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Ce qui fait écho
Il faut que la voix meurt pour que l'écho naisse. Et des falaises de granit et de hauts murs de craie pour se renvoyer à l'infini la balle Sans doute aussi une certaine qualité de l'air Et des oreilles tendues bien sur il y en a toujours quelques unes par ci par là. Et quel mystère si tout ça, ici et là ne tombe que dans l'ouïe d'un lièvre sous le sabot d'un âne.|couper{180}
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agenda ironique de janvier
Puisque Janvier est synonyme à la fois de nouveau départ, nouveau bail, nouvelles résolutions voire nouvelle vie (sans oublier, pour nos amis … agenda ironique de janvier|couper{180}
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La vie et rien d’autre
Une guerre finit toujours par s’achever laissant place à la paix. Ces derniers jours proches de l’inaction totale semblent procurer aux rêves une précision surnaturelle. Cette nuit nous voici dans un immense appartement à New-York et nous recevons une femme raffinée qui examine notre déco avec une drôle de petite moue. Sans doute tient t’elle une galerie huppée car dans un coin du loft j’aperçois tout à coup au sol des dizaines de dessins magnifiques que je suis censé avoir réalisés. Ces dessins à la mine de plomb représentent une multitude de personnages, principalement féminins. Cependant qu’en zoomant je m’aperçois qu’ils ne sont pas à la mode d’aujourd’hui. Plutôt des années 1920 à cause des chapeaux que portent lés personnages. La décoration de l’appartement est très nettement des années 70, mon épouse en est très fière, il y a du papier peint avec de grandes formes rondes de couleurs vives. Puis sur un sofa, ce bouquin de Kadaré « Le général de l’armée morte » et cette sensation bizarre qui envahit progressivement le rêve tout entier, puis tout à coup je m’entends prononcer ces mots — Dehors s’il vous plaît chère petite madame , la vie et rien d’autre. La femme huppée est interloquée et lâche une tenture qu’elle examinait avec un petit sourire de dédain. Son pas résonne sur le parquet lorsqu’elle se dirige vers la sortie et mon épouse l’accompagne en tentant de la consoler. — Revenez dans quelques jours, il sera de meilleure humeur dit-elle Les voix s’amenuisent et j’ai les dessins dans les mains. — mais qui donc à dessiné tout ça ? Ce n’est pas moi. — la vie et rien d’autre tu dis ? Et comment allons nous payer le loyer me demande mon épouse plantée devant moi à présent. S’en suit une de ces disputes ordinaires où il est question d’énumérer lés peurs et de gagner sa vie. C’est à ce moment que j’ai ouvert les yeux. Il faisait nuit mais une légère clarté provenait de la baie vitrée. Je savais très bien où j’étais. Le ronflement très léger à mes côtés était extrêmement attendrissant. Je me suis mis à réfléchir sur cette phrase « la vie et rien d’autre » et sa justesse, celle qui m’était venue à l’esprit dans mon rêve se métamorphosa lentement en quelque chose de ridicule. Sans doute par défense, car quelques instants plus tard elle se revêtit de la banalité des évidences.|couper{180}
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Peinture et écriture
Notule Le risque de vouloir faire de jolies phrases, des phrases extra, percutantes, et qu’à la fin il n’y ait que ça du joli et percutant, comme une journée d’été où il ne se passe strictement rien sauf du soleil. Comme vouloir faire un tableau qu’avec de l’habileté. Des coups d’épée dans l’eau, tout à la surface, blessant la spontanéité des profondeurs.|couper{180}
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Les plus courtes, les meilleures
On nous a volé la mer La chienlit des vœux est de retour . Et il faut évidemment chausser un casque de spéléologue pour aller au contact du filon…trouver les meilleures pépites. Comme si y en avait de plus bonnes que d’autres. Bonne santé, plein de sous, de travail, d’amour, plein de ceci où cela …comme si on déterrait tout ceci cela à la pelle pour s’imaginer nimbé de béatitude en train de distribuer des offrandes à la Providence. Admettons. On pourrait longtemps disserter. Mais des fois on peut aussi se dire que les clichés sont fait pour régler ce genre de problème. Dire bonne année ou meilleurs vœux, pénétrer dans la grande partouze votive du jour de l’an. Plein de desiderata ! jouissez bien ! etc. Et puis rentrer ventre à terre dans son terrier comme Jeannot lapin l’œil hagard les moustaches tremblantes toutes noreilles en arrière version aérodynamique. Des fois oui les plus courtes sont les meilleures, surtout le 1er de l’an.|couper{180}
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Climat
Être conscient du climat, de cet échange incessant. Autrefois dans mes pitreries ascétiques je tentais de rester neutre. Mais cette neutralité est plus une barrière, une posture, qu’autre chose. Être perméable au climat comme deux danseurs qui suivent la musique. L’un mène la danse, l’autre est conduit. sans que rien ne soit éconduit. Toutes ces sensations contradictoires ne semblent mener nulle part. Elles vont nulle part Ni ici, ni là. Pas même dans l’ailleurs. Juste le mouvement.|couper{180}
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Votez pour la ou le gagnant(e) Agenda Ironique de Décembre 2021
J'ai cherché, et j'ai trouvé cette possibilité pour que vous puissiez voter, j'espère que ça va fonctionner :-) A vous de jouer Evidemment le vote est anonyme et vous n'avez droit qu'à une seule réponse https://form.dragnsurvey.com/survey/r/2813ca35|couper{180}
