Les pensées d’un idiot
Les pensées d’un idiot : une idée arrive, je la note. On ne sait jamais. Le narrateur est un idiot, c’est ce qu’il pense. Regrouper de petits fragments de ses idioties. Ainsi, en promenade avec Berthe, nous n’avions pas marché cent mètres qu’elle prononçait cinq fois le nom d’une amie, en ajoutant qu’elle mentait.
— Claire ment.
Claire ment.
Claire ment.
Claire ment.
Claire ment.
Je me disais que ça devait l’embêter beaucoup d’avoir une amie mentant à tout bout de champ. Justement, nous arrivions au bout d’un champ. Et une fois de plus elle me dit alors :
— Mais Claire ment, tu n’as rien compris.
Un peu plus tard, j’appris que Claire était le second prénom de cette jeune femme. Je ne sus jamais s’il y avait une relation entre cette Claire et cette Claire qui mentait ; je me méfie des rapprochements intempestifs.
Enfin, le fait est qu’au bout de cette promenade, je ne la revis jamais plus.