Accueil / Carnets / 05
14 mai 2023 — Le dibbouk

C’est aujourd’hui dimanche

https://youtu.be/H3iM2ROp7aQ

Si je n’avais pas vu cet étalage de fleurs, je n’y aurais pas pensé. Et puis c’est dimanche, La chanson des roses blanches, incontournable. Il y a des béances qui vous retrouvent où que vous soyez. Les pensées s’évanouissent avec le temps, les années. C’est cela surtout, de quoi elle est constituée, cette béance : de cette distance, de ce vide que l’on découvre entre les pensées d’hier et celles, quasi inexistantes, d’aujourd’hui. Et soudain l’horreur de la fête. Cette fête à laquelle, toujours, tu t’obstines à ne pas vouloir participer. Comme à aucun défilé, au moindre enterrement.

Tu te retrouves avec la tête et le cœur encore plus vides, à tenter d’esquiver tous les clichés. Ils ont la peau dure, ces clichés, ces lieux communs. Un jour, probable, qu’il faudra bien que tu leur cèdes, quand il n’y aura plus autant de colère, autant de tristesse, autant d’empêchements inqualifiables. Peut-être même seras-tu heureux de t’engouffrer dans tous ces lieux communs. C’est une peur qui vient d’un désir : les deux, irrépressibles, que tu t’acharnes pourtant à réprimer, en attendant d’en approcher nu le pourquoi, qui se dérobe comme tu te dérobes.

Dans la même veine