14 février 2026

L’impératif d’avancer se manifeste. Une directive interne formule la nécessité de « faire le livre », d’établir une « dead line » et de générer une « urgence » artificielle. Cette dernière, une production de stress, est évaluée comme disproportionnée au regard de l’échelle temporelle de l’éternité. Une phase de rejet s’ensuit.

La recherche d’un « workflow » optimal est identifiée comme un facteur de ralentissement. Elle impose des temporisations et des précautions qui, par accumulation, se constituent en « usages ». La classification d’un usage « digne de ce nom » requiert une production de bien-être. L’absence de cette production suggère une classification alternative, potentiellement celle du masochisme, bien que cette dernière implique une redéfinition subjective du « bien ».

La notion de « workflow » est néanmoins jugée d’une importance capitale. Une tentative de clarification est initiée, visant à délimiter la « nébuleuse » d’impressions, d’émotions et de pensées, rationnelles ou farfelues, qui l’entourent.

Dans un contexte opérationnel antérieur, désigné comme le « monde du travail sérieux » (unique entité alors reconnue), l’interaction avec l’administration et la bureaucratie générait une « nausée » spécifique. Le terme « workflow » y était associé à une constellation de concepts également nébuleux : « planning », « tâches », « objectifs », « études d'adéquation », « risques ». Ces éléments constituaient un ensemble de contraintes destinées à la conduite de projets, du point A au point B. Le moteur principal de ces opérations n’était pas l’expression artistique, mais l’impératif financier. Toute tentative de discussion prolongée sur le « workflow » en entreprise est classée comme une « pure perte de temps », l’objectif étant la maximisation des gains et la minimisation des pertes. Les motivations secondaires, souvent des « bonnes raisons » destinées à masquer la participation à des « conneries », sont identifiées comme la source fréquente de conflits. Cette définition, bien que non exhaustive, est celle que le sujet a élaborée.

Une cessation d’activité dans ce « monde du travail sérieux » est enregistrée depuis plusieurs lustres. L’exposition antérieure à la notion de « workflow » a généré un « traumatisme » persistant, entraînant un évitement systématique du terme.

Le sujet a donc opéré sans la désignation « workflow », tout en maintenant une structuration temporelle de ses journées en « tranches d'activités diverses et variées ». L’objectif principal de ces activités n’était pas l’acquisition financière, une constante même durant la période « sérieuse ». La priorité était donnée à la compréhension des mécanismes permettant de « ne pas avoir peur de mourir ».

Actuellement, une réactivation de cette peur est détectée, générant un « état d'urgence ». L’évaluation de la compréhension desdits mécanismes est estimée à « un quart du tiers » du nécessaire pour atteindre un état de « paix terminale ». Une phase de « panique à bord » est initialement observée, suivie d’une posture assise et d’une « évaluation de non-conformité » de la situation.

Le problème principal est identifié comme une « incapacité à s'organiser correctement ». La définition précise des termes « problème », « s'organiser » et « correctement » reste en suspens, malgré une « durée d'examen » estimée à « presque une vie entière ». L’absence de résolution satisfaisante à 100% est constatée, avec l’acceptation que la « perfection n'est pas de ce monde », tout en maintenant une tentative d’approche.

Cependant, une nouvelle dynamique est apparue. L’interaction avec un système d’assistance et l’utilisation d’un environnement de travail non-linéaire (Obsidian) ont initié une reconfiguration du processus. La création de fiches détaillées, l’arrêt sur des « détails infimes » pour une réflexion approfondie, et la capacité à réorienter une « direction jugée non conforme » sont désormais des composantes intégrales. Ce n’est plus une contrainte externe, mais un état d’esprit opérationnel, une méthode de pensée qui permet d’explorer la complexité et de naviguer dans l’incertitude, transformant l’appréhension en une forme d’engagement créatif.


