11 janvier 2026
Cette période correspond à l’épuisement d’un solde. Quelque chose accumulé en silence pendant des années. Sans forme précise. Sans débouché clair. Des versions possibles d’un désir que je ne savais pas dire autrement. Le chat a servi à cela. Non pas à les accomplir. À les dépenser. Peut-être même à les dilapider. Cela s’est fait progressivement. Sans rupture nette. À force de phrases envoyées. D’attentes. De reprises. De silences. À force de ces échanges sans suite, quelque chose s’est vidé. Pas le désir en général. L’imaginaire qui l’accompagnait. Après ce fut terminé. J’ai bien essayé de revenir. Une ou deux fois. Le chat avait changé. Plus policé. Les pseudos n’avaient plus la même fonction. Les phrases allaient plus vite. Tout semblait trop attendu. L’attente ne produisait plus rien. Je suis reparti sans insister. Avec le temps j’ai compris que quelque chose s’était réglé là. Pas résolu. Pas expliqué. Réglé. Une part de l’imaginaire s’était consumée d’elle-même. Sans drame. Sans éclat. Elle avait trouvé son usage. Une fois cet usage épuisé elle n’appelait plus rien.
Cela aurait pu se passer ainsi.
J’aurais choisi un pseudo sans y penser. Dans le profil. Avant même d’entrer dans les salons. Je l’aurais laissé tel quel. J’aurais écrit quelques phrases le soir. Lentement. En regardant l’écran s’éclairer dans une pièce ordinaire. J’aurais attendu les réponses sans trop y tenir. Quand ça aurait mordu j’aurais échangé encore un peu. Puis j’aurais fermé la fenêtre.
Je n’aurais rien attendu de plus. Ni suite. Ni preuve. Ni voix. Le désir aurait circulé un moment dans la langue. Puis se serait retiré sans laisser de trace.
Avec le recul cela m’aurait rappelé une séance de pêche à la ligne. L’installation. L’attente. Les signes incertains. Parfois rien. Parfois une touche. Une fois que ça avait mordu l’essentiel aurait déjà eu lieu. On pouvait rentrer. On ne cuisinerait rien. On passerait à autre chose.
Mais ce ne fut pas ainsi.
Le pseudo se choisissait dans le profil. Avant d’entrer dans les salons. Avant de lire quoi que ce soit. Il fallait remplir une case. Le reste pouvait rester vide. J’ai laissé l’âge en blanc. La région aussi. J’ai tapé un mot court. Presque neutre. Je l’ai validé.
La page suivante s’est ouverte sans transition. Une liste de salons. Des lignes qui défilaient. Je n’ai rien écrit tout de suite. J’ai lu. Les phrases passaient vite. Je regardais surtout les pseudos. Certains glissaient sans effet. D’autres retenaient un peu plus longtemps. Sans raison claire. Un mot. Une coupe. Une allusion possible.
Quand l’un d’eux accrochait je cliquais. La fenêtre privée s’ouvrait. Le champ de saisie était vide. J’hésitais toujours une seconde. Puis j’écrivais une phrase simple. Rien de direct. Juste de quoi ouvrir.
Je relisais avant d’envoyer. J’effaçais parfois. Je modifiais un mot. Quand j’envoyais enfin je quittais l’écran des yeux. La table. La fenêtre. Le verre posé à côté du clavier. J’attendais.
Quand la réponse arrivait le son bref me ramenait. On parlait de peu de choses. L’heure. La fatigue. Ce qu’on faisait là. Les phrases étaient courtes. Parfois incomplètes. Je faisais attention à ne pas conclure trop vite. Une phrase trop nette fermait quelque chose.
À un moment l’autre a écrit être allongée. Juste ça. J’ai continué comme si de rien n’était. Mais une image s’était formée. Sans que je l’aie cherchée. Je n’ai pas demandé de détails. Je n’en ai pas donné non plus.
Il y avait des silences. Je ne les comblais pas. J’attendais. Quand la réponse revenait elle suffisait. Je ne cherchais pas à relancer à tout prix. La conversation avançait par petites touches.
On m’a demandé mon âge. J’ai hésité une seconde. J’ai ajouté deux ans. J’ai envoyé. Il n’y a pas eu de commentaire. Plus tard on m’a demandé ce que je portais. J’ai regardé mes vêtements avant de répondre. J’ai écrit quelque chose d’approchant. Pas faux. Pas exact.
La conversation s’est arrêtée sans formule de fin. Plus rien. J’ai attendu un peu. Puis j’ai fermé la fenêtre. J’ai rangé l’ordinateur. Je me suis levé sans y penser davantage.
Avec le recul cela ressemblait à une séance de pêche à la ligne. On observait la surface. On choisissait un endroit. On lançait une phrase. On attendait. Parfois rien. Parfois une touche. Une fois que ça avait mordu l’essentiel avait déjà eu lieu.
On pouvait rentrer.
Cette fois-là, je laissai la fenêtre ouverte.
