Introduction de la rubrique Pouvoir
Une chose me frappe en relisant tous ces textes où le mot pouvoir apparaît, c’est l’ambiguité du narrateur de ces carnets autofictifs vis à vis de ce mot. Il voudrait pouvoir mais il ne peut pas. La seule chose qu’il peut c’est écrire. Il a le pouvoir d’écrire. C’est d’ailleurs le seul pouvoir qu’il a. On peut se demander dans quelle mesure ce pouvoir là lui suffit. L’écriture comme possibilité de comblement perpétuel d’une absence, d’un manque perpétuels , sorte de métaphore du Tonneau des Danaïdes. Avec en sous-tâche cette question : que faire d’un tel pouvoir qui se présente en premier lieu comme une absurdité, voire même l’incarnation du grotesque. On est assez proche du burlesque comme du fantastique, les frontières sont très fines.
Cette rubrique a sa place dans l’Atlas. Elle va servir à la fois à me placer dans une lignée et en même temps de m’en distinguer. Non je ne veux pas me distinguer pour être vu, ce n’est pas ça, mais plutôt pour apporter ma propre pierre à l’édifice, oui c’est plus ça. Car j’ai lu ceux de ma lignée. Pascal Quignard bien sur ses petits traités m’ont fait un effet comment dire jubilatoire voilà c’est le mot. Barthes aussi je l’ai lu, comment pas. L’idée de cartographier une passion par la langue m’a bien plu. Même si je n’ai pas ses connaissances ou son talent de sémiologue. Et puis j’aime mieux marcher dans la boue que d’être sur les gradins, c’est sûr. Je pourrais vous présenter ma lignée toute entière mais ça risquerait de prendre du temps, de me faire gonfler les chevilles donc non, je vous fais confiance, vous saurez, le public ne se trompe jamais.
Mais comme je le disais j’ai un petit truc différent
- La métaphore de l’Auguste : aucun d’eux ne formule aussi clairement le rapport comique/tragique à l’impuissance
- Le travail sur UN MOT à la fois : c’est plus radical que Barthes (qui travaille sur des figures), plus systématique que Quignard
- L’auto-analyse en direct : je ne raconte pas après coup, nous, le narrrateur et votre serviteur, pensons en temps réel notre propre méthode
Je crois que c’est suffisant comme introduction et qu’il faut s’arrèter avant que ce ne le soit vraiment.