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Emil
"Si l'intensité des sensations suffisait à conférer du talent, j'aurais pu être quelqu'un. " Emil 2021|couper{180}
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Profil du provocateur
Ce gamin, je suis sur que je pourrais le bouffer tout cru si la loi me l'autorisait. Il me flanque un bordel dans le groupe et en même temps, je dois avouer que je l'aime bien. Je l'aime bien parce qu'il me ressemble beaucoup lorsque j'avais son âge, je veux parler de ce temps béni où je n'étais pas encore devenu le vieux con que je suis, depuis que j'ai franchi la frontière de mon premier septennat d'existence. Est-ce qu'on aime convenablement les gens parce qu'ils nous ressemblent ? j'en doute. Au contraire généralement ça finit souvent en eau de boudin de mon coté. Donc si je dis je l'aime bien ce n'est surement pas vrai, c'est une façon de vous faire croire que je suis quelqu'un de normal, posé, gentil, pour que vous ne tombiez pas trop vite sur la part la plus noire . Parfois il m'arrive de rêver que je retrouve le hachoir à main de mon grand-père, volailler, et que je me rue sur toutes ces chères petites têtes blondes, enfin, désormais elles sont plus brunes que blondes, si vous voyez ce que je veux dire. Mais là ne comptez pas trop sur moi tout de même, je ne suis absolument pas raciste. Moi je déteste tous les gens, sans distinction de sexe et de couleur de peau. J'abhorre l'humanité en générale. Il faut dire que désormais tout leur est permis à ces morveux. Et du coup il vaut mieux faire preuve de fermeté immédiatement, et ce dès le premier jour, sous peine d'être bouffé presque aussitôt. De plus je ne sais pas si vous avez remarqué le nombre de prénoms directement issus de vieilles séries américaines tartignoles, où empruntant des noms d'acteurs célèbres. Les Kévin, Jennifer, Beverley, Ethan, Léonardo, j'en passe et des meilleurs. Je crois que la génération actuelle des trentenaires est la plus conne que je n'ai jamais connue en 60 ans de vie sur Terre. Pas étonnant que leurs gosses soient si mal élevés. Profil du trentenaire, ou du Y comme on dit , ce sont des touche à tout, dont la caractéristique principale est l'impatience. Un problème doit être réglé immédiatement, comme par exemple l'absorption de pizzas surgelées dégueulasses où, ultime outrage fait à la pomme de terre que je vénère, les frites au four. Du coup les gamins héritent de cette impatience parentale , la mime, la caricature en forçant le trait , la poussent à son paroxysme et voilà comment je me retrouve avec une bande de nains surexcités dans mes ateliers de peinture. D'ailleurs j'ai freiné des deux pieds sur l'utilisation de la peinture. On ne travaille plus guère qu'au feutre. ou au crayon de couleur. Sinon bonjour les dégâts. Il faudrait beau voir en plus qu'ils se tâchent, ce serait le pompon, encore un foutu problème pour les parents qui, évidemment me sauteraient dessus. — Comment vous n'avez pas demandé de blouse en début d'année ? etc, etc — Mais si madame j'ai envoyé un email regardez dans vos spams. Ereintant. — J'ai fini, dit justement Ethan avec un sourire jusqu'aux oreilles car il sait qu'il m'agace d'avoir fini deux minutes après que j'ai donné les consignes de l'exercice. Et à chaque fois c'est la même chose, je regarde l'infâme gribouillis qu'il me tend, je dis — hum ce n'est pas si mal mais tu pourrais peut-être tenter d'améliorer encore, par exemple en ne débordant pas partout, en respectant les marges. Et je le renvoie ainsi à sa place la tête basse mais je vois bien qu'il a toujours ce putain de petit sourire en coin que je ne loupe pas. Et pour cause j'ai le même, sauf que moi je le planque bien.|couper{180}
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Henry
Je lui dois la vie très certainement lorsque au fond du fond je découvre « tropique du cancer » ! Enfin quelqu’un qui écrit des choses intéressantes, actuelles, qui fait des phrases avec toute la merde ambiante, et qui me fait rire en plus, avant de m’emporter vers le sourire … Je ne l’ai jamais relu, j’ai trop peur de comprendre ce qu’à l’époque je n’avais pas compris. Henry peinture numérique 2021|couper{180}
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Faut vivre
Puisque nous ne sommes pas grand chose, presque rien, c’est bien que nous sommes quelque chose. https://youtu.be/OIzKMGmnQHM|couper{180}
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Voir
Huile sur toile détail 2021 C’est aux petites heures de la nuit, proches du matin, que j’entrevois des splendeurs , des effrois. J’entrevois, mais elles s’échappent, ils et elles se confondent l’une l’autre et m’obligent, par de drôles de suggestions, à ne rien retenir pour espérer une chance de les revoir. Je respire seulement, remède incontournable de mes petits matins blancs. Je ne suis plus que l’air qui va et vient depuis la plèvre au fond du ventre, en passant par le poumon. Car c’est l’astuce, la martingale pas mal trouvée, que celle de m’évanouir ainsi à tout bout de champs pour repousser les horizons. Puis le lever du corps, les quelques pas vers l’amertume du café noir, le renoncement au pain beurré, au goût perdu du pain sous l’épaisse couché de confiture. Comme en aveugle enfin j’ouvre la porte de l’atelier , prend une nouvelle toile et peins tout ce qui m’échappe tout ce que je ne peux pas voir. Tout ce que je ne veux pas voir.|couper{180}