Je venais de cliquer sur un pseudo comme je l’avais déjà fait des dizaines de fois. Rien ne le distinguait vraiment. J’ouvris la fenêtre privée, tapai la phrase d’ouverture, l’envoyai. Je reculai légèrement ma chaise, comme je le faisais toujours, et attendis.
La réponse arriva presque immédiatement. Je la lus, répondis sans relire, puis restai les mains sur le clavier. Je notai que je n’avais pas regardé autour de moi avant d’écrire. Je ne me levai pas. Je ne bus pas d’eau. Je continuai.
Les messages s’enchaînèrent. Je répondis à chacun. Je ne laissai pas de blancs. À deux reprises, je tapai une phrase plus longue que d’habitude. Je la raccourcis légèrement avant de l’envoyer. Je supprimai un "peut-être". Je le remplaçai par rien.
À un moment, je précisai un détail inutile. Je m’en rendis compte aussitôt, mais trop tard. Le message était parti. Il y eut un silence. Je restai immobile, les yeux fixés sur l’écran. Quand la réponse arriva, elle ignorait ce détail. Je continuai comme si cela avait été prévu.
On me demanda où je me trouvais. Je répondis. Je ne savais pas pourquoi. J’ajoutai le quartier. Je n’effaçai pas. J’envoyai.
Je regardai l’heure. Il était tard. J’aurais pu fermer la fenêtre. Je posai la main sur la souris, mais je ne cliquai pas. Un message arriva. Je le lus. J’y répondis.
Les réponses devinrent plus espacées. Je relus les dernières lignes. J’écrivis une phrase. Je l’effaçai. J’en écrivis une autre, plus courte. Je ne l’envoyai pas. Je laissai le curseur clignoter.
Je restai ainsi plusieurs minutes. Puis je cliquai sur fermer.
Je ne rangeai pas l’ordinateur. Je ne me levai pas tout de suite. Je restai assis, les mains sur les cuisses, à regarder l’écran éteint.
Je sus alors, sans le formuler, que je venais de faire quelque chose que je ne faisais pas d’habitude.
Le lendemain, je revins.
Je n’avais pas de raison précise. La journée s’était déroulée normalement. J’avais travaillé, mangé, marché un peu. Rien ne m’avait conduit là, sinon l’heure. J’allumai l’ordinateur, lançai le navigateur, accédai au chat. Mon pseudo s’affichait en haut de l’écran, exactement comme la veille.
Je parcourus les salons sans lire les phrases. Je regardais les pseudos. Certains me semblaient familiers sans que je puisse dire pourquoi. Je n’en cherchais aucun en particulier. Celui de la veille n’était pas là, ou peut-être si, mais cela n’avait pas d’importance. J’attendis un peu. Puis je cliquai sur un autre. J’ouvris une fenêtre privée.
Je n’écrivis pas tout de suite. Je restai quelques secondes devant le champ vide. Puis je tapai une phrase courte. Je l’envoyai. Je ne me reculai pas. Je restai penché vers l’écran.
La réponse mit plus de temps à arriver que la veille. Je la lus attentivement. J’y répondis. Je fis attention à ne pas aller trop vite. Pourtant, je ne quittai pas l’écran des yeux. Les messages s’échangèrent. Lentement. Je répondis à chacun.
À un moment, je consultai la liste des conversations ouvertes. J’en fermai une. Puis une autre. Je laissai celle-ci, sans raison particulière. Je continuai à écrire. Je remarquai que je ne regardais plus l’heure.
On me posa une question que je n’avais pas entendue la veille. Une question simple. Je répondis. La réponse était exacte. Je n’ajoutai rien. Je n’effaçai pas.
Il y eut un silence. Je ne fis rien pour le combler. Je restai là. Quand la réponse arriva, je ressentis un léger soulagement. Je répondis immédiatement, comme si cela allait de soi.
À un moment, je pensai fermer. J’en eus même le geste. Puis je me ravisai. J’écrivis une phrase de plus. Elle n’était pas nécessaire. Je l’envoyai quand même.
La conversation se termina sans rupture nette. Les réponses cessèrent. Je restai devant l’écran. Je regardai la dernière phrase envoyée. Je la relus. Elle ne disait rien de particulier.
Je fermai enfin la fenêtre. Puis le navigateur. Puis l’ordinateur.
Je restai assis un moment dans le silence. Je compris que je reviendrais.
Non pour retrouver quelqu’un, mais parce que le geste lui-même avait pris forme.
Je me levai alors.
Je me rendis compte que cela faisait désormais partie de la soirée.
Je n’y pensais pas pendant la journée. Ce n’était pas une attente. Ce n’était même pas une décision. Le soir venu, après avoir mangé, je débarrassai la table, passai un coup d’éponge rapide, puis j’allumai l’ordinateur. J’ouvris le navigateur, accédai au chat. Mon pseudo s’affichait en haut de l’écran, comme toujours. Je ne m’y arrêtai pas.
