20 janvier 2026
Il y a des gens qui sont nés après toi et qui sont morts avant toi. C’est une réflexion qui me vient en lisant la page Wikipédia de Guillaume Dustan. Dans celle-ci, Judith Perrignon écrit : « [Guillaume Dustan] laisse tomber la défroque de l’élite bourgeoise, troque ses prestigieux diplômes contre les tares d’une époque puritaine : il est pédé, séropositif, drogué et le fait savoir. »
Et donc, dans l’objet physique intitulé L’Homme qui tua Roland Barthes de Thomas Clerc (un volume broché dont la couverture présente un grammage standard), il est possible de lire une nouvelle intitulée « L’Homme qui tua Guillaume Dustan ». Ce qui place ce nom au même niveau que les autres. On pense immédiatement à une sorte d’égalité ; égalité avec Roland Barthes, Marvin Gaye, Jésus, Édouard Levé, pour ne citer qu’eux.
Tout cela pour dire quoi en fin de compte ? Que Thomas Clerc aussi fait partie de cette génération née en 1965 qui n’aime pas prendre son café dans un Starbucks — cet établissement dont l’acoustique est mesurée à 75 décibels et où le café Arabica est extrait à une température constante de 92°C. Il fréquente Neuilly-sur-Seine ou le 16e, zones urbaines où la densité de population est de 20 000 habitants au km². Comme Édouard Levé. Il y a bien entendu aussi dans le livre de Clerc une section titrée « L’Homme qui tua Édouard Levé ».
Tout ça pue la camaraderie à plein nez, ai-je envie d’écrire. Mais pas seulement. Vue de loin (à exactement 500 kilomètres de l’épicentre parisien), le mot « cénacle » arrive en TGV avec sa banane en nylon ripstop autour de la taille. Il a les cheveux rejetés vers l’arrière, exactement 4 200 brins collés par une résine acrylique de type polyacrylate, des lunettes rondes dont l’indice de réfraction est de 1.6 sur le nez, l’œil torve de ceux qui savent — quoi, on ne sait pas, on sent que leur rétine capture une fréquence de réalité que toi tu ne perçois pas.
Ceci pour correspondre avec ces rêves du petit matin, phase de sommeil paradoxal où l’activité cérébrale affiche des ondes thêta de 4 à 7 Hz. L’impression d’avoir le choix de visiter des mondes ressemble si fort à une simulation neuronale qu’elle en devient suspecte avant d’être résolument erronée, comme une erreur de parallaxe dans un système optique.
Et donc aussi, pourquoi ce mépris, cette méchanceté envers des gens que je ne connais pas ? C’est sans doute une espèce de syndrome du survivant. Cette culpabilité de constater que mon propre rythme cardiaque persiste à 72 battements par minute, que ma pression systolique est de 120 mmHg, et que mon organisme continue d’oxygéner des cellules alors que, logiquement, selon la loi des probabilités de cette génération, le stock de temps devrait être épuisé.
illustration Edouard Levé, Angoisse, Entrée d’Angoisse, 2000 Photographie, tirage lambda couleur contrecollé sur aluminium — 100 × 100 cm — édition de 5 Collection privée, France. Courtesy Succession Edouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris.
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Carnets | janvier 2026
26 janvier 2026
Le pouvoir du plus fort, du plus armé, du plus grossier, contient en lui-même sa propre destruction. En attendant, il faut le subir et l’étudier. Ça ressemble à un de ces parcours périlleux tout au fond d’une mine d’or aztèque : discernement, attention, vigilance, et réactivité bien sûr, sous peine de se faire découper par des haches pendulaires, transpercer par des lances empoisonnées au curare, sentir le sol s’effondrer et atterrir au beau milieu d’un nid de serpents venimeux. L’affrontement direct ne vaut pas grand-chose ; presque toujours poussé par l’émotion incontrôlée, pas de plan, pas de structures, aucune solution B, le risque de foirade totale augmente à proportion de l’impréparation. À la question « Voulez-vous tuer le Président ? », que tout le monde considère comme une blague, il vaut mieux répondre non, et de la façon la plus naturelle possible. Pour vaincre les serpents, je ne fais pas de dessin, il faut du sang-froid. Je me demande s’il ne faudrait pas ouvrir une station radio pirate. La seule chose embêtante, c’est le : « Allo, ici le Péage de Roussillon. » Beaucoup moins prestigieux que « Ici Londres ». Ils ont des soucis à Londres. Ils se mettent à prévoir des krachs boursiers liés à l’arrivée d’extraterrestres. Ce qui, il y a encore dix ans, était considéré comme un fake est désormais entré dans les mœurs, ou presque. Si ça se trouve, dans moins de cinq ans, entre les IA qui bosseront pour nous et les extraterrestres qui nous auront offert l’abondance