1er mars 2026
Je mets un moment à comprendre que le grésillement provient de l’intérieur de mon corps. Mais j’écarte cette idée. Ce n’est pas possible.. D’où vient ce grésillement ? D’où vient-il s’il ne provient pas de moi ? Puis je m’interroge sur ma façon d’associer les choses en général. Cela me semble tout à fait honnête de me dire que tout ça provient de moi avant tout. Que si je n’étais pas présent non seulement je ne pourrais pas entendre ce grésillement mais peut-être qu’il n’y aurait aucun grésillement.
Tout me porte à vouloir m’enfuir de cette sensation de grésillement et surtout de l’agacement qu’elle occasionne. Je cherche déjà autre chose à écrire. Dans ce cas là je ferais comme d’habitude et là se pose la raison d’être de l’habitude. Est-ce que l’on se barricade derrière des habitudes ? Est-ce que l’habitude aide vraiment à vivre ou au contraire à ne pas être de plain-pied dans une réalité qui est souvent synonyme de stupéfiante, d’inédite. Es-ce que la stupéfaction n’occasionne pas à doses fortes et renouvelées une certaine nervosité ?
Je reprends ce texte dimanche matin. S. a allumé la radio et on entend la nouvelle de la mort du chef religieux iranien. Les commentaires, les opinions gravissent l’escalier, il faut que je parvienne à me concentrer malgré ça ou, au contraire à partir de ça. Il y a toujours ce grésillement. Cependant je ne sais plus d’où il vient, il faut aussi composer avec ça.
qu’est-ce que c’est qu’un texte ? Peut-être la même chose qu’une toile. Un espace. Comment remplis-tu l’espace ?
Hier, j’ai éprouvé ce besoin de revenir à la peinture.
je me suis enfermé dans l’atelier trois bonnes heures pour effectuer une approche timide d’anciennes toiles, en me donnant comme seule contrainte l’utilisation du blanc de titane et d’ un peu de white spirit. Ces deux toiles sur lesquelles j’ai peint étaient de même format 60x80. Je ne sais pas pourquoi ces deux toiles en particulier. Peut-être parce qu’elles sont accrochées à un mur depuis deux ans et que j’ai eu tout le temps nécessaire pour découvrir ce qui leur manquait.Un peu plus de luminosité.
J’ai pris une langue de chat, une petite et je me suis vu repasser lentement sur certaines surfaces avec un dosage différent selon le plan où ces surfaces devaient se situer. Je n’avais pas d’idée préalable je savais seulement que je devais sortir le tableau de sa grisaille et que ça ne fonctionnerait pas en posant du blanc trop blanc, qu’il fallait frotter sur les anciennes couleurs pour que le blanc emprunte un peu à ces couleurs et les emmène ainsi vers une autre valeur. J’ai retrouvé ainsi des sensations qui remontent à plus de vingt-cinq ans, à cette série que j’avais exposée près du tribunal, rue des Trois-Maries. Il ne me reste plus aucune toile de cette époque.
Mais le travail d’aujourd’hui n’est pas guidé par la nostalgie. Je me suis dit qu’il fallait que je parvienne à travailler au moins trois heures d’affilée sans éprouver l’envie de m’évader. Et, pour ne pas éprouver cette envie, le blanc de titane m’a semblé être un bon appui ainsi que le white spirit dont la particularité est de ternir les couleurs. Mais justement, je n’ai pas utilisé de couleur.
retour sur ce samedi matin :
J’apprends en cours ce matin que 2025 était l’année du serpent dans le calendrier chinois. Ce qui aussitôt fait ressurgir l’image de cette couleuvre énorme qui se tortille sur le seuil de la maison. Je me revois ouvrir cette porte pour voir si le technicien qui pose la fibre n’a pas endommagé le boîtier du gaz de ville et je vois ce serpent. Il me voit aussi et traverse la rue pour aller pénétrer dans un soupirail de la maison d’en face. Le fait de me souvenir de cette image précisément et pas d’une autre m’interroge. C’est tout à fait le genre de scène à double ou triple fond. Il faut dévisser lentement chaque poupée russe jusqu’à la dernière pour avoir la chance ou la malchance de trouver quelque chose ou rien.
Retour à l’instant présent.
Lu cet article de Karl Dubost un site web de 1000 ans et j’y relève cette phrase
Gérer la mémoire d’un site Web, c’est établir une stratégie en utilisant les outils du Web permettant de passer par les différents étapes de la vie d’une information.
ce qui sans doute m’inspire à revenir à des fondamentaux en matière de code. Ce week-end je pourrais mettre de côté tout "l’habillage" du site, revenir au besoin au squelette historique de SPIP. J’ai vu un site qui faisait ça, celui de Sébastien Ménard diafragm. Le dibbouk est resté un long moment ainsi à ses débuts.
ce qui fait aussi réfléchir à ce que j’appelle sobriété. Il y a celle par défaut et celle que l’on fabrique. La différence entre les deux je n’en sais rien.
Translucide est le mot de la fin.