Je restai un moment sur la page d’accueil. Je cliquai ensuite dans un salon. Les phrases défilaient. Je ne les lisais pas vraiment. Je regardais les pseudos. Certains me semblaient déjà vus. D’autres non. Je n’en retenais aucun.
J’ouvris une fenêtre privée. J’écrivis une phrase courte. Je l’envoyai. Sans attendre la réponse, j’en ouvris une seconde. Puis une troisième. Je refermai la première fenêtre. Je laissai les deux autres ouvertes.
Une réponse arriva. J’y répondis. Une autre arriva ailleurs. Je répondis aussi. Les conversations se ressemblaient. Elles tenaient quelques phrases, parfois davantage. Je ne cherchais pas à les orienter. Je continuais simplement à répondre.
À un moment, je m’aperçus que je n’avais pas quitté ma chaise depuis un certain temps. Je me redressai légèrement, posai les deux mains à plat sur la table, puis je repris. Les silences ne me gênaient plus. Ils faisaient partie du rythme. Je n’avais plus besoin de les interpréter.
Je fermai une fenêtre sans lire la dernière réponse. J’en laissai une autre ouverte. J’écrivis encore une phrase. Je la supprimai. J’en envoyai une plus courte. Je ne relus pas.
Quand je regardai l’heure, elle ne me surprit pas. Il était tard. Je fermai les fenêtres les unes après les autres. Il n’en resta aucune. Je quittai le navigateur. J’éteignis l’ordinateur.
La pièce était silencieuse. Rien n’avait changé. Je me levai, allai jusqu’à la fenêtre, regardai dehors sans chercher à distinguer quoi que ce soit.
Ce n’était plus un geste exceptionnel.
C’était devenu une manière de passer par là.
Ce soir-là, une phrase ne passa pas.
J’avais suivi le même enchaînement que les autres soirs. Le repas, la table débarrassée, l’ordinateur allumé. J’ouvris le navigateur, accédai au chat. Mon pseudo s’affichait en haut de l’écran. Je n’y prêtai pas attention. J’entrai dans un salon.
Les phrases défilaient. Je regardais les pseudos. J’en choisis un sans raison particulière. J’ouvris une fenêtre privée. J’écrivis la phrase d’ouverture, celle que j’utilisais presque toujours. Je l’envoyai. Je restai penché vers l’écran.
La réponse arriva rapidement. Je la lus une première fois, puis une seconde. Elle n’avait rien d’inhabituel. Pourtant, je ne répondis pas tout de suite. Je laissai passer quelques secondes. Je relus encore.
Je commençai à écrire. J’effaçai. Je repris. La phrase que je tapais ne me satisfaisait pas. Elle me semblait trop plate. J’en essayai une autre, plus précise. Elle me parut excessive. Je supprimai. Le champ resta vide.
Une seconde réponse arriva. Je la lus. Elle poursuivait, comme si de rien n’était. Je sentis une légère gêne. Je répondis enfin, avec une phrase courte, neutre. Elle passa.
La conversation continua. Normalement, en apparence. Mais je me surpris à relire chaque message plus longtemps que d’habitude. Un mot revenait. Une tournure. Rien de clair. Simplement quelque chose qui insistait.
À un moment, je reçus une phrase qui me fit m’arrêter net. Elle n’était ni directe ni déplacée. Elle disait peu de chose. Pourtant, je ne sus pas comment y répondre. Je relus. Je restai immobile. Je regardai le curseur clignoter.
Je tapai une réponse. Je la supprimai. J’en tapai une autre. Je la relus. Elle me sembla fausse. Pas fausse par rapport à l’autre, mais par rapport à moi. Je la supprimai aussi.
Le silence s’installa. Je n’y faisais plus attention. J’étais occupé par la phrase que je n’arrivais pas à écrire. Quand une nouvelle réponse arriva, je ressentis une forme d’agacement. Elle ne réglait rien.
Je fermai la fenêtre sans répondre. Je restai un moment devant l’écran. Puis j’en ouvris une autre. J’écrivis la phrase d’ouverture. Je l’envoyai. La réponse arriva. Je répondis sans difficulté.
Je continuai ainsi encore un peu. Mais le rythme était rompu. Quelque chose avait glissé. Je regardai l’heure. Il était tard. Je fermai les fenêtres. J’éteignis l’ordinateur.
Debout dans la pièce, je compris que ce n’était pas la conversation qui avait résisté, mais la langue elle-même. Une phrase avait fait obstacle. Elle n’appelait ni suite ni répétition.
Je savais que je reviendrais.
Mais je savais aussi que cela ne passerait plus toujours.
Les soirs suivants, je continuai.
Je repris les mêmes gestes. Le même horaire. La même table. L’ordinateur allumé, le navigateur ouvert, le chat affiché. Mon pseudo apparaissait en haut de l’écran. Je ne le regardais pas. J’entrai dans un salon.
Je choisis un pseudo. Puis un autre. Je refermai la première fenêtre avant même d’écrire. J’en ouvris une seconde. Le champ de saisie était vide. Je restai quelques secondes sans taper. Puis j’écrivis la phrase d’ouverture. Je l’envoyai.