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Carnets | février 2026

15 février 2026

Sans conflit, pas d’histoire. Sans doute peut-on résumer à cela les raisons d’écrire des fictions. S’il faut des raisons. Et non pas l’envie d’entrer en conflit avec quoi que ce soit, mais plutôt de se poser des questions. Au début, juste des questions. Sans se presser de vouloir les résoudre. Ce qui demande une certaine discipline, car la tentation de répondre est toujours « prompte », pour reprendre un terme à la mode. Bien que mon existence soit d’une sidérante banalité, les occasions de m’inventer des conflits ne manquent pas. Il se peut même que l’invention du conflit soit inversement proportionnelle au calme plat d’une vie au ras des pâquerettes. Moins j’ai d’histoire, plus j’ai envie d’en inventer. Est-ce qu’il y a besoin de se dire écrivain pour ça ? Pas sûr. Beaucoup de gens seraient surpris si on leur disait que toutes leurs histoires seraient certainement mieux sur le papier que dans leur crâne, et qu’ils les confondent avec la réalité. Mais c’est une autre histoire. L’envie de faire du prosélytisme aussi devrait être détournée vers l’écriture de fiction. Je devrais chaque matin relire un petit manifeste pour ne pas perdre trop de temps à me mettre au travail. Si tout dans ta tête est fiction, il ne sert plus à grand-chose de s’acharner à résoudre je ne sais quelle réalité. Il faut écrire de la fiction. On peut écrire durant des années en toute bonne foi et s’apercevoir tout à coup que tout ce qu’on a écrit n’est rien d’autre qu’une fiction. La question est de savoir comment résister au choc. Mais cela aussi est une autre histoire. Pour résumer, je cherche ce que je veux dire ce matin et je m’aperçois que je n’ai pas grand-chose à dire dans ce carnet. Est-ce que pour autant je dois entretenir l’idée que ces carnets sont parvenus à leur fin ? Je n’en sais rien. Ou si ce n’est pas la fin, est-ce le moment de l’habiller d’un nouveau costume ? De le faire passer de l’autofiction à un journal de bord plus « réel » ? Mais ça voudrait dire quoi, plus réel ? Est-ce que d’après toi le journal de 1925 de HPL que tu as suivi durant toute une année est quelque chose que tu considères comme réel ? Est-ce que la façon dont il a été décrypté jour après jour par François Bon est réelle ? Qu’est-ce qui est indubitablement réel dans tout ça ? Si tu te réveillais et que tu disais : « J’ai fait un rêve incroyable. J’ai rêvé que durant toute une année j’ai décrypté le journal de HPL et que pour cela je me suis inventé un personnage dans mon rêve nommé François Bon » ? Et si François Bon lui-même s’inventait un personnage nommé François Bon qui s’invente lui aussi un personnage nommé Howard Phillips Lovecraft qui aurait écrit un journal en 1925 ? Etc. En attendant, ce dimanche 15 février s’annonce plutôt froid et gris. Est-ce que tu écris ceci parce que c’est plus intéressant d’écrire « froid et gris » afin de te donner une bonne excuse pour ne pas sortir, pour rester au chaud assis et t’inventer des histoires ? En faisant corriger mon texte directement dans Obsidian par Copilot avec mon modèle Gemini 1.5 Flash (ou 2.0) gratuit, je me rends compte que ce dernier effectue des liens avec des conversations précédentes, ce que je ne lui ai pas demandé. J’avais pris soin d’ouvrir une nouvelle conversation pour cette tâche de correction mais visiblement il conserve beaucoup d’éléments des conversations passées. Et comme dans ce Vault j’ai quasiment tous les textes de mes carnets, je me demande dans quelle mesure je n’ai pas accepté un cadeau des Grecs à la légère. Et bien sûr, ma paranoïa naturelle aidant, je vois déjà une peur, donc un conflit apparaître, d’autant plus que j’ai écrit que c’était un dimanche froid et gris, etc.|couper{180}