illimitée, on aura tous un revenu minimum obligatoire et on s’emmerdera comme des rats morts. Tu ne pourras plus toucher à rien sous peine de quoi, on se demande : être réexpédié dans les années 80 ? Ils maîtriseraient en outre le voyage spatio-temporel. Ce serait cool comme punition, pensez-vous ? Revivre à tire-larigot les mêmes conneries ad vitam aeternam ? Pas certain. J’essaie de me projeter dans cinq ans, mais c’est encore escompter sans la rapidité à laquelle se déplace la connerie. Si ça se trouve, l’an prochain j’aurai mon propre assistant IA (je préfèrerais une assistante si ça ne vous dérange pas, et si j’ai encore mon mot à dire — et oui, si elle sait faire l’authentique Paris-Brest avec de la vraie crème au beurre, je ne dis pas non, bien sûr je ne demande pas la lune). Évidemment, on n’en est pas encore là. Tout à l’heure, c’est un vrai toubib, avec la tronche du Dr Folamour, qui va s’occuper de mes canines et de mes molaires. J’espère qu’il m’endormira avant ; tarif Sécu de base oblige, on ne sait jamais. En attendant, le pôle Nord fait des incursions jusqu’à Washington, ayant l’air de dire : « Oh, mais trop c’est trop, je vais refroidir vos ardeurs. » Pour un qui est con, tout le monde trinque et dit : « Ça caille jusqu’à Sacramento ! » Ou ça crame de temps à autre ; quand il n’y a pas ça jusqu’à Los Angeles, on se les gèle. Le fait est que le danger ultime est de déclarer à voix haute : « Plus rien ne m’étonne. » Même si on peut parfois le penser tellement fort, il vaut mieux résister aussi contre ça. Hier pris toute la journée par les nuages pas eu le temps d'écrire beaucoup plus qu'aujourd'hui, je le crains. Ce qui doit absolument être considéré comme une chance à la fois par certain(es) de mes lecteur(esses ou ice mais ice ça fait tâche en ce moment ) Mais surtout pour moi-même car le fait de se retenir aussi a du bon, même dans une époque où on se lamente de la chute de la natalité. Ce serait marrant de se poser la question : Que ferait Ulysse dans cette mélasse, le Capitaine Némo, Thierry La fronde, Le marsupilami, Mister BEans, Homer Simpsons, La reine d’Angleterre, Mario Puzzo etc etc Homer Simpson ne ferait rien. Absolument rien. Il s'assoirait dans son canapé avec une Duff, regarderait la télé, et attendrait que ça passe. "Marge, j'ai pas envie d'aller manifester, y a les Simpson à la télé." Le pouvoir du plus fort finirait par s'effondrer tout seul parce que personne ne le prendrait au sérieux. Homer incarnerait l'inertie absolue comme forme de résistance passive — pas par principe gandhien, juste par flemme existentielle. Et paradoxalement, ça marcherait : on ne peut pas tyranniser quelqu'un qui refuse même de reconnaître qu'il est tyrannisé. "D'oh !" serait sa seule réaction politique. Le système s'épuiserait à essayer de le mobiliser, de le faire réagir, delui faire peur. Mais Homer aurait déjà oublié le problème entre deux gorgées de bière. C'est peut-être la stratégie la plus subversive de toutes : l'indifférence totale, non militante, juste organique. Dans un autre monde certainement. illustration Matt Groening le créateur des Simpson|couper{180}
Carnets | janvier 2026
25 janvier 2025
Réveil à 5h55 pour charger la voiture de vêtements que S. veut aller vendre à Saint-Pierre-de-Bœuf dans une salle communale. Nous aurions pu le faire hier au soir en rentrant de Lyon, mais il faisait déjà nuit. Si j’écris 5h55, c’est que je me souviens avoir lu ces chiffres sur l’écran du réveil posé sur la table de nuit. Des chiffres de couleur verte. Le mot luminescent pourrait être utilisé dans la phrase. Je pourrais parvenir à le glisser en même temps qu’affichage à cristaux liquides. Je me demande si au lieu d’écrire voiture je ne devrais pas écrire véhicule ou Dacia Logan. La luminescence des chiffres attira son regard. L’affichage à cristaux liquides du réveil posé sur la table de chevet. (On peut aussi dire table de nuit ; je dis plus naturellement table de nuit personnellement. Pourquoi alors dire chevet ? Parce que ça ressemble plus à un mot littéraire ?) De quoi suis-je en train de parler, vraiment ? Qu’est-ce qui me pousse vraiment à écrire ce genre de choses, tellement insignifiantes ? Une révolte. Une rébellion. Ce sont les premiers mots qui s’avancent et pondèrent la connexion entre question et raisons possibles faisant office d’explication. De quelle nature est cette pondération, en revanche, je l’ignore. Pourquoi dire révolte ou rébellion et pas oreiller ou lèche-frite ? C’est donc une pondération réflexe, quelque chose de tellement « programmé » qu’on n’aurait plus besoin d’y