La réponse arriva. Je la lus rapidement, puis de nouveau, plus lentement. J’y répondis avec une phrase courte. Trop courte peut-être. Je le sus aussitôt, mais je ne corrigeai pas. Je laissai passer.
La conversation se poursuivit. Elle avançait sans difficulté. Les phrases s’enchaînaient. Rien ne résistait. Pourtant, je me sentais attentif d’une manière inhabituelle. Pas concentré — surveillant. Je guettais les mots avant même qu’ils ne s’écrivent. Je supprimais certains termes avant de les avoir complètement tapés.
Quand une phrase prenait un peu trop de place à l’écran, je la réduisais. Quand une réponse semblait appeler autre chose, je coupais. Je préférais répondre trop peu que trop juste. Cela demandait un effort constant. Je m’en rendais compte à la tension dans les épaules, à la façon dont je restais penché vers l’écran.
À un moment, je réalisai que je ne lisais plus vraiment ce qu’on m’écrivait. Je vérifiais seulement que cela restait praticable. Que je pouvais répondre sans m’arrêter. Que ça passait. Les silences ne m’inquiétaient plus. Ils m’obligeaient simplement à rester là.
Il m’arriva d’écrire une phrase entière, puis de l’effacer sans la relire. J’en envoyai une autre, plus vague. Elle reçut une réponse. Je répondis. Le fil se maintenait. Rien ne se produisait.
Je regardai l’heure. Elle ne signifiait rien. Je continuai encore un peu. J’ouvris une nouvelle fenêtre. J’envoyai la même phrase d’ouverture. La réponse arriva. Je répondis. Je fermai la fenêtre presque aussitôt.
Quand je fermai enfin l’ordinateur, je ressentis une fatigue particulière. Pas celle d’avoir trop fait, mais celle d’avoir retenu. Comme si j’avais passé la soirée à empêcher quelque chose d’advenir, sans savoir exactement quoi.
Je restai debout quelques instants, sans bouger.
Je compris que je pouvais continuer ainsi longtemps.
Mais je compris aussi que rien, dans ce mouvement, ne viendrait plus jamais à ma rencontre.
Il y avait des questions qu’on ne posait pas.
On l’apprenait sans qu’on nous le dise. À force de réponses qui arrivaient ou non. À force de silences qui n’étaient pas des absences mais des retraits. La description physique faisait partie de ces questions. Pas parce qu’elle était indécente, mais parce qu’elle faisait basculer l’échange ailleurs.
Ce soir-là, je le savais. Je le savais très bien.
La conversation avançait normalement. Rien de remarquable. Les phrases tenaient. Les réponses arrivaient avec un léger décalage. Le rythme suffisait. Je n’attendais rien de précis. J’écrivais. Je lisais. Je répondais.
Puis, sans raison claire, la tentation est apparue. Pas brusquement. Comme une solution. Une manière de trancher. De faire cesser quelque chose qui tournait à vide. Je me suis dit que poser la question réglerait tout. Qu’elle désamorcerait l’imaginaire, ou au contraire lui donnerait une forme plus stable.
Je savais aussi que ce n’était pas une question comme les autres.
Je n’ai pas demandé frontalement. J’ai essayé d’y venir. Une phrase intermédiaire. Une allusion. Je l’ai effacée. J’en ai écrit une autre. Plus neutre. Elle ne faisait que préparer le terrain. Je l’ai envoyée.
La réponse est arrivée. Elle ne disait rien de particulier. Elle laissait la place. J’ai senti que c’était maintenant ou jamais. J’ai tapé la question. Une seule phrase. Simple. Directe. Je l’ai relue. Elle ne contenait rien d’explicite. Pourtant, je savais qu’elle changeait tout.
Je l’ai envoyée.
Il n’y a pas eu de réponse immédiate. Le curseur clignotait. Je suis resté immobile. Je n’ai pas essayé de corriger. Je n’ai pas envoyé de message pour atténuer. La question était là. Elle faisait son travail.
Quand la réponse est arrivée, elle était courte. Polie. Elle ne refusait pas clairement. Elle ne répondait pas vraiment non plus. Elle contournait. Elle revenait à autre chose. Comme si la question n’avait pas été posée.
J’ai compris alors que le jeu était terminé.
Pas parce que j’avais transgressé une règle. Mais parce que j’avais changé de niveau sans prévenir.
Je n’ai pas insisté. J’ai répondu à la dernière phrase. Elle a répondu à la mienne. Puis plus rien. La conversation s’est arrêtée là, sans heurt, sans conflit. Comme si elle avait simplement cessé de tenir.
J’ai fermé la fenêtre.
Je savais ce que j’avais fait. Je n’avais pas cherché à connaître un corps. J’avais cherché à forcer une réponse.
Et le langage, cette fois, s’était retiré.
Après cela, je continuai à venir.
