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21 septembre 2025 — Le dibbouk

Un choix

le point de départ : le narrateur prend conscience qu’il n’est plus adapté à un groupe qu’il a coutûme de fréquenter. ( pas de détail pour l’instant concernant la nature du groupe)

Comment ça arrive ?


si on épure un peu le blaba une trame se laisse voir :

– Un narrateur qui observe de loin un animateur
– La conscience aiguë de l’effort que demande ce rôle : sourire, encourager, maintenir la cohérence.
– Le narrateur, en contrechamp, qui sent que cet effort lui serait impossible, qu’il n’a pas la fibre pour ce collectif.
– Décision de se retirer, comme on se retire d’un rite ou d’une communauté, voire d’une emprise imaginaire ou réelle.
– Silence final : ce retrait est à la fois une fidélité à soi et une perte, comme si on fermait une porte dont on ne sait si elle se rouvrira.

Premieres phrases

Il parle avec constance, toujours égal, comme si la fatigue n’existait pas. Sourires, relances, encouragements. À chaque fois qu’un silence menace, il trouve un mot, une anecdote, une connivence. L’écran défile, les visages apparaissent, hochent la tête, attendent la suite. Lui, l’animateur, tient la corde. Moi je regarde.

Je me demande où il va chercher cette énergie. Est-ce la routine, l’habitude, ou simplement l’âge — cette assurance tranquille de qui n’a plus rien à prouver ? Je calcule ce que cela demanderait si j’étais à sa place. Impossible. Je m’épuiserais en une seule séance.

Alors je prends conscience : je ne peux plus. Le groupe réclame une présence, une discipline sociale qui m’est devenue étrangère. Je ressens moins de fraternité que d’usure. Les compliments croisés, les échos attendus, ce commerce tacite me fatiguent.

Je pense à l’abonnement. Je le garde, et je continuerai à le payer, parce que c’est ma façon de dire merci — pour les horizons ouverts, pour l’ignorance quittée. Mais ce que je ne peux plus, c’est participer comme avant, faire semblant que rien n’a changé. Ce serait la vraie douleur : rester alors que j’ai pris conscience qu’il me fallait partir.

Je ferme l’écran. Pas de drame. Juste un retrait. Un silence que je choisis. C’est un deuil discret, peut-être, mais nécessaire : comme si je fermais une porte dont je ne sais pas si elle se rouvrira.

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