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22 janvier 2026 — Le dibbouk

22 janvier 2022

Aujourd’hui, j’ai appris que je pouvais créer des guillemets français directement à partir d’un code au clavier sur mon vieil Ubuntu : Ctrl+Maj+u, puis « ab » pour les guillemets ouvrants et « bb » pour les fermants. Une bonne chose de réglée qui m’évite les tirets cadratins, un peu plus longs à faire : Ctrl+Maj+u et 2014. Ceci surtout dans l’éditeur de SPIP, car j’ai désormais paramétré Writer pour que les guillemets et les espaces insécables soient automatiques. Ce genre de petite chose fait que l’on apprend à utiliser de mieux en mieux ses propres outils.

Encore une fois, la Providence nous sauve pour janvier alors que nous étions dans le rouge sombre à la banque. Ce qui est fatigant, c’est que tout repart à zéro en février, et ainsi de suite. Fatigue, c’est le mot juste : une érosion lente et progressive, mais qui ne touche pas que nous. Dans ce monde qui ne cache plus sa férocité, piétinant jusqu’aux derniers bastions d’un confort illusoire. Un confort créé de toutes pièces pour qu’on ne se rue pas vers les institutions pour les jeter à bas de dépit. Celles-ci, au demeurant, n’ayant même plus vraiment besoin de nous — les gueux, le peuple — pour s’effondrer sous l’assaut des scandales, de l’abjection et du grotesque qui semblent désormais être les valeurs en poupe des puissants de ce monde.

La foire d’empoigne n’a même plus besoin d’être masquée par ces mêmes institutions. On se sert et, de quoi se plaindrait-on au final ? Que le monde soit toujours sous le règne du pouvoir et de l’argent ? Ce serait être bien naïf de l’ignorer à partir d’un certain âge. La justice n’est plus qu’une simple exception confirmant la règle de l’injustice qui règne ici-bas.

Quelques nouvelles de plus ajoutées au recueil, ce qui monte l’ensemble à désormais huit textes de 4 500 mots en moyenne. L’idée qui m’est venue est de tout de suite m’occuper des traductions et de pouvoir créer un ouvrage bilingue, les lecteurs de S.F. un peu intellos étant plus nombreux à parler l’anglais que le français. Et puis, puisque le sujet est le langage, tant qu’à faire, c’est plutôt intéressant de voir les mêmes idées traduites en deux langues différentes. Comment dit-on déjà dans le cénacle du développement personnel ? Congruence. Oui, c’est ça.

Je n’ai presque pas touché au code depuis deux semaines, trop occupé à écrire mes fictions (enfin !). En revanche, désinvestissement quasi total pour les cours de peinture. Il est vraiment temps que j’arrête à la fin janvier, quitte à trouver un boulot de veilleur de nuit ou à emballer des marchandises à domicile. Peut-être même qu’en m’organisant bien, pourrais-je mener les deux activités de front. S. voudrait tellement de choses, comme par exemple aller chez le coiffeur, voyager, aller à Paris... et moi, je ne veux tellement rien, si ce n’est écrire, seulement écrire, qu’il faut bien à un moment que je me remette en selle avec les contingences.

Testé hier la publication d’un carnet low-content : « Carnet des phrases qu’on n’enverra jamais », une cinquantaine de pages, broché. Le bénéfice sera évidemment ridicule, ça doit tourner autour d’un euro et des brouettes de royalties, mais le fait de me dire que je suis aussi capable de faire ce genre d’action repousse l’angoisse...

Reçu hier le colis d’Amazon contenant les 15 exemplaires de La Légende de Liam. Bon boulot. Déjà mis 5 de côté pour les personnes qui ne veulent pas acheter sur la plateforme.

Il ne fait vraiment pas froid, ce qui est une aubaine car ma bouteille de butane arrive bientôt à la fin. J’ai mis en place une nouvelle habitude : sauter le repas du déjeuner. Non pour des questions financières cette fois, mais tout simplement parce que manger aussi souvent dans une journée me semble absurde. Aussi absurde que de devoir se rendre à la messe le dimanche ou de courir avec son caddie quand on voit une caisse vide s’ouvrir.

Illustration Laurent De La Conception

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