de Perrault, Hetzel, 1867) - Dor\u00e9 ",
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"title": "Tenir le travail ",
"date_published": "2025-08-29T10:32:36Z",
"date_modified": "2025-08-29T10:32:54Z",
"author": {"name": "Patrick Blanchon"},
"content_html": " En juillet, j\u2019avais \u00e9crit sur la modestie, en essayant de l\u2019approcher comme on approche la justesse d\u2019un geste. En ao\u00fbt, j\u2019ai parl\u00e9 de honte, de table rase, d\u2019inach\u00e8vement. En septembre, je voudrais ne garder qu\u2019un mot : travail. \u00c9crire n\u2019a rien de magique, rien de glorieux. C\u2019est un m\u00e9tier comme un autre, une suite de gestes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, d\u2019erreurs corrig\u00e9es, de chantiers repris. L\u2019ombre de « l\u2019artiste » s\u2019\u00e9loigne ; reste l\u2019ouvrier, qui reprend son outil chaque matin et avance sans autre promesse que celle d\u2019une continuit\u00e9. C\u2019est dans cette logique de chantiers que les textes se sont organis\u00e9s cet \u00e9t\u00e9. Le premier, le plus avanc\u00e9, ou celui qui m’a tout simplement \"tenu\" durant ces derni\u00e8res semaines est celui que j\u2019ai r\u00e9uni sous le mot-cl\u00e9 hors-lieu<\/a>\n. Quarante-quatre fragments \u00e9crits depuis un \u00e9cart, social, politique, mental. Des r\u00e9cits de flottement, de d\u00e9saffiliation douce, o\u00f9 la voix se d\u00e9fait de ses appartenances ordinaires pour glisser hors du cadre. J\u2019ai choisi de leur donner une autre forme de lecture : gr\u00e2ce \u00e0 un script en flipbook, on peut les parcourir comme un livre, page apr\u00e8s page, dans une mat\u00e9rialit\u00e9 fragile et provisoire. L\u2019exp\u00e9rience n\u2019est pas close : elle reste en mouvement, mais elle balise d\u00e9j\u00e0 une zone o\u00f9 l\u2019\u00e9criture se tient autrement.<\/p>\n Un autre chantier, plus r\u00e9cent, s\u2019appelle synopsis<\/a>\n. J\u2019y d\u00e9pose des plans de fiction, des amorces de r\u00e9cits, des structures esquiss\u00e9es. Rien d\u2019achev\u00e9, seulement des points de d\u00e9part, des \u00e9chafaudages. C\u2019est une mani\u00e8re de tenir la trace de ce qui pourrait advenir, d\u2019ouvrir des pistes que d\u2019autres textes viendront peut-\u00eatre reprendre.<\/p>\n
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