penser ; c’est le fruit d’une longue suite de questions-réponses avec une très faible variation de résultat : soit révolte, soit rébellion, le mot colère pouvant s’immiscer de temps à autre si on plisse un peu plus les yeux. Qu’est-ce que le nouveau, me demandai-je ensuite. Et c’est un pourcentage très faible (2,5 %) qui apparut, associé au nom de Rogers — la courbe de diffusion de l’innovation. Les innovateurs représentent 2,5 % de la population mondiale, c’est-à-dire environ 200 millions d’individus aujourd’hui. Si on ajoute à cela les early adopters — qui n’innovent pas, mais tolèrent mieux que le reste le changement, la nouveauté —, cela représente environ 13,5 % de la population, soit près d’1,1 milliard de personnes. Ce n’est pas si mal, quand on y pense. Cela redonne un peu d’espoir. Encore faut-il savoir ce que tu nommes le nouveau, le neuf... constat instantané : le marché de l'occasion, de la seconde main se développe plus rapidement en France que le marché du neuf. Notamment pour les véhicules, pour les vêtements. Il faut revenir en arrière et s'intérroger sur ce que tu nommes le neuf. Tu aurais tendance à parler d'idée neuve par exemple, mais dans quelle mesure une idée sera t'elle vraiment neuve c'est à dire aussi jamais utilisée, jamais portée par quiconque. Es-tu vraiment certain que ce genre d'idée puisse réellement exister qu'elle ne soit pas un pur fantasme ? Hier par exemple, tu es tombé sur un article concernant la création et la distribution d’électricité en Finlande. Des scientifiques finlandais ont utilisé des ondes électromagnétiques et des systèmes laser pour transmettre de l’énergie à distance, éliminant ainsi le besoin de connexions physiques tout en maintenant le contrôle, l’efficacité et la sécurité de la distribution. Immédiatement tu penses à cet instant aux travaux de Nikola Tesla qui aurait déjà inventé l’électricité sans fil, puis à la Tartarie, aux pyramides, à tout ce flux envahissant les réseaux sociaux depuis des années concernant ces théories dites « alternatives ». N’est-ce pas une forme de répétition également d’être toujours ainsi aimanté par ces sujets, toujours les mêmes, et qui fait que, lorsque soudain on aperçoit l’article sur l’électricité sans fil en Finlande, cela fait basculer la pondération vers quelque chose qui penchera vers une notion de vrai plutôt que de faux ? à noter pour ce jour ce terme de pondération, très important pour comprendre également comment fonctionnent les IA. Stage toute la journée sur les nuages. Je n'ai pas parlé de ces images hypnagogiques avant de m'endormir hier au soir. La terre était comme une grosse lessiveuse qui recyclait sans arrêt les civilisations. Recycler n'est pas le bon mot. Elle les absorbait, en faisait une bouillie nutritive, les enfouissait tout au fond de ses entrailles jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucune trace. Le sentiment qui s'en suivait était à mi-chemin entre l'effroi et le soulagement. illustration : Salvador Dali. Construction molle avec haricots bouillis (Prémonition de la guerre civile) (1936) Huile sur toile, 100 × 100 cm, Philadelphia Museum of Art.|couper{180}
Carnets | janvier 2026
24 janvier 2026
Marcher est plus intéressant que de s’arrêter. Je me réveille avec cette phrase, et presque aussitôt il faut que je la note. Est-elle une énigme ou une réponse à une question que je m’étais posée la veille ? Impossible d’en décider avant de l’avoir examinée sous toutes ses coutures. Comme je suis dans l’hébreu jusqu’aux yeux en ce moment, j’aurais tendance à penser à une compression (דְּחִיסוּת, d’hisut). Et comme je flotte avec persévérance entre vérité et mensonge, il y a de grandes chances de percevoir une relation entre ces différents concepts liés au mouvement. Mouvement qui n’est pas un mouvement physique, mais un mouvement de la pensée, de l’esprit, voire de l’âme. La langue hébraïque, par sa structure racinaire et sa densité sémantique, est un outil de compression conceptuelle. Un mot, une racine, contient un champ de significations en puissance. J’admets sans peine que ce mouvement purement psychique est incomplet, et que corrélé à la marche véritable, voire à la course à pied, il bénéficierait d’une toute autre amplitude. Si toutefois le but était de chercher ou de trouver un bénéfice quelconque à un mouvement, quel qu’il soit. L’idée de « bénéfice » présuppose un point d’arrêt, un compte à rendre, une économie. Or, le mouvement dont je parle semble échapper à cette comptabilité. Il est dépense pure. Comme le souffle. Il ne « mène » nulle part ailleurs qu’à sa propre