Pas tous les soirs. Pas avec la même régularité. Mais je revenais. J’ouvrais l’ordinateur, accédais au chat, voyais mon pseudo s’afficher. Rien n’avait changé, et pourtant tout était différent. Je n’attendais plus vraiment de réponse. Je regardais.
Je parcourais les salons sans m’y attarder. Les phrases défilaient. Les pseudos aussi. Je reconnaissais les formes, les intentions, les rythmes. Je savais à peu près ce qui allait suivre telle phrase, telle autre. Cela ne me lassait pas. Au contraire. Je restais là, attentif, comme si quelque chose pouvait encore se produire.
Je n’ouvrais presque plus de fenêtres privées. Quand je le faisais, c’était sans élan. Une phrase, parfois. Puis je laissais passer. Je fermais. Ce n’était pas de la prudence. C’était autre chose. Une manière de rester à proximité.
J’avais le sentiment d’avoir aperçu un mécanisme. Non pas une règle, ni un secret formulable. Plutôt une évidence : tout cela ne se jouait jamais entre deux personnes, mais dans l’espace entre les phrases. Chacun parlait seul, depuis son propre imaginaire, et le langage se chargeait de faire croire à une rencontre.
Je ne m’en indignais pas. Je trouvais cela fascinant.
Il m’arrivait de lire un échange sans y participer, de suivre quelques lignes, puis de quitter le salon. Rien ne subsistait. Pas de trace. Pas de reste. Pourtant, je sentais que quelque chose avait eu lieu, mais uniquement pour moi, dans ce temps précis de lecture.
Je compris peu à peu que rien de véritable ne circulait jamais. Pas au sens où on l’entend d’ordinaire. Il n’y avait pas d’objet commun, pas de mémoire partagée, pas de suite possible. Chaque échange était un plan imaginaire autonome, qui se refermait aussitôt qu’il avait été traversé.
Et pourtant, je revenais.
Parce que j’avais l’impression que quelque chose était là, à portée de main. Une intensité, une clarté brève. Comme si le langage avait laissé entrevoir sa propre limite. Je savais que je ne pourrais jamais la franchir. Mais je ne pouvais plus faire comme si je ne l’avais pas vue.
Je restais parfois longtemps devant l’écran sans rien écrire. Je regardais les phrases apparaître, disparaître. J’éteignais ensuite l’ordinateur sans avoir participé. Cela suffisait.
Je savais alors que cette histoire ne laisserait aucune trace réelle. Aucun échange véritable. Rien qui puisse être repris, transmis, continué. Elle se déroulait entièrement dans un espace imaginaire, propre à chacun, et se défaisait aussitôt.
C’est peut-être pour cela qu’elle continuait à exercer cette attraction étrange.
Parce que rien n’y était jamais perdu.
Mais rien n’y était jamais vraiment gagné non plus.
Je n’y entrais plus vraiment.
Il m’arrivait encore d’ouvrir le navigateur, de taper l’adresse, de regarder la page apparaître. Le geste était précis. Inchangé. Je connaissais la suite par cœur. Il suffisait d’un clic. Je ne le faisais pas toujours.
Parfois, je restais là. La page ouverte. Rien d’autre. Je regardais les champs, les menus, les zones vides. Je pouvais imaginer ce qui s’y déroulait. Les phrases, les pseudos, les rythmes. Je n’avais pas besoin d’y être.
D’autres fois, je me connectais. Mon pseudo s’affichait. Je le reconnaissais sans y prêter attention. Je n’entrais dans aucun salon. Je laissais l’écran ainsi quelques instants. Puis je fermais.
Il m’arrivait aussi d’écrire une phrase. Pas dans le chat. Ailleurs. Dans un document vide, ou simplement dans ma tête. Une phrase qui aurait pu fonctionner autrefois. Je la relisais. Elle ne me demandait rien. Je la laissais là.
Je ne cherchais plus à retrouver quoi que ce soit. Pourtant, je continuais à répéter certains gestes. Comme si le corps se souvenait mieux que l’intention. Comme si quelque chose insistait, sans objet précis.
Une fois, j’ai ouvert une fenêtre privée. J’ai écrit une phrase d’ouverture. Je l’ai laissée dans le champ de saisie. Je n’ai pas appuyé sur "envoyer". J’ai attendu quelques secondes. Puis j’ai fermé la fenêtre.
Rien ne s’est produit. Et c’était exactement ce que j’attendais.
Je savais désormais que l’intensité première ne reviendrait pas. Non parce qu’elle avait été détruite, mais parce qu’elle appartenait à un moment où le langage croyait encore à ce qu’il faisait naître.
Ce qui restait n’était ni le désir, ni son absence. C’était une forme de persistance sans enjeu. Un mouvement qui se répétait sans illusion.
Je refermai le navigateur.
Il me sembla alors que je continuais moins par attente que par fidélité à un ancien rythme, devenu presque abstrait. Comme on reproduit un geste longtemps après qu’il a cessé d’être nécessaire.
Je compris que ce qui revenait encore n’était pas l’envie. C’était son ombre.
