Peindre et se taire.
J’ai beaucoup écrit sur la peinture. Sans doute beaucoup trop. En fait, je cherchais à me rassurer de quelque chose, tout en espérant que le partage m’aiderait à me libérer de cette angoisse primordiale.
Souvent, j’ai regretté d’en avoir trop dit, comme si j’enfreignais une règle tacite – une, sans doute, des plus importantes de l’art –, celle imposée par la qualité de silence dont se revêt l’œuvre une fois au jour.
Cette recherche de limite, finalement enfantine, pour faire réagir le mystère. Pour que le mystère m’épingle, me crucifie sur une croix quelconque. Me ramène au quelconque en guise de punition.
Car toute punition provenant du mystère non seulement le prouve, mais aussi le renforce, à la façon d’un clou pénétrant l’épaisseur d’une tête de bois.
Le résultat est que, durant presque une année, je n’ai cessé d’osciller entre peindre et écrire.
Peut-être pour en arriver au final à peindre et se taire. Ou écrire et ne plus peindre.
Il faudra désormais que j’escalade encore la pente d’un versant comme de l’autre pour améliorer la qualité du silence.