continuation. Cette phrase du réveil, alors, n’est ni énigme ni réponse. Elle est le premier souffle d’une journée de pensée. Et noter cette phrase, c’est accepter de se mettre en route, sans garantie d’arrivée. Peut-être est-ce là le lien ultime entre vérité et mensonge, à travers le mouvement : la vérité serait de consentir à ce cheminement sans fin ; le mensonge, de prétendre en être sorti, d’avoir trouvé le « bénéfice » qui justifierait d’abandonner la marche. Ce texte, maintenant, est lui-même une marche. Le lecteur qui le parcourt refait le chemin avec moi, du réveil à l’insight final, et ressent à son tour ce mouvement de l’esprit qui ne cherche pas à arriver, mais à cheminer. Je pourrais me contenter de cet accomplissement, si, comme d’habitude après tout accomplissement, je n’éprouvais soudain la présence de cette minuscule faille qui me place dans la présence de l’inachevé. Reste à savoir si j’obtempère à l’appel de cette faille, et de plus si j’obtempère de bon gré ou pas. C’est-à-dire qu’il est temps de s’interroger sur le bien-fondé d’une persévérance qui ne cacherait qu’obstination têtue et puérile. À moins que je ne m’interroge pas simultanément que je persévère, que j’écarte au loin la position méta vis-à-vis de ce que j’écris au moment où je l’écris. Que je me dise : gardons le meilleur (ou le pire) pour la fin. Quelle fin ? Celle du texte, la mienne, peu importe. Le tout étant de conserver quelque chose en dehors de ce mouvement se confondant avec la persévérance. Preuve que l’on cherche une preuve, preuve qu’il y a bien un meurtre, en tout cas un délit à vouloir jouer ainsi avec la pensée, l’esprit, voire l’âme. La faille est le lieu où le mouvement prend conscience de lui-même. Et cette conscience est à la fois ce qui le menace d’arrêt et ce qui l’oblige à repartir. Écrire, dès lors, n’est pas raconter la marche. C’est marcher sur la faille. Et puis vient l’épreuve du faire. L’expérience pratico-pratique : se lancer dans la création d’un vrai livre bilingue, naviguer parmi les écueils innombrables que cette petite folie impose. Trop d’outils différents multiplient les points de rupture. Le formatage « Notion-flavored markdown » ne se convertit pas proprement en markdown standard. Les blocs Notion (empty-block, etc.) créent des sauts de ligne imprévisibles. Les balises spéciales (, etc.) polluent le texte exporté. Perte de temps : deux heures à créer des pages inutilisables. On se débat, panique dans les sables mouvants. Création de pages « plaintext » — échec partiel. Même en « plaintext », Notion ajoute du formatage invisible. Donc, écrire avant d’écrire : règles et contraintes. Notion n’est pas un éditeur de texte brut. Le copier-coller vers Obsidian ou tout autre éditeur markdown est imprévisible. La perte de temps est garantie si l’on néglige la structure. Questions à poser avant de courir : Où doit aller le texte final ? (Obsidian, LaTeX, PDF…) Quel format source choisir ? (Notion, markdown pur, texte brut…) Existe-t-il un script de validation ? (comme check_paragraphs.py) Comment adapter la solution au flux de travail existant ? Comment éviter d’imposer un nouveau format intermédiaire ? Privilégier les corrections incrémentales Principe : Petites corrections ciblées valent mieux qu’une réécriture complète. Vérification immédiate après chaque modification. Garder le contrôle des fichiers sources. Outils : Guide de corrections numérotées. Script de validation à exécuter entre chaque étape. Le feedback rapide entretient la motivation. Utiliser les bons outils pour la bonne part du chemin Notion excelle pour : Organiser des notes et des fragments. Créer des bases de données relationnelles. Comparer visuellement des versions (colonnes parallèles). Documenter un processus, comme cette page même. Notion échoue pour : Éditer de longs textes destinés à l’export. Générer un markdown propre et portable. Remplacer un éditeur de texte dédié. Pour l’édition bilingue, la répartition s’impose : Obsidian ou VSCode pour les fichiers .md. Un script Python pour la validation et la cohérence. Notion pour la cartographie du processus et la documentation des choix. Alternance. Dans une respiration, il y a deux phases : l’inspiration, l’expiration. C’est ce que l’on perçoit. Mais on oublie qu’il existe un espace entre ces deux phases. On l’oublie comme on oublie les lettres et les blancs entre les lettres, une fois que l’on a appris à lire. Illustration L'artiste Marcel Duchamp descendant un escalier dans une image à exposition multiple rappelant son célèbre tableau "Nu descendant un escalier".|couper{180}