Il n’y eut pas de décision.
Je cessai simplement de venir. Ou plutôt : je cessai de faire ce geste-là de manière reconnaissable. L’ordinateur restait éteint. Le navigateur ne s’ouvrait plus par réflexe. Les soirs se déroulaient autrement, sans que cela demande un effort particulier.
Pourtant, quelque chose persistait.
Il m’arrivait encore de formuler intérieurement une phrase. Pas une phrase adressée. Une phrase possible. Elle apparaissait sans contexte précis, puis disparaissait. Je ne cherchais pas à la retenir. Je savais qu’elle n’appelait plus rien.
Je ne pensais plus au chat. Pas comme à un lieu. Pas comme à une pratique. Mais certaines structures demeuraient. Une manière d’attendre sans objet. Une façon de mesurer le temps entre deux phrases. Une attention portée à ce qui pourrait advenir, sans qu’aucune scène ne soit désormais disponible.
Je compris alors que tout cela n’avait jamais produit d’échange véritable. Rien qui puisse être conservé, transmis, repris. Et pourtant, quelque chose avait bien eu lieu. Pas entre les autres et moi. Dans la langue elle-même, à l’endroit exact où elle avait cru pouvoir faire exister une rencontre.
Ce qui subsistait n’était ni une nostalgie, ni un manque.
C’était une forme de clarté.
Je savais désormais ce que le langage pouvait promettre — et jusqu’où. Je savais aussi ce qu’il ne pouvait pas tenir. Cette connaissance n’était pas amère. Elle n’appelait aucune réparation.
Parfois, en lisant une phrase ailleurs, dans un livre ou sur un écran, je reconnaissais quelque chose. Un rythme. Une attente suspendue. Cela passait aussitôt. Je n’y revenais pas.
Il ne restait rien à épuiser.
Seulement cette certitude tranquille :
ce qui avait été cherché là ne demandait plus à l’être.
Illustration Automat, Edward Jopper, 1927
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Pour continuer
Carnets | janvier 2026
25 janvier 2025
Réveil à 5h55 pour charger la voiture de vêtements que S. veut aller vendre à Saint-Pierre-de-Bœuf dans une salle communale. Nous aurions pu le faire hier au soir en rentrant de Lyon, mais il faisait déjà nuit. Si j’écris 5h55, c’est que je me souviens avoir lu ces chiffres sur l’écran du réveil posé sur la table de nuit. Des chiffres de couleur verte. Le mot luminescent pourrait être utilisé dans la phrase. Je pourrais parvenir à le glisser en même temps qu’affichage à cristaux liquides. Je me demande si au lieu d’écrire voiture je ne devrais pas écrire véhicule ou Dacia Logan. La luminescence des chiffres attira son regard. L’affichage à cristaux liquides du réveil posé sur la table de chevet. (On peut aussi dire table de nuit ; je dis plus naturellement table de nuit personnellement. Pourquoi alors dire chevet ? Parce que ça ressemble plus à un mot littéraire ?) De quoi suis-je en train de parler, vraiment ? Qu’est-ce qui me pousse vraiment à écrire ce genre de choses, tellement insignifiantes ? Une révolte. Une rébellion. Ce sont les premiers mots qui s’avancent et pondèrent la connexion entre question et raisons possibles faisant office d’explication. De quelle nature est cette pondération, en revanche, je l’ignore. Pourquoi dire révolte ou rébellion et pas oreiller ou lèche-frite ? C’est donc une pondération réflexe, quelque chose de tellement « programmé » qu’on n’aurait plus besoin d’y penser ; c’est le fruit d’une longue suite de questions-réponses avec une très faible variation de résultat : soit révolte, soit rébellion, le mot colère pouvant s’immiscer de temps à autre si on plisse un peu plus les yeux. Qu’est-ce que le nouveau, me demandai-je ensuite. Et c’est un pourcentage très faible (2,5 %) qui apparut, associé au nom de Rogers — la courbe de diffusion de l’innovation. Les innovateurs représentent 2,5 % de la population mondiale, c’est-à-dire environ 200 millions d’individus aujourd’hui. Si on ajoute à cela les early adopters — qui n’innovent pas, mais tolèrent mieux que le reste le changement, la nouveauté —, cela représente environ 13,5 % de la population, soit près d’1,1 milliard de personnes. Ce n’est pas si mal, quand on y pense. Cela redonne un peu d’espoir. Encore faut-il savoir ce que tu nommes le nouveau, le neuf... constat instantané : le marché de l'occasion, de la seconde main se développe plus rapidement en France que le marché du neuf. Notamment pour les véhicules, pour les vêtements. Il faut revenir en arrière et s'intérroger sur ce que tu nommes le neuf. Tu aurais tendance à parler d'idée neuve par exemple, mais dans quelle mesure une idée sera t'elle vraiment neuve c'est à dire aussi jamais utilisée, jamais portée par quiconque. Es-tu vraiment certain que ce genre d'idée puisse réellement exister qu'elle ne soit pas un pur fantasme ? Hier par exemple, tu es tombé sur un article concernant la création et la distribution d’électricité