Se retenir d’être génial
La plupart des cons, "comme vous comme moi", dixit Georges Brassens, après moult réflexions et circonvolutions, ne le sommes qu’en raison d’un frein invisible sur lequel nous appuyons pour ne pas abuser de notre génie.
Sans doute à cause de cette histoire de lampe magique. Trois souhaits seulement, ça fait réfléchir… parfois durant des années, parfois toute une vie, et malheureusement en vain. Force est de constater qu’à la fin, on se retrouve avec un billet de loto gagnant, mais qu’il y a, hélas, prescription.
Le génie sort alors de la lampe sans qu’on ne lui ait rien demandé. Et là, il dit simplement : "Pour un con, tu te poses là !" Et pfffuittt… il s’évanouit en volutes serpentines dans le néant, dans lequel assurément nous finirons par lui emboîter le pas, tôt ou tard. Plutôt tard.
Comment faire alors ? Faut-il souhaiter, en premier lieu, pouvoir souhaiter autant de choses qu’on le désirerait tout au long de la vie, ou bien souhaiter s’affranchir une bonne fois pour toutes du souhait en général ?
Les deux se valent probablement. Mais tout cela, évidemment, ne fonctionne que si on ne loupe pas la première marche : croire en son propre génie ! »