Le format
La chose est assez simple à comprendre, tellement simple que tout le monde s’en fout. C’est comme si c’était entendu depuis le départ, comme pas mal de choses que l’on fait ainsi, sans y penser. Et pourtant j’ai beau le répéter, ça rentre par une oreille et ça ressort intact de l’autre. Pas un pli, pas une strie, propre comme un sou neuf, l’information est comme une assiette d’amoureux transis. C’est juste un peu plus froid à l’arrivée. Et à chaque fois je rencontre des yeux ronds et une bouche bée. Tu es sûr ? Tu nous l’avais vraiment dit ? Oh ben je l’ai dit déjà 1 000 fois au moins, comme tout un tas d’autres choses ; il se peut même que sur ces 1 000 fois tu m’aies écouté pratiquement tout le temps. Le problème, c’est que l’information n’a pas dû passer par le cerveau. Si tu as un truc à dire, pense au format dans lequel tu vas le dire. Ça ne sert pas à grand-chose de peindre une tasse à café sur un tableau de 1 m sur 2. Encore que désormais on nous ferait croire que tout est possible, et même pire. Si tu veux provoquer, oui, tu peux. Tu peux faire une fresque sur le mur est de la mairie en ne peignant que des poils de cul vus au microscope si ça te chante. On vit une période où il faut surprendre coûte que coûte et surtout, alors vas-y, ne te gêne pas. Par contre, moi, je reste sur ma position, par respect envers tous ceux qui ont réfléchi un tant soit peu à cette question. Le format est important, je n’en démords pas. Et puis il y a une histoire, on ne peut pas balayer l’histoire d’un revers de manche à sa guise, nom de Dieu ! Imagine un peu le Sacre de Napoléon sur un timbre-poste pour prendre les choses à l’envers... Comment ? Ce serait rigolo ? RIGOLO ???? Et les Nymphéas en pin’s, pardi, hilarant ! Mais bon, je ne dois plus vraiment être dans le vent, t’as raison ; après tout, aujourd’hui, tout est comme ça. On parle de tout et de rien n’importe comment, n’importe où, tout est sans dessus-dessous. Comment ? Je parle comme un vieux réac ? Mais c’est quoi, pour toi, un réac ? Juste quelqu’un qui te rappelle qu’il existe quelques règles de base dans la vie... voilà tout. Le réac, comme tu dis, c’est le dernier bastion avant la foire d’empoigne totale, avant la boucherie générale : le libéralisme 3.0. Le format est une résistance au chaos depuis que l’on trouve des troisièmes voies partout pour tout embrouiller. Et à dessein ! D’ailleurs, il n’y a qu’à regarder ce que propose cette troisième voie en général : c’est le chaos et pas grand-chose d’autre. Les Tony Blair, les Macron et tous ces petits malins profitant de la confusion généralisée entre fond et forme en politique comme dans l’art contemporain, tu vois où ça nous mène ? Au bordel ! Ce qui ne sert plus à grand-chose vu qu’on a fermé les maisons closes. Ah, ça te fait rire ? T’as raison, esclaffe-toi, rira bien qui rira le dernier !