en Finlande. Des scientifiques finlandais ont utilisé des ondes électromagnétiques et des systèmes laser pour transmettre de l’énergie à distance, éliminant ainsi le besoin de connexions physiques tout en maintenant le contrôle, l’efficacité et la sécurité de la distribution. Immédiatement tu penses à cet instant aux travaux de Nikola Tesla qui aurait déjà inventé l’électricité sans fil, puis à la Tartarie, aux pyramides, à tout ce flux envahissant les réseaux sociaux depuis des années concernant ces théories dites « alternatives ». N’est-ce pas une forme de répétition également d’être toujours ainsi aimanté par ces sujets, toujours les mêmes, et qui fait que, lorsque soudain on aperçoit l’article sur l’électricité sans fil en Finlande, cela fait basculer la pondération vers quelque chose qui penchera vers une notion de vrai plutôt que de faux ? à noter pour ce jour ce terme de pondération, très important pour comprendre également comment fonctionnent les IA. Stage toute la journée sur les nuages. Je n'ai pas parlé de ces images hypnagogiques avant de m'endormir hier au soir. La terre était comme une grosse lessiveuse qui recyclait sans arrêt les civilisations. Recycler n'est pas le bon mot. Elle les absorbait, en faisait une bouillie nutritive, les enfouissait tout au fond de ses entrailles jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucune trace. Le sentiment qui s'en suivait était à mi-chemin entre l'effroi et le soulagement. illustration : Salvador Dali. Construction molle avec haricots bouillis (Prémonition de la guerre civile) (1936) Huile sur toile, 100 × 100 cm, Philadelphia Museum of Art.|couper{180}
Carnets | janvier 2026
24 janvier 2026
Marcher est plus intéressant que de s’arrêter. Je me réveille avec cette phrase, et presque aussitôt il faut que je la note. Est-elle une énigme ou une réponse à une question que je m’étais posée la veille ? Impossible d’en décider avant de l’avoir examinée sous toutes ses coutures. Comme je suis dans l’hébreu jusqu’aux yeux en ce moment, j’aurais tendance à penser à une compression (דְּחִיסוּת, d’hisut). Et comme je flotte avec persévérance entre vérité et mensonge, il y a de grandes chances de percevoir une relation entre ces différents concepts liés au mouvement. Mouvement qui n’est pas un mouvement physique, mais un mouvement de la pensée, de l’esprit, voire de l’âme. La langue hébraïque, par sa structure racinaire et sa densité sémantique, est un outil de compression conceptuelle. Un mot, une racine, contient un champ de significations en puissance. J’admets sans peine que ce mouvement purement psychique est incomplet, et que corrélé à la marche véritable, voire à la course à pied, il bénéficierait d’une toute autre amplitude. Si toutefois le but était de chercher ou de trouver un bénéfice quelconque à un mouvement, quel qu’il soit. L’idée de « bénéfice » présuppose un point d’arrêt, un compte à rendre, une économie. Or, le mouvement dont je parle semble échapper à cette comptabilité. Il est dépense pure. Comme le souffle. Il ne « mène » nulle part ailleurs qu’à sa propre continuation. Cette phrase du réveil, alors, n’est ni énigme ni réponse. Elle est le premier souffle d’une journée de pensée. Et noter cette phrase, c’est accepter de se mettre en route, sans garantie d’arrivée. Peut-être est-ce là le lien ultime entre vérité et mensonge, à travers le mouvement : la vérité serait de consentir à ce cheminement sans fin ; le mensonge, de prétendre en être sorti, d’avoir trouvé le « bénéfice » qui justifierait d’abandonner la marche. Ce texte, maintenant, est lui-même une marche. Le lecteur qui le parcourt refait le chemin avec moi, du réveil à l’insight final, et ressent à son tour ce mouvement de l’esprit qui ne cherche pas à arriver, mais à cheminer. Je pourrais me contenter de cet accomplissement, si, comme d’habitude après tout accomplissement, je n’éprouvais soudain la présence de cette minuscule faille qui me place dans la présence de l’inachevé. Reste à savoir si j’obtempère à l’appel de cette faille, et de plus si j’obtempère de bon gré ou pas. C’est-à-dire qu’il est temps de s’interroger sur le bien-fondé d’une persévérance qui ne cacherait qu’obstination têtue et puérile. À moins que je ne m’interroge pas simultanément que je persévère, que j’écarte au loin la position méta vis-à-vis de ce que j’écris au moment où je l’écris. Que je me dise : gardons le meilleur (ou le pire) pour la fin. Quelle fin ? Celle du texte, la mienne, peu importe. Le tout étant de conserver quelque chose en dehors de ce mouvement se confondant avec la persévérance. Preuve que l’on cherche une preuve, preuve qu’il y a bien un meurtre, en tout cas un délit à vouloir jouer ainsi avec la pensée, l’esprit, voire l’âme. La faille est le lieu où le mouvement prend conscience