depuis quelle place écris-tu ? Espaces lieux notes de travail

Carnets | février 2026

13 février 2026

Ça y est, A. a validé De l'autre côté.Je vais attendre quelques jours pour lancer la version e-book. Quelle effervescence !Ce coup-là, j'ai utilisé le logiciel intégré pour réaliser la couverture ; il a tout de même fallu que je switche entre Canva, Gimp et A., car la résolution de l'image était trop faible (minimum 300 ppi).Avec du recul, ce bouquin me laisse sur ma faim à plusieurs niveaux. La longueur : 240 pages, ce n'est pas le bon format pour une novella. Ça a l'air de dire « treize à la douzaine, m'sieurs dames » ; ça a surtout l'air de dire : « Comme je ne suis pas sûr, je vous en colle une bonne centaine de pages en plus. » Bon. Évite encore de te plaindre. « Oui, bien dit, s'il pouvait la boucler, on serait bien content. Surtout le matin. »Vous avez remarqué à quel point la météo se trompe régulièrement en ce moment ? Ils avaient parlé de pluie et, là, ciel bleu. Il ne laisse pas tomber, il est resté sur le carrelage à peine cinq secondes après l'uppercut que tu lui as flanqué. C'est dingue. Voilà ce que c'est : à force, il s'habitue.Retour à PKD, je crois bien. Il faut que je vérifie, que je calcule des courbes, $x$ et $y$, le temps et la température ou le climat pour voir à quelle fréquence certains morceaux de K. Dick me reviennent. Je pourrais le faire pour lui, pour pas mal d'autres aussi. C'est comme des odeurs de décomposition qui flottent dans l'air. Ou encore ce flacon de parfum vide dans la remise qui, de temps en temps, me rappelle l'odeur de mon père. Des odeurs de fumier de cheval fantôme également. « Il déraille, tu penses. » Je ne sais plus. Avec lui, on peut vraiment s'attendre à tout. Au pire. « Comment ça ? » On dit : avec lui, il faut s'attendre au pire.« Est-ce que c'est du plagiat ? » me demandé-je d'un seul coup en relevant la tête.Non, ce n'est pas du plagiat, mais c'est ce qu'on appelle un pastiche assumé ou un hommage stylistique. Voici pourquoi ce texte La fissure dans le formica évite le piège du vol tout en restant dans l'ombre du maître : l’entropie (Kipple), la réalité qui se fragmente (comme dans Ubik), l’humain « artificiel » qui s’ignore (comme dans Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?).P.K. Dick écrivait à l’époque de la télévision à lampes et des balbutiements de l’informatique ; toi, tu es plus côté cyber-glose.Je ne sais pas. Ça revient régulièrement. Des bouffées de PKD, voilà seulement ce que je peux en dire. J’ai pensé qu’en prison je pourrais écrire tranquillement. Ou alors me faire moine, de préférence en Grèce, au Mont Athos. J’ai atteint l’âge idéal : plus trop de risque d’attaques corporelles venant de la communauté. Et puis, prendre un peu de hauteur ne peut pas faire de mal.Voir la mer. Qu’est-ce que j’ai envie de voir la mer ! Mais pas la Méditerranée. Non, l’Atlantique plutôt. Je peux prendre quand je veux le corps d’une mouette et voir comment ça pénètre dans les terres en ce moment. Toutes ces inondations, ce déluge au ralenti. Planer au-dessus ou à l’intérieur, pile dans l’œil du cyclone. Quelle chance nous avons de manger tous les jours, je viens de penser. Quelle chance. Et qu’en fais-je, à part écrire des bêtises ? « Ah, enfin tu l’admets que ce sont des bêtises. » Est-ce que l’on peut se dire « ta gueule » tout seul ? Est-ce un nouveau signe que la folie progresse d’un bon pas ou bien un commencement de sagesse ? « On ne le sait pas », dit le désossé là-bas, replié sur sa carcasse décharnée.Aussi étrange que ce soit, les mails de J.O. vont désormais directement dans les spams. Je note ça sans pour autant éprouver l’envie qu’ils n’y aillent plus. Je m’éloigne. J’avais envie de commencer par ça et puis je ne sais plus ce qui s’est passé : l’effervescence de mon cachet de Doliprane mélangée au fait que De l’autre côté soit en ligne. J’ai oublié de penser à cet éloignement. Ce n’est pas grave puisque, à la fin, il revient. Il revient tout le temps.|couper{180}

Autofiction et Introspection

Carnets | février 2026

12 février 2026

fini de corriger De l'autre côté 250 pages. 45 546 mots, 275 867 signes. J'ai mis en ligne les quatre premiers chapitres hier En tout j'aurais mis une semaine de A à Z. Couverture et quatrième de couv comprises. Un tout petit peu trop long pour une novelette. Mais tant mieux tant pis. Et à part ça J'écoute Fauré parce que j'ai pensé à Versailles et que depuis Versailles le mot pavane est venu. Je pensais à tous ces gens là-haut qui se pavanent. Dans les hauteurs de mon Elysée mental. Et qui, vautré dans le luxe, le nez dans la poudre miment un Etat qui n'en est plus Et qu'est-ce que je vois : Le livre des questions dans un short de F.B ce matin comme tout ça est bizarre — Mais C'est de la merde dirait Kopf. Ce que j'écris ce matin. Comme c'est le premier réflexe cette colère je pense que c'est voulu. Que c'est ce que tout le monde ou presque vit en se levant matin Sonnez les matines ding ding dong. Suis-je à moi seul tout le monde ? il se peut que dès fois tu l'imagines Tu vas chercher le pain comme tout le monde tu râles comme tout le monde Tu vis et meurs comme tout le monde. Et en plus tu as le toupet de l'écrire Riquet à la houppe Lu Hanté. Le Diable 2.0 d'Aurélie C. Moulin qui faisait 200 pages environ. En une demie nuit. Je vois le genre. rien de fracassant, mais qui se tient. Eh oui si tu veux écrire des novellas il faut bouffer de la novella, des bonnes des moins bonnes c'est pas le problème. et tu dis que t'as plus de dents qu'est-ce que ce serait ...|couper{180}