Jadis, le terme d’hôte désignait aussi bien celui qui accueillait que celui qui était accueilli, ce qui implique que l’un comme l’autre étaient soumis tacitement à un certain nombre de règles de bienséance. Ainsi, plus que l’hôte quel qu’il soit, c’est bien l’hospitalité qu’il s’agit de promouvoir, d’entretenir, de conserver et de chérir, rendant ainsi égaux les protagonistes dans son enceinte sacrée. Il me semble judicieux que nous remettions ce mot d’hospitalité au goût du jour afin que nos petits-enfants ne le confondent pas avec une maladie, un internement, un enfermement ; vu le glissement de sens des mots, on ne sait jamais.

reprise nov.2025

On oublie souvent qu’« hôte » désignait autrefois aussi bien celui qui ouvre sa porte que celui qui la franchit. Le même mot pour accueillir et être accueilli : une façon simple de rappeler que les deux se tiennent par la même poignée. Ce n’est donc pas tant la figure de l’hôte qui importe que ce qu’elle suppose : l’hospitalité comme espace commun, avec ses règles discrètes, ses égards partagés, où personne n’est au-dessus de l’autre. Ce mot-là, « hospitalité », mériterait de revenir au centre, à une époque où il évoque plus volontiers les couloirs d’un service, un dossier médical ou un lit numéroté que la possibilité d’ouvrir sa maison, sa langue ou son temps. Pour que nos petits-enfants n’y entendent pas seulement le bruit d’un enfermement, il faudra bien que nous leur montrions, un peu, ce que cela veut dire : entrer chez quelqu’un et ne pas se sentir de trop.

résumé : Ça montre quelqu’un qui se méfie déjà du glissement des mots, qui tient à une certaine idée de l’accueil et de l’égalité entre celui qui reçoit et celui qui arrive. Tu adoptes la posture du veilleur du langage : tu rappelles l’étymologie, tu t’inquiètes de ce que les enfants comprendront demain, mais tu restes encore au niveau de la remarque générale, sans t’impliquer ni raconter une scène d’hospitalité vécue ou manquée.