15 février 2026
15 février 2026
Sans conflit, pas d’histoire. Sans doute peut-on résumer à cela les raisons d’écrire des fictions. S’il faut des raisons. Et non pas l’envie d’entrer en conflit avec quoi que ce soit, mais plutôt de se poser des questions. Au début, juste des questions. Sans se presser de vouloir les résoudre. Ce qui demande une certaine discipline, car la tentation de répondre est toujours « prompte », pour reprendre un terme à la mode. Bien que mon existence soit d’une sidérante banalité, les occasions de m’inventer des conflits ne manquent pas. Il se peut même que l’invention du conflit soit inversement proportionnelle au calme plat d’une vie au ras des pâquerettes. Moins j’ai d’histoire, plus j’ai envie d’en inventer. Est-ce qu’il y a besoin de se dire écrivain pour ça ? Pas sûr. Beaucoup de gens seraient surpris si on leur disait que toutes leurs histoires seraient certainement mieux sur le papier que dans leur crâne, et qu’ils les confondent avec la réalité. Mais c’est une autre histoire. L’envie de faire du prosélytisme aussi devrait être détournée vers l’écriture de fiction. Je devrais chaque matin relire un petit manifeste pour ne pas perdre trop de temps à me mettre au travail. Si tout dans ta tête est fiction, il ne sert plus à grand-chose de s’acharner à résoudre je ne sais quelle réalité. Il faut écrire de la fiction. On peut écrire durant des années en toute bonne foi et s’apercevoir tout à coup que tout ce qu’on a écrit n’est rien d’autre qu’une fiction. La question est de savoir comment résister au choc. Mais cela aussi est une autre histoire. Pour résumer, je cherche ce que je veux dire ce matin et je m’aperçois que je n’ai pas grand-chose à dire dans ce carnet. Est-ce que pour autant je dois entretenir l’idée que ces carnets sont parvenus à leur fin ? Je n’en sais rien. Ou si ce n’est pas la fin, est-ce le moment de l’habiller d’un nouveau costume ? De le faire passer de l’autofiction à un journal de bord plus « réel » ? Mais ça voudrait dire quoi, plus réel ? Est-ce que d’après toi le journal de 1925 de HPL que tu as suivi durant toute une année est quelque chose que tu considères comme réel ? Est-ce que la façon dont il a été décrypté jour après jour par François Bon est réelle ? Qu’est-ce qui est indubitablement réel dans tout ça ? Si tu te réveillais et que tu disais : « J’ai fait un rêve incroyable. J’ai rêvé que durant toute une année j’ai décrypté le journal de HPL et que pour cela je me suis inventé un personnage dans mon rêve nommé François Bon » ? Et si François Bon lui-même s’inventait un personnage nommé François Bon qui s’invente lui aussi un personnage nommé Howard Phillips Lovecraft qui aurait écrit un journal en 1925 ? Etc. En attendant, ce dimanche 15 février s’annonce plutôt froid et gris.
Est-ce que tu écris ceci parce que c’est plus intéressant d’écrire « froid et gris » afin de te donner une bonne excuse pour ne pas sortir, pour rester au chaud assis et t’inventer des histoires ?
En faisant corriger mon texte directement dans Obsidian par Copilot avec mon modèle Gemini 1.5 Flash (ou 2.0) gratuit, je me rends compte que ce dernier effectue des liens avec des conversations précédentes, ce que je ne lui ai pas demandé. J’avais pris soin d’ouvrir une nouvelle conversation pour cette tâche de correction mais visiblement il conserve beaucoup d’éléments des conversations passées. Et comme dans ce Vault j’ai quasiment tous les textes de mes carnets, je me demande dans quelle mesure je n’ai pas accepté un cadeau des Grecs à la légère. Et bien sûr, ma paranoïa naturelle aidant, je vois déjà une peur, donc un conflit apparaître, d’autant plus que j’ai écrit que c’était un dimanche froid et gris, etc.





























Quelques images sur les pentes de la montagne Kouvara, Paleopoli
Petite statue féminine en terre







Quelques images du musée de Paleopoli