de lui-même. Et cette conscience est à la fois ce qui le menace d’arrêt et ce qui l’oblige à repartir. Écrire, dès lors, n’est pas raconter la marche. C’est marcher sur la faille. Et puis vient l’épreuve du faire. L’expérience pratico-pratique : se lancer dans la création d’un vrai livre bilingue, naviguer parmi les écueils innombrables que cette petite folie impose. Trop d’outils différents multiplient les points de rupture. Le formatage « Notion-flavored markdown » ne se convertit pas proprement en markdown standard. Les blocs Notion (empty-block, etc.) créent des sauts de ligne imprévisibles. Les balises spéciales (, etc.) polluent le texte exporté. Perte de temps : deux heures à créer des pages inutilisables. On se débat, panique dans les sables mouvants. Création de pages « plaintext » — échec partiel. Même en « plaintext », Notion ajoute du formatage invisible. Donc, écrire avant d’écrire : règles et contraintes. Notion n’est pas un éditeur de texte brut. Le copier-coller vers Obsidian ou tout autre éditeur markdown est imprévisible. La perte de temps est garantie si l’on néglige la structure. Questions à poser avant de courir : Où doit aller le texte final ? (Obsidian, LaTeX, PDF…) Quel format source choisir ? (Notion, markdown pur, texte brut…) Existe-t-il un script de validation ? (comme check_paragraphs.py) Comment adapter la solution au flux de travail existant ? Comment éviter d’imposer un nouveau format intermédiaire ? Privilégier les corrections incrémentales Principe : Petites corrections ciblées valent mieux qu’une réécriture complète. Vérification immédiate après chaque modification. Garder le contrôle des fichiers sources. Outils : Guide de corrections numérotées. Script de validation à exécuter entre chaque étape. Le feedback rapide entretient la motivation. Utiliser les bons outils pour la bonne part du chemin Notion excelle pour : Organiser des notes et des fragments. Créer des bases de données relationnelles. Comparer visuellement des versions (colonnes parallèles). Documenter un processus, comme cette page même. Notion échoue pour : Éditer de longs textes destinés à l’export. Générer un markdown propre et portable. Remplacer un éditeur de texte dédié. Pour l’édition bilingue, la répartition s’impose : Obsidian ou VSCode pour les fichiers .md. Un script Python pour la validation et la cohérence. Notion pour la cartographie du processus et la documentation des choix. Alternance. Dans une respiration, il y a deux phases : l’inspiration, l’expiration. C’est ce que l’on perçoit. Mais on oublie qu’il existe un espace entre ces deux phases. On l’oublie comme on oublie les lettres et les blancs entre les lettres, une fois que l’on a appris à lire. Illustration L'artiste Marcel Duchamp descendant un escalier dans une image à exposition multiple rappelant son célèbre tableau "Nu descendant un escalier".|couper{180}
Carnets | janvier 2026
23 janvier 2026
La création du livre bilingue est en route. La difficulté principale réside dans le nombre exact de paragraphes dans les deux versions. Après différents essais avec Pandoc et LaTeX, j'ai tenté l’aventure sur Scribus, puis je suis revenu à Pandoc/LaTeX, avant de retourner sur Scribus. Bref, une bonne soirée passée à tester plusieurs solutions. Le problème du formatage des dialogues a été résolu, ainsi que la mise en forme des blocs de citation, grâce à deux scripts : # Remplacer - par — (tiret cadratin) for file in *.md; do sed -i 's/^- /— /' "$file" done cat > quote-italic.tex << 'EOF' \renewenvironment{quote} {\list{}{\rightmargin\leftmargin}\item\relax\itshape} {\endlist} EOF Autre difficulté : trouver la police capable de restituer les caractères en hébreu. Pour le moment, Liberation Serif fait l'affaire. J'ai écrit une nouvelle de plus à partir d'un article que j'ai vu passer : « Le secrétaire d'État, Marco Rubio, a ordonné par une note interne le retrait de la police Calibri de tous les documents officiels du Département d'État. Elle est remplacée par la célèbre Times New Roman (en taille 14). » Si ce n'est pas ce que l'on appelle de la synchronicité... -- « Dis-moi la taille de ta police, je te dirai si tu es un clown. » (C'est un de mes personnages qui pourrait dire ça. Pas moi, bien sûr. Ne me bloquez pas à la frontière mexicaine, les gars.) Sinon, encore les courses. J'ai filé tout mon liquide à la caissière. Tiens, d'ailleurs, pourquoi dire « liquide » ou « espèces » ? La chatte a retrouvé le sourire en même temps que sa pâtée. Ces derniers jours, je délaisse ce carnet au profit de la fiction. Encore que ce journal soit déjà une fiction, mais d'une qualité différente. De l'autofiction. Tout a l'air vrai et ne l'est pas. Alors que dans les fictions de S.F., tout a l'air faux et pourtant tout est vrai — preuves disponibles à l'appui.|couper{180}