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26 novembre 2021 — Le dibbouk

La conférence des oiseaux.

Novembre n’est vraiment pas ma tasse de thé. En plus, je ne bois pas de thé. Du coup, je tente de me motiver, de trouver du beau, de l’allégresse, de l’enthousiasme encore plus durant ce mois-là que durant les autres, pour contrebalancer ma peur, ma colère, mon désespoir. C’est un grand mot, le désespoir. Aujourd’hui, on parle plus de déprime, parfois aussi de mélancolie. Aujourd’hui, on ne voudrait qu’être jeune, joyeux, riche et séduisant, charismatique si possible : c’est le miroir aux alouettes de l’époque qui veut ça. Placer à la marge tout le fâcheux. Placer à la marge le dégueulasse. Ce que l’on pense, ou ce que l’on estime être, le dégueulasse. En tant que peintre, l’ombre m’est aussi nécessaire que la lumière. Je les place sur le même piédestal, au niveau de l’amer comme du sublime. En cherchant un peu sur le Net un livre que je voulais relire, je suis tombé sur cette vidéo : c’est une réécriture et une récitation de La Conférence des oiseaux, écrite par Farid Al-Din Attar, poète persan du XIIe siècle. Ce récit, je l’avais découvert alors que j’étais marmot et il m’avait énormément fait rêver, il contenait tant de mystères à éclaircir… J’ai conservé ce petit bouquin illustré des années, puis je l’ai perdu dans un de mes nombreux déménagements. Sans doute fallait-il que je le perde pour mieux le retrouver : c’est souvent ainsi que les choses fonctionnent.