22 février 2026
rien d’héroïque, et alors ? Je ne sais plus à qui je m’adresse en posant la question. Le plus évident reste la possibilité du soliloque. Je collai l’oreille à ma propre poitrine pour en être certain. Pour voir si tout à coup je ne m’inventais pas encore quelque chose de nouveau. Puis je répétais la question avec ma voix de vieillard édenté : rien et alors ?
Je traversais des steppes à cheval à la poursuite du son — voilà ce que ça me faisait.
Il relève la tête et il se plaint. Il dit qu’il n’en peut plus de la littérature.
Il cherche. Il fouille.
Ce qu’il veut c’est retrouver ce poème. Il pense Edgar Poe — mais c’est faux.
El Desdichado — c’est de Nerval.
Pourquoi ce poème-ci ? Parce que salmigondis. Donc si Nerval l’a fait, plus rien ne devrait t’être honteux.
Donc tu l’as fait. Ça y est. Tu as réduit ce site à sa plus simple expression. C’est ce que tu voulais. Tu es sûr ?
Es-tu bien sûr ?
Toujours ce besoin puéril de certitude. Non je ne suis pas sûr, bien sûr que non. J’avance non seulement sans dent mais à l’aveugle.
Tu as dit puéril, je n’ai pas rêvé. Il y a de l’enfant dans tout ça, je le sens. Lève le nez en l’air ! Sens-tu l’odeur ? Une odeur d’innocence à faire saliver.
Cache l’enfant, les ogres ne sont pas loin. Plisse les yeux ! Tu peux les sentir. Ils sont derrière l’horizon.
Nulle part où se cacher à présent. Tout est plat, sans relief.
